[CONFINEMENT] Les points de ventes culturels indépendants s’organisent

 

 

 

 

 

 

Les nouvelles mesures gouvernementales de confinement sont un nouveau coup dur pour la culture indépendante. La polémique autour des activités de librairie qui a abouti à la fermeture des rayons culturels des grande surfaces pousse le secteur indépendant à mettre en place des fonctionnement alternatifs afin de survivre à cette nouvelle période de confinement.

Les libraires indépendants sur le pied de guerre

L’année 2020 aura été un véritable fléau pour les acteurs de la culture indépendantes, notamment pour les points de vente qui voient leur activité normale cesser pour la deuxième fois. La filière des libraires, sous le feu des projecteurs depuis les annonces gouvernementales, tend à s’organiser pour offrir à sa clientèle des circuits d’achats alternatifs avec le modèle du click-and-collect qui se démocratise.

Le click-and-collect consiste à donner la possibilité aux clients de réserver des livres en ligne avant d’aller les récupérer directement sur les points de vente. Cette organisation a plusieurs avantages pour les libraires, notamment la capacité de gérer les stocks en temps réel.

Les disquaires indépendants résistent en ligne

Le disque indépendant est également frappé de plein fouet par la nouvelle période de confinement. Les acteurs du secteur utilisent leur versant numérique afin de continuer leur activité malgré des circonstances aggravantes de leur situation déjà délicate après une année 2020 mouvementée. Que ce soit en click-and-collect ou en vente par correspondance, le secteur des disquaires indépendants fait preuve de résilience. Le Club Action des Labels et des Disquaires Indépendants Français (CALIF) recense les boutiques qui proposent ces services en ligne.

Privilégions les circuits alternatifs

Le contexte mortifère pour l’ensemble des commerces de proximité ouvre un boulevard aux grands groupes de distribution et aux géants américains du numériques. Dans cette perspective, le RIM s’engage aux côtés des commerces culturels indépendants dans leur combat pour survivre à la seconde période de confinement national décidée le 28 octobre par Emmanuel Macron. Lorsque cela est possible, les circuits de proximité sont à privilégier pour accéder aux biens culturels, que cela soit par le système de click-and-connect ou en entrant directement en relation avec les commerces par mail ou par téléphone.

Les librairies indépendantes de Nouvelle-Aquitaine mettent à disposition leurs ressources afin de faciliter l’accès aux livres sur le territoire.

[PERSPECTIVE] Massive Attack sort un film sur l’impact écologique de l’industrie musicale

 

 

 

 

 

 

Dans un contexte à la fois délétère pour les acteurs de l’industrie musicale et propice à la prospective sur le futur de son organisation, le groupe britannique Massive Attack a publié un documentaire de 8 minutes pour faire part de ses réflexions sur l’impact écologique de l’activité de l’industrie musicale.

Une décarbonisation trop apathique

Massive Attack s’était rapproché en fin d’année 2019 Tyndall Centre for Climate Change Research de Manchester pour identifier les pratiques à adopter dans l’optique de réduire l’impact de l’industrie musicale sur l’environnement. Le projet aurait dû aboutir à un « concert modèle » à Liverpool en octobre 2020, projet avorté du fait de la crise sanitaire. Le film réalisé par Anthony Tombling Jr. constitue une alternative à la restitution en live et en attendant que les concerts puissent de nouveau être organisés.

Les conclusions formulées par le documentaire se rapprochent d’autres réflexions émises dans le cadre des Journées du Management Culturel de 2019 ou encore de la tribune de Simo Cell parue le 22 juin 2020 dans Libération. L’industrie musicale commence à se mettre sur la voie de la prise de conscience de son impact écologique et un consensus semble émerger quant aux problématiques prioritaires  :

  • les transports : dans une filière nécessairement portée vers la musique en live pour dégager du revenu, la responsabilisation doit venir dans le choix des modes de transport et dans l’organisation des dates de tournée.
  • la restauration : problématique qui transcende largement le seul cas de la filière musicale mais qui constitue néanmoins une partie substantielle du problème notamment dans le cadre des festivals.
  • le matériel : la consommation énergétique et la question de la réemployabilité des décors doivent intégrer le coeur de la réflexion sur la diminution de l’impact écologique des activités de la filière musicale.

Après avoir sorti un EP sur la thématique des défaillances de l’industrie musicale en matière écologique, Massive Attack continue de se positionner en fer de lance pour la responsabilisation du secteur.

Des axes d’évolutions prioritaires

Le Festival Eclats d’Emails Jazz Edition maintenu avec la manière

 

 

 

 

 

 

Le Festival Eclats d’Emails Jazz Edition s’adapte aux vagues de restrictions successives pour maintenir son édition 2020, initialement prévue du 19 au 29 novembre à Limoges, avec une programmation internationale de haut niveau. Les nouvelles annonces de confinement national coupent l’herbe sous le pied de l’équipe organisatrice, qui cependant met tout en oeuvre pour maintenir cette édition 2020.

Une résistance dans la résistance

Avec un leitmotiv affirmé de défense de la culture jazz envers et contre toutes les turbulences qu’elle a traversées, l’édition 2020 d’Eclats d’Email doit également entrer en résistance face aux complications liées à la crise sanitaire.

Depuis 14 ans, Jean-Michel Leygonie et son équipe proposent à Limoges, en Haute-Vienne, un festival qui permet d’accueillir le meilleur de la scène jazz. Cette édition 2020 sera singulière au milieu des nombreux festivals annulés jusqu’en décembre.

De réorganisations en report

À la suite des annonces gouvernementales du 28 octobre, l’équipe d’Éclats d’Email s’est vu dans l’obligation d’annoncer un nouveau report du festival à la mi-décembre, si les réglementations sanitaires autorisent de nouveau les rassemblements à caractère culturel. Ce report intervient après de nombreux ajustements déjà opérés par le festival afin d’accueillir le public dans le respect des normes sanitaires en vigueur aux dates initialement prévues.

Anticipant des restrictions qui vraisemblablement devraient se poursuivre après une fin annoncée du confinement le 1er décembre, Eclats d’Emails se tiendra avec une programmation réduite. Notamment, tous les concerts prévus à l’Ambassade, le Jazz Club du festival, sont annulés.

Retrouvez ici la programmation complète du festival.

Technopol implante sa première antenne régionale en Nouvelle-Aquitaine

L’association Technopol, engagée depuis 1996 dans la reconnaissance et la valorisation des musiques électroniques, a annoncé la création de sa première antenne régionale en Nouvelle-Aquitaine. Le président de l’association Tommy Vaudecrane et les référents de l’implantation de l’antenne Kevin Ringeval et Ziggy Hugot ont donné une conférence de presse à Bordeaux le 20 octobre 2020. Nous y étions présents, compte-rendu.

Pour donner un bref contexte sur l’état des musiques électroniques en France, il est à noter que l’esthétique est entrée dans le corpus des musiques actuelles depuis 1998 sous l’impulsion de la Commission Nationale des Musiques Actuelles. Les musiques électroniques sont écoutées par 30% des jeunes de 18 à 25 ans et représentent 40% du résultat de la musique française à l’export.

Technopol se voit comme un réseau qui représente les différents types d’expression et les différents métiers qui composent les musiques électroniques en tant qu’esthétique culturelle.

« L’avenir est dans les territoires »

C’est la maxime qui préside à la volonté du réseau Technopol de s’implanter sur le territoire, après avoir mené le chantier de la légitimation de l’esthétique auprès des partenaires publics. Dans un contexte de crise sans précédent pour le secteur culturel, les acteurs des musiques électroniques orientent leur réflexion sur l’avenir de la pratique de ce champ culturel. Notamment, la responsabilisation de la scène sur les enjeux écologiques en développant des circuits-courts artistiques pourrait créer un cercle vertueux entre le développement de nouveaux artistes et de nouvelles structures.

Une implantation autour de quatre axes prioritaires

Le projet d’implantation de l’antenne de Technopol s’articule autour de quatre chantiers prioritaires identifiés par l’association en Nouvelle-Aquitaine:
créer de l’interconnaissance entre les acteurs régionaux afin de permettre la mutualisation d’idées, de compétences, de matériel,
– récolter et recenser les problématiques spécifiques aux musiques électroniques sur les territoires,
organiser le repérage de talents dans l’optique de la mise en place de circuits-courts artistiques,
défendre les intérêts de la nuit auprès des collectivités territoriales et des préfectures.

L’initiative de Technopol s’inscrit dans une démarche de co-construction avec les acteurs régionaux des actions qui doivent permettre au milieu des musiques électroniques néo-aquitain de monter en professionnalisation et de pérenniser son existence.

Crédit photo : Julie Bruhier

[SUCCÈS] Paul Lay lauréat des Victoires du Jazz 2020

Les Victoires du Jazz récompensent annuellement depuis 2002 des artistes du monde du jazz qui ont marqué l’année par leurs sorties ou leurs performances.

Avec la sortie de son album « Deep Rivers » en janvier 2020 chez Laborie Jazz, le pianiste orthézien Paul Lay s’est ouvert la voie de la reconnaissance par ses pairs. Il a été désigné lauréat d’une Victoire du Jazz début octobre dans la catégorie « artiste instrumental ».

Paul Lay n’en est pas à son coup d’essai en ce qui concerne les récompenses. Sur la dernière décennie, il s’est vu décerner des distinctions au Prix de Soliste du Concours de la Défense, au Concours de Piano-Jazz de Moscou, au Concours Martial Solal, au Concours de Montreux, au Prix de l’Académie Charles Cros avec son deuxième album « Mikado», et au Prix Django Reinhardt de l’Académie du jazz.

La récompense obtenue aux Victoires du Jazz vient ainsi consacrer une collaboration fructueuse entre l’artiste et son label Laborie Jazz, maison de disque basée à Limoges et adhérente du RIM. Paul Lay a sorti cinq albums chez Laborie :
– « Unveiling » en 2010,
– « Mikado » en 2014 ,
– « The Party » en 2017,
– « Alcazar Memories » la même année,
– « Deep Rivers », paru en janvier 2020.

Laborie Jazz rencontre le succès sur la scène nationale des Victoires du Jazz pour la deuxième fois consécutive. En 2019, la batteuse et compositrice Anne Paceo, également produite par Laborie, avait remporté le titre d’«Artiste de l’année».