Négociation collective d’électricité : c’est reparti !

Septembre 2026 : Le RIM concrétise une nouvelle négociation collective
de contrats d’électricité verte à l’échelle nationale !

C’est reparti !

Le RIM relance une négociation collective de contrats d’électricité verte. En tant qu’adhérent, vous pouvez si vous le souhaitez bénéficier d’un contrat avec un fournisseur proposant une offre labellisée VertVolt (pour les particuliers) à moindre coût dès le début de l’année 2027.

 Comment ça se passe ? 

Nous portons une négociation collective de contrats d’électricité. Expérimentée en 2025 auprès de ses adhérents, puis en 2026 auprès d’adhérents de 16 réseaux culturels (liste des réseaux engagés en 2025-26), le réseau souhaite aujourd’hui relancer ce projet pour 2026-2027.

Le RIM coordonne et prend en charge l’ingénierie du projet. La démarche est soutenue par un partenaire courtier en énergie (GLD Conseil) qui nous accompagne grâce à son expertise du marché de l’énergie et des fournisseurs « verts ».

 Pourquoi on y va ? 

Parce que nous pensons que ce projet apporte des plus values intéressantes :

– maîtriser, voire faire baisser le coût de sa facture d’électricité sur plusieurs années,

– choisir un fournisseur d’électricité qui propose une offre (particuliers) labellisée VertVolt très engagée et contribuer ainsi à la transition énergétique de sa structure, de sa filière et du champ culturel dans son ensemble,

– répondre à certains critères d’éco-socio conditionnalité des partenaires publics (DRAC et Région notamment),

– contribuer à un projet de coopération nationale et interfilières culturelles

 Quelle est la première étape ? 

S’engager dans la démarche en complétant un formulaire et en transmettant sa dernière facture d’électricité.

Pour information : les prix de l’électricité vont augmenter en 2027. Si votre contrat se termine à ce moment-là, pensez à consulter les fournisseurs en amont, seul ou avec notre négo collective.

S’engager dans la démarche en complétant un formulaire
et en transmettant sa dernière facture d’électricité.
LA DERNIÈRE NÉGOCIATION COLLECTIVE D’ÉLECTRICITÉ (JUIN 2026)
DES QUESTIONS ?

Ou autrement dit, tous les autres dispositifs, services, projets, types d’accompagnement comme celui-ci à destination des adhérent•es.

LES ESCALES DU RIM #1

POUR LES ADHÉRENT•ES DU RIM

Rendez-vous le mercredi 7 octobre à La Nef, à Angoulême, pour la toute première Escale !

Le RIM se réinvente et les manières de se retrouver aussi…
Dans le prolongement de la réorganisation interne du projet du RIM et de l’évolution des missions territoriales, nous avions envie de vous proposer un nouveau format pour échanger, partager des connaissances et (re)découvrir des lieux : Les Escales du RIM.

Le principe ? Faire escale, à différents endroits de la région, en parallèle de temps forts de vos structures. Une rencontre, des thématiques, des discussions, des visites… et surtout un format dédié pour se croiser autrement.
On vous embarque ?

Gouvernance du RIM 2026-2030

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Rejoignez la

GOUVERNANCE

*réservéE aux adhérent.e.s du RIM

Touchant bientôt à la fin de leur mandat, les membres de la gouvernance actuelle ont fait un travail formidable pour vous représenter, apporter leurs avis éclairés sur les évolutions de la filière et arbitrer sur les projets du RIM. En novembre 2026, nous élirons de nouveaux et nouvelles représentant•es.
Et si c’était vous ?

POURQUOI FAIRE ? 

Être à la gouvernance du RIM, c’est contribuer à l’intérêt général de la filière mais aussi enrichir sa pratique professionnelle, rencontrer ses pairs et vivre une aventure collective et solidaire. C’est aussi la volonté de rejoindre nos valeurs communes : la démocratie, le développement des droits culturels, la solidarité, la lutte contre les discriminations, le développement durable ou encore l’éducation populaire.

S’appuyant sur ces valeurs, les membres de la gouvernance ont pour rôle de :
– porter la voix des adhérents sur les activités et territoires concernés
– arbitrer sur les projets du RIM
– réfléchir aux perspectives de l’écosystème et débattre sur ses enjeux.

J’ai pas les compétences…

Promis, pas besoin d’expérience ni de compétences particulières pour rejoindre la gouvernance du RIM.  
Si tu as envie de participer à une aventure collective et solidaire,
Si tu as envie de défendre l’indépendance dans les musiques actuelles en Nouvelle-Aquitaine,
Si tu as envie de rencontrer tes pair•es et développer ton réseau, 

TU ES AU BON ENDROIT.

QUELQUES ÉLÉMENTS DE CONTEXTE

UN TOUT NOUVEAU PROJET

En 2026, le RIM a fait évoluer son projet : les statuts ont été modifiés, un règlement intérieur a pointé le bout de son nez, les missions de l’équipe ont bougé mais aussi la composition du Conseil d’Administration… Avec ce mandat 2026-2029, on inaugure un nouveau projet, tout beau tout neuf et on célèbrera en 2027 les 10 ans du RIM !

UNE GOUVERNANCE PARITAIRE ET DIVERSIFIÉE

Pour rappel, nous avons fait le choix dans nos statuts d’une gouvernance paritaire, qui doit garantir une égalité femme-homme au sein de ses différentes instances. Les règles d’élections garantissent donc une représentation d’au minimum 40 % du genre minoritaire au conseil d’administration.

3 POSSIBILITÉS

ÊTRE MEMBRE DU CONSEIL D’ADMINISTRATION

Le conseil d’administration est l’instance représentative de l’assemblée générale, À ce titre, il pilote et assure la cohérence d’ensemble du projet de l’association ainsi que l’articulation entre les différentes instances de sa gouvernance.

CONCRÈTEMENT ?

Le conseil d’administration prend toutes les décisions qui ne relèvent pas de la compétence exclusive de l’assemblée générale ou du bureau.

Porter la voix des adhérent•es

Arbitrer les orientations du RIM

Débattre, donner son avis sur les questions d’ordre stratégique, décisionnel, puis voter soit lors des réunions de CA

Valider les motions soumises au vote en AG

Projets, rapports d’activité, comptes de l’association…

Travailler en collaboration avec l'équipe salariée

Entériner les demandes d'adhésion

Élire le bureau

LA COMPOSITION DU CA EN 2026-2030

ENTRE 21 ET 25 SIÈGES À POURVOIR
SPECTACLE VIVANT
(3 SIÈGES)
ÉQUIPE
DU RIM
(1 SIÈGE)
DÉPARTEMENTS
87 & 23
(2 SIÈGES)
MUSIQUE ENREGISTRÉE
(2 SIÈGES)
DÉPARTEMENTS
40 & 64
(2 SIÈGES)
DÉPARTEMENTS
16 & 17
(2 SIÈGES)
MÉDIA
(2 SIÈGES)
DÉPARTEMENTS
47 & 33
(2 SIÈGES)
DÉPARTEMENTS
79 & 86
(2 SIÈGES)
PARTENAIRE ASSOCIÉ
(1 SIÈGE)
DÉPARTEMENTS
24 & 19
(2 SIÈGES)
STRUCTURES PARRAINÉES
PAR LE CA
(4 SIÈGES MAX.)

CRITÈRES

Représenter une personne morale adhérente au RIM

Pour être élu.e à la gouvernance du RIM, vous devez représenter une personne morale, une structure, adhérente du RIM. C’est la structure qui est élue et vous donne mandat pour la représenter.

Adhérer au RIM depuis au moins 1 an

Seules les personnes morales adhérentes au RIM depuis au moins un an peuvent se présenter à l’élection.

Mandat de 3 ans

La personne morale est élue pour 3 ans renouvelables. Elle peut, au cours de son mandat, nommer un•e autre représentant•e ou démissionner. 

Possibilité de candidater en binôme

Vous pouvez postuler en binôme (titulaire / suppléant•e) pour représenter votre structure.

VOTRE ENGAGEMENT

Participer aux réunions

Elles ont lieu environ une fois par mois le lundi de 10h à 12h en visio et 2 sont en  présentiel, généralement à Bordeaux de 10h à 16h.

Suivre les échanges

Le CA utilise Loomio comme outil de travail collaboratif : vous pourrez y retrouver des documents, les compte-rendus de CA, les sondages, des commentaires…

Souhaiter la bienvenue aux adhérent•es

Dès qu’une nouvelle adhésion a lieu au sein du RIM, nous confions à un des membres du CA la mission de souhaiter à cette structure la bienvenue par téléphone !

Arbitrer

Nous sollicitons votre arbitrage lors des réunions mais aussi par mail ou par téléphone pour les cas urgents.

Témoignages 

Participer à la gouvernance de RIM, c’est être au cœur des arbitrages et du pilotage de l’avenir du RIM. Une façon de contribuer au devenir de ce précieux réseau dont on va avoir encore plus besoin dans ce monde en multi-crise. C’est aussi un très bon moyen de mieux comprendre les enjeux et les histoires des autres structures, c’est riche et précieux.

MATHILDE COUPEAU

Directrice de Nage Libre

Ce mandat au sein du CA du RIM m’a permis de m’approprier plus en profondeur son projet. Il a été très instructif pour mieux appréhender le pilotage des différentes actions du RIM et des enjeux de la filière. J’ai pu profiter de l’expertise, de la bienveillance et d’investissement des autres membres du CA ainsi que des salarié•es présents, tout en pouvant exprimer mes positions sereinement.

VICTOR CRESPI

Directeur de Cristal Prod

ÊTRE MEMBRE DU BUREAU DU RIM

Le bureau est l’instance responsable de la traduction des orientations du CA en matière de gestion économique et financière et de gestion des ressources humaines. Il est par ailleurs l’instance privilégiée de représentation de l’association.

Le bureau porte ainsi collégialement la responsabilité de l’association pour :

  • recruter, établir les missions et contrôler l’activité du personnel de l’association, dont la nomination des salarié⋅e⋅s référent⋅e⋅s de cercles et thématiques,
  • suivre la gestion patrimoniale, économique et financière et arrêter les comptes de l’association,
  • représenter l’association dans tous les actes de la vie civile,
  • examiner et arbitrer les appels,
  • présider les réunions des assemblées générales.

A ce titre, le bureau est habilité à prendre toute décision urgente dont l’examen ne pourrait être fait en temps voulu par le conseil d’administration.

Composition du bureau

Le bureau est composé de six co-président⋅es, élu⋅es par et au sein du conseil d’administration.

Le bureau est paritaire : composé de 3 femmes et de 3 hommes.

Exemples de sujets traités en bureau
  • Gestion des ressources humaines du RIM (entretiens annuels, recrutements…).
  • Suivi de la situation budgétaire du RIM.
  • Relations aux partenaires publics (CPO, réunions diverses, prises de parole publiques du RIM, Contrat de filière…).
  • Prises de positions politiques et réflexions sur les grands axes stratégiques du RIM.
Engagements des élu•es au bureau

Le bureau se réunit au moins une fois par trimestre ou à la demande de la moitié au moins des ses membres.

Nombre de réunions en 2023 : 5 réunions d’1/2 journée en visio ou en présentiel.

Élection du bureau

Les candidatures et les élections du bureau se feront lors de la première réunion de conseil d’administration, le mercredi 25 novembre de 14h à 15h, à Bordeaux à la Halle des Douves.

Coût

Les membres du bureau exercent leur mandat bénévolement.

Au regard de la situation budgétaire actuelle du RIM, le RIM ne peut pas rembourser les frais (transports et repas) de participation à la gouvernance. Cependant, un remboursement pourra être envisagé en cas de situation exceptionnelle motivée par l’adhérent.

Il n‘y a rien de mieux pour monter en compétences et rencontrer des gens intéressants !
SARA PEHAU

Coordinatrice BEAUB FM, actuelle co-présidente

PARTICIPER À LA GOUVERNANCE OPÉRATIONNELLE

QU’EST-CE QUE C’EST ?

La gouvernance opérationnelle est une instance très spécifique au RIM.
Elle est composée de membres du CA et d’adhérent•es volontaires, impliqué•es dans à la mise en œuvre concrète du projet associatif, auprès des salarié•es du RIM.

L’objectif est de rendre nos actions plus représentatives du terrain, plus réactives mais aussi de partager le pouvoir d’agir entre les adhérents et salarié•es.

CONCRÈTEMENT ?

Un membre de la gouvernance opérationnelle est référent•e d’une thématique portée par le RIM.

Vos missions en tant que référent•es seront :

• de contribuer aux orientations stratégiques de la thématique,
• de participer aux réunions de travail avec les salarié•es référent•es,
• de contribuer ponctuellement aux réunions du CA pour porter la voix du sujet qui vous concerne.

Les thématiques sur lesquelles vous pouvez nous accompagner

Fédérer les acteur•trices et les territoires
Mise en réseau des dynamiques territoriales

L’action territoriale consiste, à l’endroit des structures de musiques actuelles, à déployer des activités comme l’information, le conseil, l’orientation et la ressource. Elle
contribue au quotidien à fluidifier les échanges et rencontres, à assurer une veille des opportunités pour les acteur·trices locaux·cales et à soutenir leurs activités à travers la mise à disposition des ressources du réseau.

Référent•es salarié•es : Elisa Ingargiola, Benjamin Suhard & Nicolas Antoine

Gouvernance collective

Pour favoriser les passerelles et les liens de solidarité, le RIM porte une attention toute particulière à sa propre gouvernance (Conseil d’Administration, Bureau, Assemblée Générale) et s’implique également au sein de gouvernances ou réseaux externes (AGEC, ALCA…)

Référent•es salarié•es : Meggy Cosson & Florent Teulé

Ressources et rencontres professionnelles

Le RIM a une mission de ressource généraliste au service des acteur•trices des musiques actuelles. Aussi, le réseau organise chaque année des rencontres pros de différents formats et propose des ressources sur la filière.

Référent•es salarié•es : Marine Costecalde, Meggy Cosson & Florent Teulé

Promouvoir les pratiques, les oeuvres et les projets artistiques
Le Rayon

Le Rayon est un projet incontournable du RIM.

Partant du constat que les gros industriels absorbent de plus en plus l’activité du secteur, nous avons décidé qu’il était temps d’agir pour lutter contre ce phénomène en valorisant celles et ceux qui oeuvrent de façon indépendante pour amener la musique à vos oreilles.

Depuis 2012, nous développons un réseau de distribution de disques, alternatif aux réseaux habituels. Concrètement, nous récupérons les disques des labels indés de Nouvelle-Aquitaine et nous les distribuons dans un réseau de points de vente et de prêt, répartis sur l’ensemble de la région.

L’objectif est de défendre la musique indépendante et la production locale, et de rendre ces œuvres accessibles sur tout le territoire !

Référent salarié : Emmanuel Castel

Appui au développement de la Scène régionale

De l’endroit où il se trouve, le RIM joue un rôle actif dans la création d’un environnement territorial favorable à l’émergence et la viabilité des projets artistiques, en même temps qu’à la visibilité de la scène régionale auprès du grand public, sur l’ensemble du territoire.

En contribuant au GIP Cafés-Cultures, il favorise l’éclosion de scènes de découverte et de proximité. En organisant et en adaptant chaque année le forum itinérant FORMA sur des territoires variés, il contribue à la montée en compétences des porteur·ses de projets, en même temps qu’il visibilise les ressources et favorise les coopérations.

Référent•es salarié•es : Benjamin Suhard & Nicolas Antoine

Valorisation de la filière musicale

De manière plus générale, le RIM s’attache à mettre en valeur par ses outils de communication la diversité et le dynamisme des musiques actuelles en Nouvelle-Aquitaine : valoriser les coopérations des acteur·trices, les informer sur les actualités de la filière et mobiliser toutes les parties prenantes autour d’un récit commun.

Référent•es salarié•es : Clément Buée & Meggy Cosson

Accompagner les transitions et les changements de modèles
Transitions écologiques

Le RIM a pour ambition d’être un soutien aux démarches de transitions écologiques des acteur·trices culturel·les. Nous expérimentons et proposons un ensemble de dispositifs susceptibles d’aider la filière à répondre aux objectifs fixés par les différents cadres institutionnels. Nous œuvrons en lien étroit avec des expert·es sur les sujets techniques et travaillons dans une stratégie de coopération avec les autres réseaux culturels néo-aquitains.
+ d’infos

Référent•es salarié•es : Marine Costecalde et Florent Teulé

Droits, équité et inclusion

Le RIM souhaite contribuer à ce que chaque personne et chaque territoire bénéficie des mêmes conditions d’accès, d’expression et de participation aux musiques actuelles, dans le respect des droits culturels. La méthode repose sur un double mouvement :

■ Sensibiliser et outiller les acteur·trices néo-aquitain·es pour qu’iels intègrent ces engagements dans leur gouvernance, leurs pratiques et leurs programmations ;
■ Porter collectivement ces enjeux auprès de nos partenaires, afin de contribuer à une évolution systémique du secteur.

Référent•es salarié•es : Elisa Ingargiola & Nicolas Antoine

Développement économique et financier

Le modèle économique et la santé financière des acteur·trices de la filière musiques actuelles sont fortement ébranlés. Dans ce contexte, le RIM soutient les structures musiques actuelles néo-aquitaines dans le développement d’une stratégie d’organisation résiliente face à ces profondes transformations, en assurant :
■ une veille des dispositifs de financement et d’accompagnement,
■ un primo-accompagnement sur les problématiques relatives à la vie de l’entreprise,
■ le pilotage de démarches de mutualisation et de solidarité entre les membres du réseau (fonds de trésorerie solidaire, complémentaire santé, prêt de terminaux bancaires…)
■ et en facilitant le partage de compétences et de bonnes pratiques entre pair·es.

Référentes salariées : Sarah Bambou & Isabelle Bousquet

Parcours, engagement et citoyenneté

La coordination régionale du Service Civique portée par le RIM depuis 2013 propose un cadre d’accueil et d’accompagnement responsable, favorisant l’autonomie, la prise d’initiative et le développement des droits culturels.
Au-delà du cadre légal, la plus-value du projet repose sur un accompagnement renforcé des volontaires et des tuteur·trices : rencontres professionnelles, formations thématiques, immersions dans le réseau, espaces de médiation et de coopération.

+ d’infos 

Référent•es salarié•es : Elisa Ingargiola & Alice Drouet

Expérimenter et co-construire
Coordination de projets expérimentaux

Le RIM est un projet de transformation collaborative de la filière musicale. En conjuguant expérimentation et co-construction, nous affirmons notre rôle de laboratoire collectif d’intérêt général.
Pour accompagner les changements de modèles, il faut en effet pouvoir les imaginer, les éprouver et les déployer. Cela suppose pour nous d’être à l’écoute et parfois d’anticiper les besoins et les opportunités du secteur, mais aussi de disposer de moyens d’ingénierie et d’intelligence collective pour soutenir les initiatives des adhérent·es, voire incuber des projets au sein du RIM.

Référent•es salarié•es : Florent Teulé, Marine Costecalde & Isabelle Bousquet

Représentation du secteur

Les bouleversements récents ont montré combien un dialogue étroit avec nos partenaires publics et nos homologues est indispensable. Au niveau des politiques publiques comme des solidarités interprofessionnelles, le rôle du RIM est d’identifier, de partager, de négocier et d’accompagner les convergences.

Référent salarié : Florent Teulé

Contrat de Filière Musique

Depuis 2015, le Contrat de Filière Musique favorise une autre gouvernance des politiques publiques. En s’appuyant sur la concertation, c’est-à-dire sur un dialogue régulier entre les partenaires publics et l’ensemble de la filière, il se positionne comme un laboratoire permettant d’élaborer, d’expérimenter et de faire évoluer des dispositifs de soutien aux acteur·trices.

Référent salarié : Florent Teulé

Précision : pas de vote concernant la gouvernance opérationnelle, il vous suffit d’exprimer votre intérêt sur le formulaire. Le CA et les salarié•es du RIM concerné•es reviendront vers vous pour en discuter au cours du premier semestre 2027.

CALENDRIER

 1 – Candidatures

🗓️ 8 octobre

Que vous candidatiez pour la gouvernance opérationnelle ou pour le CA, remplissez le formulaire suivant :

 2 – Élections

🗓️ 20 octobre

Les élections pour les sièges du Conseil d’Administration et de la gouvernance opérationnelle auront lieu en ligne à partir du 20 octobre.
Un lien Balotilo vous sera envoyé par mail.

 

3 – Assemblée Générale

🗓️ 25 novembre

Les résultats des élections seront annoncés lors de l’assemblée générale du mercredi 25 novembre à Bordeaux.
La première réunion du Conseil d’Administration se déroulera également ce jour-là, de 14h à 15h.

Fin des candidatures

Jour(s)

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Heure(s)

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Minute(s)

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Seconde(s)

Juin 2026 : Négociation collective d’électricité

Juin 2026 : Le RIM a concrétisé une négociation collective
de contrats d’électricité verte à l’échelle nationale !

COMMENT ÇA S’EST PASSÉ ?

Il s’agit d’une aventure collective qui a commencé en 2023. Nous avons été largement inspiré par CINA (réseau des cinémas indépendants de Nouvelle Aquitaine) qui a eu l’idée de négocier les contrats d’énergie de ses adhérents.
À notre tour, nous avons expérimenté la démarche de négociation collective pour nos adhérents, mais en choisissant uniquement des fournisseurs d’électricité verte. 9 adhérents du RIM nous ont suivi et ont donc signé en 2025 un premier contrat avec Octopus Energy.

Mais nous avons souhaité aller encore plus loin. En juillet 2025 – soutenus par un courtier de confiance (GLD Conseil) qui nous accompagne grâce à son expertise du marché de l’énergie et des fournisseurs « verts » – nous nous sommes rapprochés de différents réseaux pôles et fédérations culturels régionaux. 24 ont signés une convention d’engagement pour contribuer à la démarche et faire bénéficier leurs membres et adhérents de la négociation collective.

Nous avons finalement réussi à regrouper plus de 70 structures (membres de 17 réseaux/pôle/fédérations culturels différents), représentant plus de 100 compteurs pour une consommation annuelle de près de 2,5 millions de kWh (l’équivalent de 500 familles).

Après consultation de 4 fournisseurs préalablement sélectionnés, nous avons finalement choisi en juin 2026 l’offre proposée par Octopus Energy. Les conditions tarifaires obtenues correspondent aux meilleurs niveaux de prix habituellement réservés aux très gros consommateurs en tarif régulés de vente d’EDF, tout en bénéficiant d’une offre d’électricité verte avec garanties d’origine françaises.

Ce résultat a été rendu possible grâce à la force du regroupement et de la négociation collective, mais également grâce à un contexte de marché particulièrement favorable, les prix de gros actuels se situant à des niveaux historiquement bas.
Au-delà des économies réalisées, cette consultation marque une étape importante dans la construction d’une dynamique collective entre acteurs culturels. Elle démontre notre capacité à nous organiser, à mutualiser nos besoins et à défendre ensemble nos intérêts.

Nous sommes convaincus que cette réussite n’est qu’une première étape. L’énergie est un sujet stratégique pour nos structures, mais surtout, cette expérience nous montre qu’il existe une véritable force collective capable de porter d’autres projets d’intérêt commun.

POURQUOI ON L’A FAIT ?

Parce que nous pensons que ce projet apporte des plus values intéressantes pour toutes les parties prenantes  :

√ maîtriser, voire faire baisser le coût de sa facture d’électricité,
√ choisir un fournisseur d’électricité verte labellisé VertVolt très engagé (offre particulier) et contribuer ainsi à la transition énergétique de sa structure, de sa filière, et du champs culturel dans son ensemble,
√ répondre à certains critères d’éco-socio conditionnalités des partenaires publics (DRAC et Région notamment),
√ contribuer à un projet de coopération national et interfilières culturelles

ENVIE DE PARTICIPER ?

Nous comptons relancer une négociation fin 2026 / début 2027.
Rapprochez vous de votre réseau professionnelle pour avoir les infos.
Vous pouvez aussi contacter Marine Costecalde pour des précisions. (prenom.nom@le-rim.org)

S’engager dans la démarche en complétant un formulaire
et en transmettant sa dernière facture d’électricité.
DES QUESTIONS ?

Ou autrement dit, tous les autres dispositifs, services, projets, types d’accompagnement comme celui-ci à destination des adhérent•es.

ROUTE DU RIM 2026

LA ROUTE DU RIM 2026 : 2 jours d’échanges
pour les pros des musiques actuelles en Nouvelle-Aquitaine

ⓘ LES INSCRIPTIONS SONT CLOSES

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La Route du RIM rassemble les acteurs et actrices de la filière musicale pour leur permettre de se rencontrer, d’échanger sur leurs pratiques et de contribuer à la réflexion collective sur les enjeux du secteur.

Pour cette édition, faisons le point !

Tentons de maintenir les liens entre les structures des musiques actuelles sur notre territoire. Et surtout, prenons soin du bien-être des personnes contribuant à la filière : la santé mentale sera le fil rouge de la Route du RIM 2026.

ⓘ Gratuit, ouvert à tous•tes, sur inscription

LUNDI 18 MAI – RESTO DE LA VEILLE

ⓘ Ouvert à tous•tes

19H30 

Dîner

📍Restaurant le Plumaçon
20, rue du Plumaçon
(2 min à pieds de la gare)

Plat, dessert et boisson
Tarif : 24€

MARDI 19 MAI – LA ROUTE DU RIM

☕ 9H30 

📍CaféMusic, espace accueil

Tout doux ! Les équipes du RIM et du CaféMusic vous souhaiteront d’abord la bienvenue avec un petit café chaud à la main. Nous profiterons de ce temps privilégié pour vous (re)présenter le Réseau et le fil conducteur de cette Route du RIM.

10H

Discours de bienvenue
et Conférence flash

Santé mentale et musiques actuelles

Depuis quelques années, les enjeux autour de la santé mentale se font de plus en plus présents parmi toutes les personnes contribuant à la filière musicale dans notre région (bénévoles, salariés permanents, équipes artistiques, volontaires en service civique…). Cette parole qui se libère témoigne d’une attention grandissante des personnes à leur propre bien-être, mais également au fait de préserver et nouer leurs liens professionnels dans des cadres à la fois sécurisants et épanouissants.
Faisant suite à une interpellation forte des adhérents du RIM lors de l’AG de fin 2025, cette conférence flash introduira un fil rouge explorant différentes facettes du sujet lors des ateliers et tables rondes à suivre. Elle visera à explorer les liens entre santé mentale et musiques actuelles, ainsi qu’à ouvrir des questionnements pour alimenter les échanges et débats de la journée.

Intervenante : ​Noémie Barillet – Psychologue clinicienne / De La Neige En Été

11H – 12H30 

Séquences au choix

Adaptation, adaptabilité, changement de modèle… de quoi parle-t-on?

Format : Table ronde

On le sait, les festivals, les lieux, les événements sont soumis aux aléas climatiques (canicules, inondations, tempêtes, …). Ces changements se produisent rapidement et nous sommes obligés de réagir souvent en urgence face à des phénomènes climatiques intenses qui se multiplient. Comment prendre en compte les risques ? Comment connaître ses vulnérabilités ? Quelles stratégies adopter à court et moyen terme ? Quel rôle des structures culturelles dans l’adaptabilité des territoires aux changements climatiques ?

À travers le point de vue des différents acteurs, regardons ce qui est en jeu, quelles sont les perspectives et quelles sont les premières pistes de solutions que nous pouvons envisager individuellement et collectivement.

 

Animation
• Marine Costecalde, chargée de mission pour le RIM

Intervenant•es

• Fanny Joandet, chargée de mission, ARACT Nouvelle-Aquitaine
• Mathieu Joerger, chargé de mission Gironde et Lot-et-Garonne, Direction de l’Économie Solidaire et Innovation Sociale, Région Nouvelle-Aquitaine

Dialoguer avec sa nouvelle municipalité

Format : Atelier

Les élections de mars 2026 ont renouvelé les équipes municipales. Simples ajustements ou véritables basculements politiques, les situations que vous rencontrez sont diverses, et toutes singulières. Dans ce cadre, comment présenter vos projets culturels aux nouveaux élus et construire des partenariats solides ?

Cet atelier vous donnera les clés pour identifier les interlocuteurs pertinents, renouveler ou ouvrir un dialogue, lutter si nécessaire, comprendre les enjeux budgétaires locaux et créer des synergies durables entre le secteur culturel indépendant et les politiques publiques.

Pour peser dans le débat culturel local, vos projets ont besoin d’alliés, apprenez à les convaincre !

Animation 
• Frédéric Vilcocq, Directeur de Cabinet Adjoint de la Région Nouvelle-Aquitaine
• Florent Teulé, Directeur du RIM

 

Conférences flash proposées par le CNM & France Travail spectacle

⚡ Nouveau format !
Participez à 2 conférences express suivi de courts échanges pour découvrir un projet, les dispositifs d’un partenaire… C’est le moment de prendre des infos, des notes, des contacts !

CONFÉRENCE 1 | Tour d’horizon des aides du CNM 
Présentée par ​François Jolivet, responsable du service Lieux et Disquaires
· · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · ·
CONFÉRENCE 2 | Présentation du dispositif « L’Art d’accéder à l’emploi » en Nouvelle-Aquitaine
Présentée par Laurie Leblond, France Travail spectacle
En savoir +

⚠ COMPLET - 2 Conférences flash : LA FELIN

⚡ Nouveau format !
Participez à 2 conférences express suivi de courts échanges pour découvrir un projet, les dispositifs d’un partenaire… C’est le moment de prendre des infos, des notes, des contacts !

CONFÉRENCE 1 | IA générative : comprendre et décrypter les impacts de l’IA générative de musiques. Explorer les pistes techniques et réglementaires en cours dans notre secteur
Présentée par ​Marine Chambon, chargée de mission pour la FELIN
· · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · ·
CONFÉRENCE 2 | Produire et financer des albums en 2026 : état des lieux des dispositifs d’aide
Présentée par ​Céline Lepage, déléguée générale de la FELIN

⚠ COMPLET - Actions culturelles & musiques actuelles

Format : atelier
En lien avec le fil rouge « Santé mentale et musiques actuelles » 

Souvent peu visibles, quelle place pour les actions culturelles dans nos structures musicales ? Quels enjeux pour la médiation dans le contexte financier actuel ?

Ancrage territorial, co-construction, proximité, « avec, par et pour », projets inclusifs, pluridisciplinaires et intergénérationnels…. derrière les mots et les appels à projets, des actions concrètes sur le terrain ! A partir d’exemples de projets (scolaires, expérimentation européenne de méthodologie), l’équipe de médiation du CaféMusic vous propose de partager des expériences, des freins, des problématiques…

 Animation 
• Fatima Benjou, Pauline Banchereau et Salima Sensou, coordinatrices de projets culturels au CaféMusic

Intervenante
• Noémie Barillet – Psychologue clinicienne / De La Neige En Été

👉 Consultez l’article du département des Landes de février 2026 « Au CaféMusic, la culture créée du lien social »

12H30 – 14H30

Déjeuner

📍Salle Charles Lamarque-Cando
5 All. Raymond Farbos
(10 min à pieds du CaféMusic)

Lasagne bolognaise ou végétarienne et salade verte
Fondant au chocolat
Tarif : 12€ 

14H30 – 16H

Séquences au choix

Les différentes perspectives de l’accompagnement

Format : Table ronde

Cette rencontre propose de prolonger les échanges engagés lors de la table ronde à la Route du RIM de mai 2025 en questionnant la dimension politique de l’accompagnement dans les musiques actuelles. À partir de regards croisés d’acteur·rices de terrain, nous explorerons les différentes formes d’accompagnement — des artistes aux professionnel·les et aux structures — dans un contexte de fortes mutations économiques et sociales. Face à la précarisation croissante et aux transformations rapides des pratiques, en quoi l’accompagnement peut-il constituer un outil de soutien et de transformation ? Il s’agira aussi de décloisonner les points de vue et de mettre en dialogue l’ensemble de l’écosystème. La discussion interrogera les limites d’un système souvent saturé et marqué par des logiques d’entre-soi, ainsi que les enjeux d’ouverture esthétique et sociale. Nous aborderons également les effets de ces évolutions sur les parcours professionnels et la santé mentale. En filigrane, cette table ronde posera la question d’un accompagnement capable ou non de s’adapter aux changements en cours. Un temps d’échange collectif pour repenser ensemble les pratiques et les solidarités du secteur.

Animation
Ophélie Herraire et Pierre Alberici, De La Neige en Été

Intervenant•es 
• Delphine Tissot, directrice de L’Inconnue, présidente de CONFER
• Romane Philbert, artiste et orthophoniste
• Malika Vignon, formatrice dans l’accompagnement au changement

⚠ COMPLET - L'Étincelle - Atelier en non-mixité

Format : atelier
En lien avec le fil rouge « Santé mentale et musiques actuelles »

Et si nos compétences n’avaient plus à être “sympathiques” pour être reconnues ?
Dans la sphère professionnelle, les femmes continuent d’être jugées sur leurs personnalités plus que sur leurs travail. Être compétente ne suffit pas : il faut aussi être chaleureuse, souriante, conciliante. À cela s’ajoute le travail émotionnel – apaiser les tensions, soutenir, veiller à la cohésion – indispensable aux collectifs, mais rarement reconnu à sa juste valeur et pesant largement sur les épaules des femmes.

Cet atelier en non-mixité propose un temps de réflexion et d’échange pour mieux comprendre ces mécanismes, mettre des mots sur nos expériences et réfléchir ensemble à des pistes pour renforcer notre légitimité et soutenir nos parcours.

Animation
•
Elisa Ingargiola, chargée de mission pour le RIM

Intervenante
• Anaïs Rambaud, productrice & administratrice de spectacles, formatrice à Yanai Lab

Participante
•
Noémie Barillet – Psychologue clinicienne / De La Neige En Été

La mémoire de votre projet : Vous en faites quoi ? Vous faites comment ?

Sur quoi repose la mémoire d’un projet collectif et comment celle-ci le sert ?

Le « placard à archives » a beau être bien conservé et bien organisé (non, ce n’est pas toujours le cas…), est-il pour autant utilisé par une nouvelle gouvernance qui prend le relai de la précédente ? De quoi a besoin une direction qui arrive pour s’imprégner plus vite de son environnement ? Comment un curieux peut-il comprendre dans quelle aventure collective il met les pieds, sans être archéologue ? Comment témoigner de sa petite histoire, dans la grande Histoire de la structure ? Les mauvais souvenirs, on en fait quoi ? Et surtout… plutôt marbre ou CD-ROM ?

Animation
• Benjamin Suhard, chargé de mission au RIM

Intervenant•es
• En cours

Les coopérations entre structures musicales et établissements de santé

Format : atelier

Proposé par le Pôle Culture & Santé et le CaféMusic, cet atelier vous permettra de mieux vous repérer dans les coopérations culture et santé. Il sera question de la politique publique et des différents financements publics mais aussi de récits d’expérience et d’interconnaissance pour répondre à toutes vos interrogations ! Que votre structure soit novice ou déjà expérimentée dans ce type de coopérations, cette rencontre sera l’occasion de partager vos idées et de trouver des pistes pour enrichir vos futurs projets !

Animation 
• Capucine De Decker, Responsable réseau et accompagnement, Pôle Culture & Santé en Nouvelle-Aquitaine

Intervenant·es 
• Pauline Banchereau, Chargée d’action culturelle, CaféMusic
• Cyril Laporte, Coordinateur de la Rock School, CaféMusic

Conférence flash : Radios indés x Labels

⚡ Nouveau format !
Participez à 1 petite conférence suivi de courts échanges pour découvrir un projet, les dispositifs d’un partenaire… C’est le moment de prendre des infos, des notes, des contacts !

CONFÉRENCE  | Radios indés & Labels : comment renforcer les échanges ?

Découvrez le fonctionnement d’une programmation musicale au sein d’une radio indépendante ; Les intervenant•es tenteront de répondre à ces questions : Comment se rencontrer ? Comment communiquer ensemble ?
Proposée par Beaub FM 

16H30 – 18H 

Séquences au choix

Musiques et Médiathèques : une ambition régionale

Format : atelier

Le RIM souhaite multiplier les partenariats entre médiathèques et acteur•trices des musiques actuelles, afin de structurer un réseau dynamique et visible sur le territoire. L’objectif est autant économique que culturel : soutenir la vente de disques et valoriser les acteur•trices indépendant•es, en renforçant leur présence et leur médiation au sein des établissements. Ces collaborations doivent permettre de mieux faire connaître la diversité des projets artistiques régionaux et d’accompagner les publics dans la découverte de la création locale. Une réflexion doit être menée à deux niveaux : d’une part pour structurer et porter ce projet auprès des médiathèques, et d’autre part pour permettre à tou•tes les adhérent•es du RIM de faire connaître leurs métiers, leurs projets et de proposer des sujets d’échange avec les usagers.

Animation 
• Emmanuel Castel, chargé de mission du Rayon au RIM
• Florent Teulé, directeur du RIM

Intervenant 
• Jérémie Vautey, responsable du centre Musique de la bibliothèque Mériadeck

Au fait votre DUERP… Existe-t-il ? Est-il à jour ? Parlons prévention, notamment des risques psycho-sociaux !

Format : atelier
ⓘ Réservé aux adhérent•es du RIM
En lien avec le fil rouge « Santé mentale et musiques actuelles » 

Souvent méconnu, ou parfois oublié au fond d’un tiroir depuis des années, le DUERP (document unique d’évaluation des risques professionnels) peut être perçu comme complexe à créer, voire peu adapté aux réalités du quotidien des salarié·e·s d’une structure musicale, notamment lorsque sa rédaction s’effectue sur la base de modèles trop standardisés. À l’heure où il devient un nouveau critère pour certaines demandes d’aide (CNM par exemple), cet atelier visera à démystifier les idées reçues sur l’élaboration de ce document et partager les bonnes pratiques en la matière, mais aussi à mettre en débat comment son écriture et sa mise à jour régulière peuvent être le support d’un réel dialogue au sein des équipes sur les mesures améliorant la prévention des risques et, in fine, les conditions de travail. Un focus particulier sera réalisé sur l’enjeu de plus en plus prégnant de la prise en compte des risques psycho-sociaux par les employeurs.

Animation 
• Nicolas Antoine, référent régional Santé & Handicap au RIM

Intervenantes
• Isabelle Bousquet, administratrice du RIM
• Noémie Barillet – Psychologue clinicienne / De La Neige en Été

⚠ COMPLET - Accompagnement des pratiques en amateur : prendre soin des relations au cœur de nos projets

Format : atelier

Cet atelier propose un temps d’échange de pratiques pour prendre du recul collectivement sur notre accompagnement des pratiques en amateur. Alors que nos structures sont parfois traversées par des logiques d’offre de service, de standardisation ou de pression économique, comment préserver ce qui fait la singularité et la richesse de nos ateliers, rock schools, studios et espaces de ressource ?

En interrogeant ce qui fait la qualité des relations dans l’accompagnement des pratiques en amateur, l’atelier visera à identifier ce qui fait sens dans nos pratiques actuelles, repérer ce qui se fragilise, partager des exemples inspirants et faire émerger des pistes concrètes pour renforcer la participation active et l’implication des personnes.

Les droits culturels pourront servir de cadre de lecture pour éclairer ces enjeux, non comme une injonction, mais comme un appui pour penser la reconnaissance des personnes, leur pouvoir d’agir et la dimension collective de nos projets.

Animation 
• Benjamin Suhard, chargé de mission au RIM
• Pierre Lafaille, Chargé de projets et de coordination de la Fabrique des Douves pour les Droits Culturels 
• Pierre Pénisson, Coordination & Programmation – Relations Publiques aux Abattoirs 

 

⚠ COMPLET - IA Génératives : Comprendre, encadrer, agir

Format : atelier

Les IA génératives s’installent rapidement dans les pratiques professionnelles, souvent sans cadre clair ni réflexion collective. Pourtant, leur usage soulève des enjeux majeurs : dépendance aux grandes plateformes numériques, exploitation des données personnelles, impact environnemental accru et transformation profonde des méthodes de travail.

Cet atelier propose d’ouvrir un espace d’échange pour comprendre ces enjeux et accompagner les structures dans la mise en place d’un cadre responsable. Il s’agira d’identifier les risques et d’explorer des solutions concrètes : élaboration d’une charte des usages numériques, réflexion sur l’utilisation d’outils en local, et développement d’une culture du numérique éthique.

Intervenant
• Pierre-Mary Gimenez-Guillem, coordinateur de l’action culturelle et responsable du numérique, Le Florida

Animation
• Alice Drouet, chargée de mission au RIM

MARDI 19 MAI – SOIRÉE RIM X CAFÉMUSIC

18H – 01H

ⓘ sur inscription

18h – 18h30 | PHOTO DE GROUPE

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18h30 – 19h | PRÉSENTATION FLASH MCI

Présentation du projet « Musiques actuelles et Nouvelle-Aquitaine : toute une histoire ! »
par MCI – Mémoire du CIR et de l’IRMA

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19h – 19h30 | DISCOURS POLITIQUES

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19h30 – 20h | VISITES GUIDÉES

ⓘ Sur inscription
Par l’équipe du CaféMusic
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19h30 – 01h | CONCERT, BUFFET & AUTRES FESTIVITÉS

Apéritif dinatoire : verrines, charcuterie, légumes, fromages, fruits, mignardises…
17€ par personne
(2 verres offerts par le RIM & le CaféMusic)

4 départs de navettes possibles dès 21h
ⓘ Sur inscription

EN CONCERT

COLDUST, ou la frénésie d’un rock indé qui tutoie le post-punk, dans une irrépressible scansion.
Celle du doute. De la vacuité de nos croyances et d’un profond espoir de changement.
Ici, les guitares disputent aux rythmes bruts une puissante hargne mélodique portée par un chant aussi détaché que rageur.

 

LES PETITS + 

L'Agenda culturel JUNKLIVE

L’agenda culturel Bordeaux Concerts et le journal Junkpage s’allient pour créer Junklive, un agenda culturel à l’échelle de la Nouvelle Aquitaine.
­A ce titre, tous les lieux de diffusion adhérents du RIM sont invités à annoncer leur programmation sur ce nouvel agenda.
Nico Pulcrano, fondateur de Bordeaux Concerts et nouveau responsable de Junklive, sera présent à la Route du RIM pour présenter le projet et vous expliquer comment figurer sur Junklive le plus simplement possible.

Pour + d’infos : n.pulcrano@junkpage.fr

"Tournées et santé mentale" - édition du CNM

Nous vous recommandons ce premier guide francophone sur la santé mentale en tournée, proposé par le CNM.
Cet ouvrage dirigé par Tamsin Embleton accompagne artistes et professionnel•les face à l’anxiété, l’addiction et l’épuisement.

Un outil essentiel pour prendre soin de sa santé mentale sur la route.

MER 20 MAI – ASSEMBLÉE GÉNÉRALE 

9H – 13H

📍 Salle de concert, CaféMusic
ⓘ Réservée aux adhérent•es

9h | ACCUEIL CAFÉ
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9h30 – 11h | ASSEMBLÉE ORDINAIRE

► Présentation du rapport financier

► Rapport d’activités : parole partagée avec les adhérent•es sur les activités 2025 du RIM

► Retour sur l’enquête « Quel est votre RIM idéal ? »

► Présentation de la nouvelle organisation du RIM sur la question territoriale

► Votes

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11h – 11h30 | PAUSE
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11h30 – 12h | RESTITUTION « Santé Mentale et Musiques actuelles »

► Noémie Barillet et l’équipe du RIM proposeront sur cette séquence de faire le point sur les réflexions qui auront émergé au sein des temps collectifs proposés la veille sur cette thématique.
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12h – 13h | ASSEMBLÉE EXTRAORDINAIRE

► Présentation de la réforme statutaire

► Présentation du règlement intérieur

► Votes

13H – 14 I DÉJEUNER

Sur place ou à emporter : Salade composée (version carne et végé) & panna cotta fruits rouges
Tarif : 12€

 

Vous souhaitez soumettre vos questions à l’Assemblée Générale ?
Envoyez un mail à Meggy Cosson (prenom.nom@le-rim.org)
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INFOS PRATIQUES

Rendez-vous dans le nouveau bâtiment du CaféMusic de Mont-de-Marsan, labellisé SMAC

Au cœur de l’agglomération montoise et du département des Landes, le CaféMusic s’affirme comme un lieu de référence pour les musiques actuelles.

Depuis 2025, le CaféMusic bénéficie d’un équipement entièrement rénové et modernisé, permettant de développer une politique ambitieuse de soutien à la création à travers des résidences et des projets d’accompagnement menés avec les artistes et les acteurs du territoire comme du réseau national.

 

○ NAVETTES

Les bénévoles du CaféMusic mettent leurs casquettes de chauffeur•ses ! Vous pouvez avoir accès à la Café-navette pour vos déplacements entre la salle de concerts et votre hôtel. Signalez-le dans le formulaire d’inscription.  

 4 Départs de navettes > hôtels : 21h, 22h, 23h et 00h

○ VENIR EN TRAIN

Gare de Mont-de-Marsan – CaféMusic : 10 min à pieds

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○ VENIR EN VOITURE

PARKINGS GRATUITS

  • Parking Terrasse du Midou Promenade du 21 Août 1944 (10 min à pieds)
  • 4 Pl. de la Douze (15 min à pieds)

​⚠ MARDI, JOUR DE MARCHÉ À MONT-DE-MARSAN
2 marchés ont lieu le mardi sur des espaces de parking à proximité 

  • Parking Arènes du Plumaçon (10 min à pieds)
  • Parking Saint-Roch (10 min à pieds)

CLIQUEZ ICI pour d’autres bons plans de stationnement 

COVOITUREZ ! C’est bon pour la planète et c’est bon pour votre réseau. Publiez vos annonces et trouvez un trajet grâce à Caroster ici.

○ HÉBERGEMENTS

Voici la liste des hébergements et les détails pour procéder à votre réservation. Nous vous conseillons de réserver rapidement. 

Ibis Budget**

📍1765 avenue Maréchal Juin
MONT-DE-MARSAN

Depuis le CaféMusic : 24 min en bus (ligne A) dont 8 min à pieds / 12 min en voiture
Depuis la gare : 28 min en bus (ligne A) dont 8 min à pieds / 11 min en voiture

TARIFS POUR UNE NUIT

Chambre 2 lits individuels
Total pour 1 pers : 69,8€ / 78,82€ avec petit-déjeuner
Total pour 2 pers : 74,42€ ou 93,42€ avec petit-déjeuner (soit 37,21€ ou 46,71€ / pers.)

Chambre double (avec ou sans accès handicapé)
Total pour 1 pers : 63,41€ /88,5€ avec petit-déjeuner
Total pour 2 pers : 64,42€ / 99€ avec petit-déjeuner

Chambre 1 lit double + 1 lit individuel
Total pour 2 pers : 84,42€ / 103€ avec petit-déjeuner

TVA incluse pour l’ensemble des tarifs (10%)
Taxe municipale et locale : 1,01 € (par nuit/par personne)
Réduction de 5 % sur tous les tarifs en devenant membre (gratuit)

Contact :
Tél : 08 92 68 05 38
Mail : HB718-RE@accor.com
Lien de réservation

B&B Hôtel **

📍 111 allée de Mamoura, SAINT AVIT

Depuis le CaféMusic : 15 min en voiture
Depuis la Gare de Mont-de-Marsan : 15 min en voiture

POUR UNE NUIT

Chambre 2 lits individuels

Total pour 1 pers : 66€ / 74€ avec petit-déjeuner
Total pour 2 pers : 67€ / 86€ avec petit-déjeuner (soit 33€ ou 43€ / pers.)

Chambre double (avec ou sans accès handicapé)

Total pour 1 pers : 79€ / 86€ avec petit-déjeuner
Total pour 2 pers : 80€ / 99€ avec petit-déjeuner (soit 40€ ou 49,5€ / pers.)

Il existe également
Chambre 4 personnes – 1 grand lit et 2 individuels
Total pour 3 pers : 91€ / 121€ avec petit-déjeuner
Total pour 4 pers : 92€ / 133€ avec petit-déjeuner

TVA incluse pour l’ensemble des tarifs (10%)
Taxe de séjour (2.02€ / nuit) incluse

⚠️ Réduction de -15 % sur l’ensemble des tarifs jusqu’à J-15

Petit-déjeuner seul : 9,50€, par nuit, par petit-déjeuner
Animal de compagnie : 6€ par nuit, par animal
Arrivée anticipée 11h : 15€ pour le séjour

Contact :
Tél : 05 58 93 99 31 (7h – 11h / 17h – 20h)
Mail : bb_4550@hotelbb.com
Lien de réservation : https://www.hotel-bb.com/fr/hotel/mont-de-marsan

Abor Hôtel***

📍112 Chemin de Lubet, SAINT PIERRE DU MONT
Depuis le CaféMusic : 26 min en bus (ligne A) dont 16 min à pieds / 9 min en voiture
Depuis la gare : 15 min en bus (ligne A) dont 10 min à pieds / 8 min en voiture

POUR 1 NUIT
🎯 TARIF PRÉFÉRENTIEL RIM
Voici la liste des chambres et les tarifs en Bed & Breakfast (petit-déjeuner inclus):

Chambre « Supérieure » (rénovée avec 1 lit en 160)
1 personne à 95€
2 personnes à 105€

Chambre « Quadruple » (rénovée avec 2 lits en 140)
1 personne à 95€
2 personnes à 105€
3 personnes à 115€
4 personnes à 125€

Chambre « Confort » (rénovée avec 1 lit en 140)
1 personne à 85€
2 personnes à 95€

Chambre « Standard’ (non rénovée avec 1 lit en 140)
1 personne à 80€
2 personnes à 90€

Taxe incluse dans le tarif
Annulation et remboursement possible jusqu’à la veille

  • Réception ouverte 24h/24h
  • Le petit déjeuner est servis de 05h à 10h
  • Restaurant ouvert de 19h30 à 21h30

Pour bénéficier de ces tarifs, bien préciser lors de la réservation que vous participez à la Route du RIM.

Contact :
Tel.05.58.51.58.00
e-mail: contact@aborhotel.com
Lien de réservation 

Hôtel les Pyrénées

📍20 avenue du 34ème Régiment d’Infanterie, MONT DE MARSAN
Depuis le CaféMusic : 10 min à pieds / 2 min en voiture
Depuis la gare : 5 min à pieds / 2 min en voiture

POUR UNE NUIT

Chambre simple – Lit double (12)
À partir de 86€

Chambre Twin – 2 lits individuels (5)
À partir de 96€

Appart’hôtel
De 2 à 5 pers
À partir de 106€ / nuit

Petit-déjeuner : 9€ par pers
Parking gratuit
Animaux de compagnie : 9€

Contact :
Tél : 05 58 46 49 49
Mail : contact@hotel-restaurant-pyrenees.fr
Lien de réservation

UNE QUESTION ?

Contactez Meggy Cosson : prenom.nom@le-rim.org

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[ENTRETIEN] Nicolas Antoine • RIM

LES MUSIQUES ACTUELLES ONT DE LA MÉMOIRE !

ENTRETIEN 4/4

NICOLAS ANTOINE

DÉLÉGUÉ TERRITORIAL AU RIM

miminettes micro interview

Cette interview s’inscrit dans le projet porté par le RIM :

« LES MUSIQUES ACTUELLES ONT DE LA MÉMOIRE ! »

4 témoignages autour des enjeux de transmission de la mémoire du secteur et de ses projets

« L’imagination, c’est de la mémoire fermentée. » Milan Kundera

Près de 45 ans après l’apparition du terme « Musiques Actuelles » et des années de structuration continue du secteur et des politiques publiques qui l’accompagnent, les enjeux de renouvellement, d’inclusion et de transmission apparaissent extrêmement forts au sein de ses structures. La mémoire du secteur (et de ses projets) constitue l’une des clés pour conserver la capacité d’impulser continuellement de nouvelles dynamiques collectives et les valeurs d’indépendance, d’éducation populaire et de défense de la diversité qui lui ont permis de se développer.

Afin d’aborder ce sujet et la manière dont il interroge ou peut servir les pratiques des acteurs des Musiques Actuelles, nous avons choisi d’interroger quatre personnes, qui ont travaillé sur ces enjeux de mémoire (conservation, valorisation, patrimonialisation, …) ou bien les ont traversés tout au long de leur carrière, « en faisant ».

Entretiens réalisés par Emma Roche, en Service Civique au RIM, en début 2025

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NICOLAS ANTOINE

Familier des Musiques Actuelles depuis 20 ans, Nicolas Antoine en a depuis fait son métier. Il cumule le rôle d’auteur, de bénévole sur différents évènements musicaux depuis plusieurs années, et de délégué territorial au Réseau des Indépendants de la Musique depuis 2017. Il nous présente ici son ouvrage biographique sur le groupe de rock français Eiffel, publié en 2015, ainsi que l’écriture actuelle de son nouvel ouvrage à sortir fin 2025 concernant l’historique de l’association tourangelle des Îlots Électroniques : « Les Îlots, 10 ans – Florilège de la teuf ».

Quelle a été votre démarche d’approche pour amorcer le projet du livre Inferno Telegraph – une biographie d’Eiffel ?

Au départ, ce qui est un petit peu étrange dans la démarche de ce premier livre, c’est que la grande majorité du contenu à l’intérieur, c’est à dire la biographie du groupe principalement (même si il y a des petites choses en plus) n’était pas destiné à finir dans un livre papier. Eiffel, c’est un groupe qui avait l’aide de ses fans, qu’on appelle « Les Ahuris » (nom lié à l’un des albums d’Eiffel) notamment sur la gestion du site internet officiel du groupe. Et moi, j’écrivais quelques articles dessus, et aussi dans un petit fanzine papier qu’on avait. A force de faire tout ça, on m’a proposé un jour de mettre à jour la biographie du site internet d’Eiffel. Sauf qu’au lieu d’écrire quelques paragraphes, j’ai commencé à écrire vraiment quelque chose de très conséquent, de très détaillé avec de vrais chapitres pour chaque album. Et du coup, des gens ont commencé à me dire que c’était cool de l’avoir sur le site internet, mais que ce serait encore plus sympa de l’avoir en papier – avec de belles illustrations, des photos, des images d’archives, etc – ce à quoi au départ, je ne croyais pas trop. Puis, à force de me l’entendre répéter, j’ai commencé à penser que ça valait peut-être le coup. J’ai donc lancé un financement participatif pour les auto-éditions de ce que j’avais déjà écrit en format livre, et ce financement a très très bien marché parce qu’il y avait une communauté de fans assez active. La base était financée en 24 heures, ce qui m’a amené à me poser pas mal de questions, à rajouter d’autres contenus que la seule biographie dans ce livre et le rendre un peu plus beau que ce qu’il devait être au départ : il n’était sensé être qu’en noir et blanc et agrafé, de base.

Quelle a été votre méthode d’écriture pour un tel travail biographique ?

Déjà, j’étais fan du groupe. Ce livre a un peu vocation à être un livre journalistique car il est très précis, très factuel et a été relu par plein de personnes. On ne peut jamais trouver une info dedans qui n’est pas réaliste, véridique en tout cas. Mais ça reste un livre fait par un fan du groupe, donc le contenu est très orienté de ce côté-là. Sur la méthode, j’avais la chance d’être impliqué sur le site internet du groupe, d’être assez proche des musiciens, d’avoir un accès facile aux sources (c’est à dire les personnes qui avaient vécu l’histoire du groupe) et avec qui j’ai pu au moins échanger sur pas mal de choses, retrouver des infos etc. A l’époque j’avais récupéré deux gros cartons d’archives papier, donc énormément d’articles de presse, quelques trucs qui étaient encore numérisés, mais on était quand même a une époque où le papier avait encore sa place et où tout n’était pas numérique, notamment dans la presse. On m’avait donné plein d’archives d’articles de presse des premières tournées du groupe, des premiers disques, etc. Et j’ai relu beaucoup d’interviews du groupe, qu’elles soient dans la presse les concernant, dans des fanzines ou webzines… j’ai beaucoup passé de temps dessus, ou sur des interviews de proches du groupe. J’avais découpé plein de passages d’interviews pour recouper des infos sur ce qui était dit dans telle ou telle interview, qui se regroupait avec telle autre, donc c’était un travail un peu documentaire ou par thème. « Tiens, ça ça parle de tel album, et de tel aspect de l’album dont je n’avais pas trouvé d’infos, etc. ». J’ai encore tout un classeur comme ça chez moi, avec plein d’articles de presse découpés.

Vous dites que vous étiez proches des musiciens. Comment cette proximité s’est-elle-faite ?

De manière, au final, assez simple. J’avais commencé à écouter Eiffel un petit peu avant, mais en 2005, le chanteur Romain Humeau était en tournée solo parce qu’il avait sorti son premier album solo a coté d’Eiffel, « L’éternité de l’instant ». Et il avait proposé sur son site internet à quelques fans d’organiser ses concerts. L’idée, c’était que ce soit des concerts gratuits : ça pouvait être dans un bar, une médiathèque, peu importe, et il venait en solo guitare/voix, de manière assez proche et intimiste, finalement. Moi, je n’avais jamais organisé de concerts, clairement. Je n’avais aucun cadre pour le faire, je n’avais pas d’association. Je suis juste allé voir un bar à côté de chez moi où je savais qu’il y avait des concerts : j’ai proposé ça, et ça s’est fait. On a passé le week-end avec Romain Humeau, parce qu’il est venu pour ça. Ce qui a fait que je me suis retrouvé impliqué sur le site internet du groupe, et j’ai commencé à beaucoup plus côtoyer à la fois le groupe, les musiciens et les fans du groupe, ce qui a mené plus tard à ce projet-là. C’est parti tout simplement de ça.

Comment êtes-vous passé de la recherche documentaire à l’écriture ?

Je crois qu’en fait, j’avais vraiment compilé… dans mon souvenir, c’était quand même resté assez méthodique, parce que j’avais compilé tous ces petits bouts d’articles d’interviews, sources, extraits de chroniques d’albums, qui expliquaient aussi parfois la signification des textes, ou certaines références musicales sur certains morceaux qui s’inspirait de tel ou tel morceau de tel groupe etc. En gros, assez naturellement j’avais des infos sur chaque album du groupe, chaque tournée liée à ces albums etc. J’ai ensuite mis ça en forme en commençant à écrire, ce qui a donné des chapitres très longs. Ça c’est vraiment pour la biographie.
Après, il y a une partie du contenu du livre qui dépasse la biographie du groupe (le financement participatif permettait d’avoir beaucoup plus de pages que nécessaire pour la biographie). L’idée m’est venue d’interviewer non pas les membres, mais plutôt des proches du groupe. Si la biographie s’est surtout écrite entre 2010 et 2013, j’ai plutôt réalisé les interviews entre 2013 et 2015, parfois en tournée avec le groupe, sur ses dates, ou avec des gens que j’ai croisés à d’autres occasions… et j’ai fait le choix d’interviewer six personnes qui étaient des proches du groupe à divers titres : soit leurs managers, soit la personne qui a crée leur site internet, soit des musiciens qui avaient travaillé avec eux sur certains projets particuliers… ou aussi François Prud’homme qui était leur régisseur de tournée, qui pouvait mener un regard sur la tournée… Un dernier contenu s’est rajouté aussi au moment du financement participatif : vu que c’est un livre écrit par un fan et à destination des fans, j’avais mis quelques contributions à un tarif un peu plus élevé, qui donnait aux fans un petit espace d’expression libre dans le livre. Du coup, il y a cinq ou six personnes qui ont pu écrire un texte autour de ce que représentait Eiffel pour eux : je les ai parfois un peu accompagnées, parfois elles n’ont pas eu spécialement besoin. Je trouvais ça assez chouette d’avoir cette place donnée au public à un endroit du livre.

Combien de temps cela vous a-t-il pris de rassembler tout le matériau nécessaire à l’écriture ?

Ça reste des projets que j’ai faits sur mon temps libre, c’est pas du tout une activité professionnelle. Je n’ai jamais cherché à quantifier le temps passé. Assurément, ce sont des dizaines, voire des centaines d’heures. J’ai vraiment du mal à dissocier ce qui est de l’ordre de la collecte des sources et de l’écriture en elle-même, mais ce sont des centaines d’heures, c’est sûr.

Les photos du livre proviennent-elles toutes des archives du groupe ?

Une grosse majorité des photos et des extraits visuels proviennent d’archives du groupe, qu’ils ont eu la gentillesse me transmettre. Sinon, il y a quelques belles photos de scène : une photographe très fan du groupe et qui les suivaient pas mal (Christelle Hachet) a eu la gentillesse de m’en transmettre. Ce sont ces photos qui sont le plus en pleine page. Il y a aussi quelques photos de moi, car j’avais eu l’occasion de pas mal suivre le groupe en tournée. A l’époque je faisais un peu plus de photographie qu’aujourd’hui.

Tout à l’heure vous disiez que vous avez voulu faire ce travail car vous étiez déjà fan du groupe. Il y a t-il eu d’autres motivations qui ont pu aider ?

Aimer leur musique, aimer beaucoup les textes… Certes, c’est un livre qui parle de musique mais Eiffel est un groupe de rock qui chante majoritairement en français : moi ce qui m’avait toujours touché dans ce groupe, c’était les textes, et de me plonger dedans : donner les explications « officielles » du chanteur, du sens qu’il y mettait, ou l’interprétation et le sens que j’y trouvais, c’était quelque chose qui m’intéressait beaucoup. Et après il y avait un truc assez simple : j’ai toujours aimé beaucoup écrire et c’était une manière d’aller au bout de cette passion-là. Et puis c’est un peu un rêve de gamin que de se dire « J’écris un livre ».

Étiez-vous déjà lecteur de biographies d’artistes avant d’entreprendre ce projet ?

Oui, je pense que dans mon parcours musical, il y a eu une période vers ma vingtaine quand j’étais un peu étudiant, où c’est vrai que j’ai pas mal lu de bouquins de ce type là sur les artistes qui m’intéressaient beaucoup à l’époque. Je ne pourrais même plus trop citer lesquels, mais c’était un moment où je me faisais un petit peu ma propre culture musicale. Et je m’étais mis à lire pas mal de biographies, et peut-être que c’est ce qui m’a inspiré à me lancer dans ce projet-là derrière.

Il y a des interviews d’autres fans de Eiffel dans le livre. Pourquoi les incorporer au reste du travail ?

Le projet du livre était parti d’un truc où on avait un fanzine autour du groupe, dans lequel pas mal de fans écrivaient des petits articles. Partant de ça et étant quand même très lié avec la communauté de fans du groupe, je ne voyais pas comment ne pas laisser de place aux fans dans le livre. Justement, par rapport à des biographies classiques de groupes écrites par des journalistes où tout est centré sur les artistes, moi dans ce livre-là, j’avais envie de donner la vision de ce que c’est qu’un groupe, y compris le fait qu’il y a des gens dans la salle, et que ces gens-là ne sont pas juste une foule, mais c’est des personnes qui ont toutes un rapport particulier avec le groupe en question. Qui peut toucher soit par la musique, soit par les textes, soit les deux. Qui peuvent avoir des souvenirs particuliers liés à ce groupe, et je trouvais important qu’il y ait un espace d’expression pour ça à la fin du livre.

« […] moi dans ce livre-là, j’avais envie de donner la vision de ce que c’est qu’un groupe, y compris le fait qu’il y a des gens dans la salle, et que ces gens-là ne sont pas juste une foule, mais c’est des personnes qui ont toutes un rapport particulier avec le groupe en question. »

Comment le livre a-t-il été reçu par le groupe ? Par les fans ?

Le groupe m’a accompagné sur toute la création, c’est eux qui m’ont donné accès à toutes les infos nécessaires, archives et autres. C’est pas un projet qui s’est fait à côté du groupe : pour eux, la biographie officielle d’Eiffel, c’est celle-là, même si elle est faite par un fan, même si elle n’a pas été éditée par un vrai éditeur, etc. Et du coup, eux étaient hyper heureux d’avoir ce livre. L’une des choses les plus touchantes qu’ils m’aient dit à l’époque, c’est qu’eux même avaient redécouvert des choses en lisant le livre, des choses qu’ils avaient oubliées, des petits détails dont il avaient un peu perdu le souvenir… donc c’était plutôt chouette d’avoir ce genre de retour-là. Et je crois que pour eux, ça reste un truc dont ils sont assez fiers. Et l’une des manières de commercialiser, de diffuser le livre a été de l’avoir pendant plusieurs années au merchandising de leurs tournées. Donc pour eux, ça reste un objet officiel lié au groupe.
Pour la réception par les fans, je dirais qu’ils ont été clairement le premier soutien du projet. Au-delà même de l’existence du livre, ils ont déjà soutenu sa création. Comme je disais, le financement participatif a exceptionnellement bien marché et j’ai récolté entre deux fois et demie à trois fois la somme initialement souhaitée. En moins de vingt-quatre heures le projet était financé. C’était assez fou. Donc en fait l’intérêt, le soutien des fans pour le projet, s’est manifesté déjà à cet endroit là, en rendant la création du livre possible, et même mieux que je l’avais personnellement imaginé, c’est-à-dire en couleur, avec une belle couverture, beaucoup plus de pages, etc. Ensuite, j’en ai écoulé un peu plus de six cents exemplaires en auto-édition totale, moi je n’y connais rien en édition de livre etc, mais on m’a déjà dit que c’était loin d’être ridicule en termes de nombre d’exemplaires écoulés pour un livre totalement auto-édité. Et globalement, ça reste encore un livre pour lequel des gens me contactent, parce qu’ils veulent le trouver car ils sont fans du groupe. Jusqu’à présent j’ai toujours eu plutôt des retours très positifs sur le contenu ou la manière dont il est composé.

Ce projet vous a-t-il apporté de nouvelles opportunités de travail ?

Cela reste quelque chose que j’ai fait sur mon temps libre et qui n’a pas de prétention professionnelle. Ce n’est pas dans le but de devenir journaliste que je l’ai fait. Je savais que j’aimais écrire, que j’écrivais plutôt bien. Peut-être que le fait d’avoir écrire ce livre m’a légitimé sur le fait que je pouvais écrire des trucs, et sur ma capacité d’écriture. J’ai écrit un livre, donc te dire que tu es auteur, c’est comme quelqu’un qui prend une guitare : au début, il a du mal à dire qu’il est musicien, mais en fait à partir du moment où tu joues de la guitare, tu es musicien. En fait quand tu aimes bien écrire beaucoup, tu es écrivain, auteur, et ce n’est pas forcément le fait que ça soit ton métier qui justifie ça. Moi ce n’est pas du tout mon but d’écrire des livres professionnellement. Après, ça ne m’a pas changé la vie dans mon travail. C’est une ligne sur mon CV, mais je ne pense pas que ce soit ça qui change grand-chose quand je cherche du boulot. Par contre, c’est sûr que ça m’a donné d’autres envies pour la suite, pendant quelques années je n’avais plus du tout envie d’écrire quoique ce soit, car c’est assez lourd comme démarche et c’est un peu épuisant. Mais ça m’a donné l’idée que c’était possible d’écrire un livre, c’est beaucoup de travail mais c’est quelque chose que je pourrai refaire dans ma vie, plus tard.

Et sur le plan personnel ?

Forcément, beaucoup de fierté au moment où on a enfin l’objet dans les mains. Pour moi qui ait toujours lu beaucoup dans ma vie, qui ait des livres dans les mains depuis que j’ai cinq ou six ans, en tout cas depuis que j’ai l’âge de commencer à en lire, ça reste un rêve de gamin. Et quand on a enfin l’objet dans les mains et qu’en plus on le trouve beau, on est fier, je pense. Bon, c’est plus ou moins réussi, mais j’avais fait toute la conception graphique aussi en plus d’écrire le livre. La couverture, c’est un patchwork/assemblage que j’ai fait en pleine nuit de divers trucs liés au groupe et je trouve qu’elle est plutôt chouette, cette couverture. Ça m’a peut-être confirmé aussi sur mon côté créatif, des trucs parfois qu’on a du mal à assumer, je trouvais toujours que mes photos étaient moins bien que celles des autres, mais au final, elles sont dans le livre et tout le monde les apprécie.

Quel genre de difficultés avez-vous pu rencontrer dans la réalisation de ce travail, si il y en a eues ?

La difficulté, c’est que plus on remonte dans le temps, plus les souvenirs des gens sont vagues, moins précis, plus parfois les sources sont un peu plus compliquées à trouver. Au moment où j’ai écrit ce livre là, Eiffel avait plutôt du succès, notamment sur un album qui s’appelle « Foule Monstre ». Trouver des sources, des articles et interviews du groupe sur une période assez récente c’était hyper facile, mais en trouver sur la fin des années 90 sur le groupe qui avait même précédé Eiffel, « Oobik & the Pucks », un groupe qui était resté quand même très indé, on était en 1995, autant dire qu’à l’époque sur Internet, il n’y avait rien. Certains des musiciens en question n’étaient plus liés au projet… Je pense qu’aujourd’hui, Internet préserve un peu plus les choses même si il y a des pages qui disparaissent. Beaucoup de choses ne sont pas numérisées avant les années 2000.

Pouvez-vous maintenant nous présenter le contenu du livre que vous écrivez actuellement, « Les Îlots, 10 ans – Florilège de la teuf » ?

Les Îlots Électroniques, c’est une association qui organise des évènements de musique électronique sur Tours depuis une dizaine d’années. 2014, exactement. Et moi, je suis bénévole depuis la deuxième année d’existence de cette association : juste « bénévole lambda » : je porte des barrières, je sers des bières, je vends des tickets pour les boissons… J’ai toujours été investi là-dedans, même si je ne suis pas issu du tout des milieux des musiques électroniques, et que musicalement ce n’est pas trop mon créneau, clairement. Mais j’ai toujours bien aimé ces évènements-là, notamment parce que majoritairement, les évènements qu’ils organisent sont gratuits. D’abord le dimanche, parfois aussi le samedi, mais en tout cas le point de départ c’est les évènements un peu comme ça s’est fait dans plein de villes, avec des trucs comme Bordeaux Open Air, des choses comme ça… il y a eu toute une émergence d’évènements de musique électronique gratuits le dimanche, au début des années 2010 en France. Les Îlots ont apporté ça à Tours. J’ai toujours trouvé ces évènements assez chouettes parce que très populaires, très familiaux, qui cassent un peu les codes des musiques électroniques, les trucs de « teufeurs dans les champs », qui sont un peu hermétiques. Je trouvais que c’était fait très intelligemment, et c’est des évènements assez fun. C’est un peu le pourquoi je me suis intéressé à ce sujet-là, et parce que je suis très lié à cette association, au titre de bénévole et personnel, de fait.

Du coup, les Îlots fêtaient leur dix ans en 2024 et pour ça, à la fin de l’année 2023 ils ont commencé dans les discussions à me parler du fait qu’ils allaient faire une année très particulière pour leur dix ans, puisqu’ils allaient faire dix teufs dans l’année. Donc dix évènements, c’est à dire un évènement par mois, de février à novembre, ce qui est plutôt très ambitieux. A la fois des évènements intérieurs plus l’hiver, et aussi des évènements extérieurs plus l’été. Ils ont commencé à me parler de ça, et parfois il y avait des évènements un petit peu particuliers qui n’était pas habituels pour les Îlots, par exemple le fait d’aller dans l’Île d’Oléron. Il y avait aussi des évènements dans des parcs à Tours, comme ils avaient l’habitude de faire. Donc quand on a commencé à parler de cette année un peu particulière, je me suis dit qu’il y avait des choses à raconter autour de ça et autour de ce qu’il s’était déjà fait au cours des dix premières années des Îlots. Le fait d’être bénévole a fait que j’ai beaucoup côtoyé cette association. Et c’est vrai que depuis que j’avais fait mon premier livre sur Eiffel, je m’étais toujours dit que si j’en écrivais un second, ça pourrait peut-être être sur un truc qui valorise la question de l’engagement bénévole ou associatif. Mais je n’avais jamais trouvé de sujet ou d’angle sous lequel le traiter, ou de terrain et de recherche, d’associations de choses qui pourraient me donner envie d’écrire quelque chose sur ces bénévoles ou autre. Et en fait, ça s’est un peu croisé entre cette année très particulière pour les Îlots. Avec plein d’évènements un peu atypiques, qui allaient permettre d’écrire des choses dessus, et de me dire que si l’on revient sur les dix années qui sont passées, il y a sûrement plein de choses à écrire. Sur ce que c’est que les Îlots en tant qu’association, ce que ça représente pour plein de gens. Notamment les bénévoles, et un axe qui était assez fort pour moi dès le départ, c’était l’idée des parcours de vie qui ont été changés ou transformés grâce aux Îlots. Il y a énormément de gens qui étaient bénévoles aux Îlots qui sont aujourd’hui régisseurs, régisseuses pour des festivals, qui ont fait leur métier de bosser dans les bars de ces festivals…

Donc à proprement dit, ce n’est pas vraiment un livre de mémoires des Îlots. 

Ce n’est pas du tout une biographie des Îlots Électroniques parce qu’au final dans le livre, il y a très peu de contenus que j’ai écrit. Il y a quelques chapitres, où j’écris notamment quelque petits textes sur les dix évènements de l’année 2024. Mais sinon, 80 % du contenu du livre, ce sont des interviews et des entretiens, des extraits d’interviews que j’ai réalisées avec plus d’une centaine de personnes qui gravitent autour des Îlots Électroniques, et que j’assemble de manière très « chorale », comme si je recréais une sorte de dialogue entre une centaine de personnes qui ont tous, d’une manière ou d’une autre, des liens avec les Îlots électroniques. Ça peut être des bénévoles, des artistes, des gens qui sont à la technique, la personne qui fait le catering sur les évènements, des gens de la mairie de la ville de Tours, leurs brasseurs de bière… et beaucoup de gens du public aussi.

Pourquoi écrire l’historique d’un festival ou d’un projet culturel comme celui ci ?

J’ai l’impression que c’est important, et quand je dis important, c’est que j’ai aussi envie que les gens que j’ai interviewés, qui ont crée cette association il y a dix ans, (certains, je pense, en ont ou moins conscience) se rendent d’autant plus compte de ce qu’ils ont fait, que ce à quoi ils ont participé est important. Souvent, quand on est impliqué dans une association, on perd un peu de recul sur ce qu’on fait, on est tellement dans le « faire » qu’on ne se rend plus compte au final de l’ampleur que ça peut avoir, de l’importance que ça a pour les gens qui gravitent autour… moi, j’ai encore tendance à penser que les livres restent plus que les contenus numériques, en tout cas qu’on ira plus les regarder dans vingt ou trente ans dans son étagère qu’une vidéo d’un évènement qui a de nombreuses années et dont on a perdu la trace numérique. Je pense donc que cela permet de garder cette mémoire-là. Pour travailler dans le secteur culturel, étant donné que le livre est un projet totalement bénévole, on parle souvent de notions comme « les droits culturels », « l’utilité sociale »… ce sont souvent des concepts qui peuvent rester un peu vagues et derrière lesquels on ne sait pas quoi mettre exactement, et j’ai l’impression que les réponses de la centaine de personnes que j’ai interviewées et que je compile dans ce livre derrière diverses thématiques, sont assez concrètes par rapport à ça. C’est à dire ce que sont les droits culturels, le fait de se dire « Je suis bénévole dans une association de musique électronique, trois ou quatre ans après je me mets à mixer parce que je n’arrête pas de voir des DJ, et en fait deux ans plus tard c’est moi qui ouvre sur la grande scène de ce festival là, alors que quand j’ai commencé, je venais juste servir des bières et ne pensais pas être un jour DJ… ». Quand je parlais d’utilité sociale, j’évoquais tout le côté parcours de vie, et le fait d’avoir des gens sui, parce qu’ils sont bénévoles, se rendent compte que leur envie première dans la vie, ce n’est pas d’être prof d’anglais, mais de faire technicien lumière sur des tournées de groupe, et qu’ils sont très bons pour ça car ce sont des gens très créatifs. Et avoir un petit terrain de jeu, d’expérimentation qui est le bénévolat dans une association pour commencer à se lancer là dedans avant de devenir au final professionnel quelques années plus tard, c’est quelque chose que je raccorderais à la question de l’utilité sociale, donc pour moi, c’est vraiment les axes que j’avais envie de mettre en valeur dans ce livre là, même si ça parle de plein d’autres sujets, des musiques électroniques et d’art en général…

En guise de dernière réponse, il y a-t-il quelque chose que vous voulez ajouter, autour de quoi je n’aurais pas posé de question ?

Dans la démarche documentaire, qui a été prise sur ce deuxième livre très basé sur la récolte de témoignages, on s’est inspiré sur un livre déjà existant sur Tours, qui a été fait il y a quelques années de ça autour des trente ans de Radio Béton, une radio emblématique du territoire et organisatrice du festival Aucard de Tours, et donc effectivement, ils ont fait ce très gros livre autour de la radio. Eux avaient déjà eu ce parti pris d’interviewer des personnes, cent cinquante personnes à peu près, liées de près ou de loin à la radio ou au festival. Ils étaient sur une approche chronologique alors que moi, c’est plus thématique. En tout cas, ça été une source d’inspiration un peu prioritaire et forte pour la manière de travailler sur ce livre-là, on a pas « copié-collé » la manière de faire, mais en tout cas, on s’est inspirés de la méthode en se disant que les personnes les plus à même de parler du sujet, c’est les gens directement concernés par celui-ci. Et finalement celles qui en ont le plus la mémoire, c’est d’abord celles qui ont vécues les choses, tout simplement.

Cette interview s’inscrit dans le projet porté par le RIM :

« LES MUSIQUES ACTUELLES ONT DE LA MÉMOIRE ! »

4 témoignages autour des enjeux de transmission de la mémoire du secteur et de ses projets

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[ENTRETIEN] Philippe Guillemoteau • Auteur

LES MUSIQUES ACTUELLES ONT DE LA MÉMOIRE !

ENTRETIEN 2/4

PHILIPPE GUILLEMOTEAU

AUTEUR ET MUSICIEN 

miminettes micro interview

Cette interview s’inscrit dans le projet porté par le RIM :

« LES MUSIQUES ACTUELLES ONT DE LA MÉMOIRE ! »

4 témoignages autour des enjeux de transmission de la mémoire du secteur et de ses projets

« L’imagination, c’est de la mémoire fermentée. » Milan Kundera

Près de 45 ans après l’apparition du terme « Musiques Actuelles » et des années de structuration continue du secteur et des politiques publiques qui l’accompagnent, les enjeux de renouvellement, d’inclusion et de transmission apparaissent extrêmement forts au sein de ses structures. La mémoire du secteur (et de ses projets) constitue l’une des clés pour conserver la capacité d’impulser continuellement de nouvelles dynamiques collectives et les valeurs d’indépendance, d’éducation populaire et de défense de la diversité qui lui ont permis de se développer.

Afin d’aborder ce sujet et la manière dont il interroge ou peut servir les pratiques des acteurs des Musiques Actuelles, nous avons choisi d’interroger quatre personnes, qui ont travaillé sur ces enjeux de mémoire (conservation, valorisation, patrimonialisation, …) ou bien les ont traversés tout au long de leur carrière, « en faisant ».

Entretiens réalisés par Emma Roche, en Service Civique au RIM, en début 2025

Philippe Guillemoteau interview archives musiques actuelles

PHILIPPE GUILLEMOTEAU

Philippe Guillemoteau, auteur, passionné de musique et musicien lui-même, nous présente son travail colossal de recensement des initiatives Musiques Actuelles dans le département des Deux-Sèvres de la fin des années 60 au milieu des années 2000, à travers l’écriture de son livre « Micro Faunes ».

D’où vous est venue l’idée de recenser les initiatives et les groupes des Musiques Actuelles des Deux-Sèvres en particulier ?

Étant moi-même musicien, je trouvais qu’il se faisait plein de choses intéressantes. J’avais commencé a écrire des choses, j’écris des chansons, des textes courts. J’avais écrit un bouquin sur l’histoire de la famille de ma compagne et je m’étais dit « est-ce que je suis capable de faire plus gros, d’aller plus loin dans l’écriture ? ». C’était un défi personnel. Naturellement, je me suis intéressé à écrire sur la musique, car c’est l’essentiel de ma vie. Je suis parti là-dessus en me disant que je connais pas mal de musiciens qui ont des histoires intéressantes, donc, pourquoi je ne raconterais pas ça ? Au bout d’une trentaine, quarantaine de pages, j’ai compris que c’est comme une pelote de laine : tu tires un peu et ça se déroule, c’est énorme, tu as l’impression qu’il y en a toujours plus.

Je ne savais pas quoi faire de ce que j’avais commencé à écrire, puis je mangeais avec un copain musicien et éditeur qui s’appelle Philippe Floris. Je lui ai parlé de cette initiative et il m’a répondu qu’il souhaitait en être l’éditeur.

Comment vous y êtes-vous pris pour recenser plus de mille noms pour ce projet ?

J’ai fait de l’archive. J’ai entassé. J’avais déjà pas mal de choses car j’ai beaucoup de disques, cela fait partie de ma culture. Je fais beaucoup les vides-greniers, les Emmaüs… alors dès que je voyais un disque qui avait l’air d’être du coin, je le prenais. Ça a commencé à s’entasser. Après j’ai commencé a faire des interviews, car j’avais quand même une vision un peu globale du truc, des différents courants musicaux locaux, je savais qu’il se passait telle chose à Parthenay à telle époque, telle chose à plein d’endroits à telle autre époque… alors ce que j’ai commencé à faire, ce sont des interviews. J’ai mis cinq ans à faire le bouquin parce qu’a cette époque là, je travaillais. Je faisais ça, soit le soir après dîner, soit le week-end… je prenais des rendez-vous avec les gens, j’allais les voir, car pour moi, le contact physique était indispensable. J’ai pas compté, mais j’ai dû faire une centaine d’interviews.

J’ai pris mon pied à faire ça, car étant musicien, chanteur, ayant tourné depuis le début des années soixante-dix dans la région, quand je me présentais, cela facilitait un peu les choses pour aller discuter avec les gens. Souvent, on avait partagé des scènes. C’est incroyable quand tu vas vers les gens, quand tu amorces bien la pompe, ça peut durer des heures et ça, pour moi, c’était vraiment le pied.

Je m’étais donné un cadre : je me limite à la création musicale. Je ne vais pas vers ceux qui font de la reprise, de l’adaptation, je vais pas vers le chorales, les groupes de bal. Pour moi, le cadre c’était ceux qui créaient et qui permettaient d’aller plus loin. Ce n’est pas que le reste c’est pas bien, mais ça me permettait d’avoir un cadre de travail. J’ai commencé à faire des bases de données : musiciens, groupes… Pour chaque entrée j’avais une fiche. J’ai rattaché ça à ma base de données : j’écoutais un disque, je le chroniquais et je le mettais dans la base.

Que mettez-vous dans une fiche d’artiste ?

La fiche type, c’est le nom du groupe, la discographie, d’où ils sont… J’ai toujours le lieu d’identification et la période concernée sous le nom pour m’y repérer. Pour la discographie : en quelle année, sortie par qui… etc.

« J’ai commencé et quand j’ai eu fait ce qui ressemblait a une trentaine, quarantaine de pages, au fur et à mesure, c’est comme une pelote de laine : tu tires un peu et ça se déroule, c’est énorme, tu as l’impression qu’il y en a toujours plus. »

Donc vous dites que votre enquête s’est déroulée sur cinq ans. Cela correspond au temps que vous avez mis à faire le livre ?

J’ai commencé à rédiger avant d’avoir rencontré l’éditeur, donc avec le reste ça a constitué cinq ans de boulot. L’éditeur a travaillé au fur et à mesure.

Moi, ce qui m’intéressait, au départ, c’était l’écriture. J’avais un bon échange avec cet éditeur et il m’a dit quelque chose auquel je n’avais pas pensé au départ. Il n’existe plus, mais il s’appelait « Patrimoine et médias ». Il travaillait sur le patrimoine et sortait essentiellement ce qu’on appelle « des beaux livres » de photos de châteaux, de paysages… Moi, j’avais pas fait le lien dans ma tête avec la dimension patrimoniale de ce travail. C’est lui qui l’a fait et qui m’a dit : « Ce que tu fais, c’est du patrimoine ! Il n’y a qu’une condition, c’est qu’il me faut des images. Dans la logique du patrimoine, il faut des images. Les groupes des années soixante-dix avec les pantalons pattes d’eph par exemple, il me faut leur gueule, leur look, les affiches… » A chaque fois que je faisais une interview, je ramenais du matériel et j’allais chez l’éditeur. Il avait ce qu’il faut pour numériser. Quand c’était du A4 je pouvais le faire tout seul mais quand c’était une affiche, lui avait le matériel et produisait des fichiers de bien meilleure qualité que moi.

Pour trouver toutes ces ressources, qu’avez vous utilisé ?

Les brocantes, Emmaüs, solderies… quand j’allais voir les gens, dans l’entretien surgissait un nom, ça nous emmenait sur autre chose, ils me donnaient les coordonnées, j’appelais la personne, en disant qu’on m’a dit de l’appeler… par exemple pour tout ce qui concerne la musique traditionnelle, un volet très important en Deux-Sèvres, une musique que je ne connaissais pas du tou (je viens du rock et du punk donc les musiques trad ne me causaient pas tellement). À Parthenay, il y a l’UPCP-Métive (voir entretien 1/4), qui fait un travail patrimonial, d’archivage et de mémoire extraordinaire. J’y suis allé quelques fois chercher des documents, discuter avec les gens et trouver des trucs. Au départ mon projet c’était de faire les 4 départements. Et puis, en cours de route, ça a bifurqué.

Couvrir les quatre départements n’aurait-il pas représenté un travail énorme ?

Oui, mais travailler sur le long cours n’est pas quelque chose qui me gêne. Je suis quelqu’un de lent et qui travaille dans la durée, donc c‘est une méthode qui me convenait. J’avais commencé le volume de la Vienne, j’avais rédigé quatre-vingt pages, quelque chose comme ça, j’avais commencé les entretiens et c’est le moment où j’ai commencé à écrire les polars musicaux, qui ont pris le pas sur le travail documentaire, car les deux n’étaient pas compatibles en même temps.

Les Deux-Sèvres sont un territoire rural. Est-ce que cela a été aussi simple de travailler en territoire urbain que rural ? Est-ce que cela a pu avoir une incidence sur la capacité à trouver des sources, des personnes ?

Les Deux-Sèvres, il faut être conscient d’une chose : pour eux, la fac, c’est Poitiers. Les orchestres, quand ça démarre, soit tu en montes un au lycée, soit tu montes un groupe en rencontrant d’autres musiciens à la fac. Et donc, de toute façon ça passait beaucoup par Poitiers à cause de la fac. En général, les gens commencent au lycée, mais s’en vont à Poitiers à la fac pour faire des études et reviennent. Donc la dimension urbaine/rurale… en fait, je ne me suis pas posé cette question.

Professionnellement, je travaillais sur l’aménagement du territoire à cette époque. Mon boulot, c’était d’être l’interlocuteur des « pays ». C’était un échelon intermédiaire entre communautés de commune et départements : des rassemblements de communes et communautés de commune. Mon boulot était d’aider les pays a monter leur projet et de les accompagner dans différents domaines. Naturellement, je travaillais beaucoup sur l’histoire et ce qu’étaient les pays. Pour donner une idée, sur les Deux-Sèvres, il y avait, en gros, cinq pays : le pays Mellois, du bocage Bressuirais, la Gâtine, le Pays Thouarsais et Niort. Chacun de ces pays étaient très cohérents géographiquement et culturellement. Historiquement aussi. C’était quelque chose sur quoi j’avais déjà travaillé professionnellement.

Spontanément, c’est pas dit comme tel dans mon travail sur Micro Faunes, mais vous retrouverez l’échelle de ces pays. Donc à chaque fois, je traite la zone de la Gâtine ou de Parthenay, le bocage Bressuirais… j’essaie de voir comment ça bouge en parallèle. J’essaie aussi de voir les politiques culturelles des différents territoires – car mon boulot était de travailler avec les élus. J’ai essayé, dans le bouquin – c’était pas l’objectif principal mais ça m’intéressait quand même – de traiter aussi la différence d’approche sur les politiques culturelles de territoire. J’avais été très intéressé de voir que dans le Niortais ou en Gâtine, on avait des politiques quasi à l’opposé l’une de l’autre. C’est à dire qu’en Gâtine, à l’époque, il y avait un maire de Parthenay qui avait pour approche de favoriser l’éclosion des associations et de faire porter la culture par ces associations en les aidant financièrement. Donc il y avait un accompagnement, mais le territoire se développait autour d’associations qui organisaient par exemple, « Jazz en Gâtine »… toutes ces associations avaient des petits festivals, des choses comme ça.

A l’opposé, à Niort, on était sur quelque chose de très centralisé : la culture, c’était la ville de Niort. Les associations faisaient ce qu’elles pouvaient. Donc ça donnait des choses assez différentes dans la dynamique : par exemple des festivals à Parthenay mais pas à Niort. Ce qui m’intéressait, ce n’était donc pas le rural et l’urbain, mais la dimension territoriale des choses.

« Je ne te dis pas les dizaines de musiciens que j’ai rencontrés avec qui j’ai gardé des liens. C’est du bonheur, ces relations humaines nées à cette occasion. »

A titre personnel, que vous a apporté la réalisation de ce travail ?

De la confiance en moi sur le fait de pouvoir écrire des choses plus longues que des chansons. C’est pour ça qu’après je suis passé à l’exercice du bouquin de 350 pages et au polar musical. Mais le principal apport est humain, tous les gens que j’ai rencontrés… moi en ce moment, je fais de la musique avec Jacky le Poitevin et Michel Beaufils. Michel Beaufils, je ne le connaissais pas, je l’ai rencontré quand je l’ai interviewé. Je ne te dis pas les dizaines de musiciens que j’ai rencontrés avec qui j’ai gardé des liens. C’est du bonheur, ces relations humaines nées à cette occasion.

Y a-t-il eu des grandes évolutions ou évènements que vous avez pu noter en Deux-Sèvres, depuis la parution du livre ?

Je ne me suis pas trop posé la question… il y a une démultiplication du nombre d’artistes, de groupes, etc. J’avais continué après le bouquin à stocker infos, articles de journaux, disques, etc. et j’ai arrêté car c’était une folie ! Il y en aurait eu tous les jours… Dans le bouquin j’ai oublié plein de gens que j’ai découverts après. En même temps, c’est super, mais je sens complètement largué tellement il y a de choses… même musicalement je n’arrive pas a suivre… à partir des années deux-mille, ça explose…

Auriez-vous une explication sur la quantité d’artistes présents dans le département, au vu du nombre d’artistes que vous recensez dans le livre ?

C’est partout pareil. Ce livre n’est pas isolé dans son approche : souvent, les bouquins comme ça qui font un peu d’histoire sont soit axés sur le rock, soit axés sur une ville. Le premier que j’avais vu et qui m’avait donné un peu l’idée de creuser la question, c’était un bouquin qui était sorti sur le rock à Brest. C’est une ville ou il y a une vraie histoire musicale. Et après, il y en a eu plein qui sont sortis : rock à Rennes, rock a Lyon… c’est souvent sur le rock. La démarche de croiser toutes les musiques est un peu particulière dans ce que j’ai fait, car c’est quand même souvent sur les musiques électriques, chanson, rock… mais je crois qu’il y a de la vie partout, comme ça. Ma base de données, je l’avais faite en parallèle sur quatre départements. Elle est forcément moins complète sur les autres, mais c’est monstrueux quand même.
Par exemple, on parlait de mes sources : une réponse que je n’ai pas donnée, c’est les studios d’enregistrement ! J’ai fait le tour des studios parce que forcément, dans la création, à un moment il faut que ça sorte et donc que ce soit enregistré. À l’époque, là où on enregistrait, c’était dans les studios, pas chez soi. Dans les Deux-Sèvres, la particularité, c’est le courant de musiques trad. Forcément, si tu vas dans un milieu plus urbain, dans la Vienne par exemple, le coté rock est beaucoup plus prégnant que dans d’autres départements. En Charente, en revanche, il y avait beaucoup plus de jazz, car il y a eu un très gros festival de jazz qui a démarré à Angoulême dans les années soixante-dix, qui est devenu Musiques Métisses, par la suite. Le fait qu’il y ait eu ces choses-là, ça favorise certains courant musicaux plus que d’autres. Après, les groupes de rock de bahut, ça, il y en a partout…

Comment le livre vit-il aujourd’hui ? Comment imaginez-vous une suite à ce travail ?

Je n’imagine pas de suite, à titre personnel. Après, il peut y avoir d’autres gens que ça intéresse de faire d’autres choses…

L’éditeur n’existe plus, donc le livre n’est plus en vente dans les magasins. Le livre était diffusé par La Geste, et de toute façon c’est un livre qui ne se vend qu’en Deux-Sèvres… c’est une niche. Il ne se vend même qu’aux musiciens des Deux-Sèvres ou à leurs familles, ce qui n’est pas gênant en la matière. On en avait tiré mille exemplaires. Quand l’éditeur à arrêté de travailler, il y a trois ou quatre ans, il en restait entre cent et deux cents. Il m’a demandé si je voulais en racheter à vil prix donc j’en ai racheté une centaine, et je les vend à la fin des concerts, à vil prix également avec une petite marge quand même. Quand je n’en aurai plus à vendre, ce sera fini. Il y en aura peut être sur internet, d’occasion. Les gens qui m’en achètent, ce sont des musiciens, parce que ça leur cause, pas forcément parce qu’ils sont dedans, mais parce qu’ils connaissent des gens qui sont dedans… Donc des suites, non… il faut être vraiment organisé. Moi je ne me sentirais pas.

Mais le travail que j’ai fait, je l’utilise encore. Là, j’ai travaillé sur la revue « Le Picton » qui sort sur le Poitou-Charentes uniquement, et est une revue régionaliste. A l’été 2025, ils vont faire un numéro axé sur la musique, les productions musicales du Poitou-Charentes. Ils m’ont contacté, j’ai écrit deux ou trois articles, j’ai réutilisé du matériel que j’avais. Donc ce sont des choses comme ça, ponctuelles. Quand j’ai fait les articles pour « Le Picton », je suis retourné dans mes bases de données revoir ce que j’avais écrit sur tel groupe… je m’étais organisé de la manière suivante : un artiste = une fiche (numérique) sur laquelle je repère sa discographie, l’iconographie utilisable éventuellement puisque dans le cadre du bouquin, je devais la repérer. Et puis, je mets un peu d’analyse de la progression entre les disques, de ce qui est intéressant… En général, quand j’avais le temps, je faisais une rubrique analytique. Et après, j’ai la base données où il y a tous les artistes et j’ai un lien entre la base données des artistes et la fiche de l’artiste. Ce sont des choses anciennes, mais tu peux retrouver un nom d’artiste. Les interviews, il y en a que j’ai faites et pris des notes, d’autres que j’ai enregistrées, mais c’est sur cassette !

Pour chaque artiste, j’ai aussi un petite chemise où je mets les articles papiers, les articles de journaux, etc. Je me disais qu’un jour, il faudrait que je fasse un gros paquet de tout ça et je les donnerai aux archives départementales. Je pensais aux archives départementales, parce que c’est des endroits où je suis allé voir. Même quand je fais des recherches pour mes bouquins, je vais souvent aux archives départementales.

Cette interview s’inscrit dans le projet porté par le RIM :

« LES MUSIQUES ACTUELLES ONT DE LA MÉMOIRE ! »

4 témoignages autour des enjeux de transmission de la mémoire du secteur et de ses projets

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[ENTRETIEN] Gilles Castagnac • Mémoires du CIR et de l’IRMA

LES MUSIQUES ACTUELLES ONT DE LA MÉMOIRE !

ENTRETIEN 3/4

GILLES CASTAGNAC

DIRECTEUR DES MÉMOIRES DU CIR ET DE L’IRMA DE 1996 À 2020

miminettes micro interview

Cette interview s’inscrit dans le projet porté par le RIM :

« LES MUSIQUES ACTUELLES ONT DE LA MÉMOIRE ! »

4 témoignages autour des enjeux de transmission de la mémoire du secteur et de ses projets

« L’imagination, c’est de la mémoire fermentée. » Milan Kundera

Près de 45 ans après l’apparition du terme « Musiques Actuelles » et des années de structuration continue du secteur et des politiques publiques qui l’accompagnent, les enjeux de renouvellement, d’inclusion et de transmission apparaissent extrêmement forts au sein de ses structures. La mémoire du secteur (et de ses projets) constitue l’une des clés pour conserver la capacité d’impulser continuellement de nouvelles dynamiques collectives et les valeurs d’indépendance, d’éducation populaire et de défense de la diversité qui lui ont permis de se développer.

Afin d’aborder ce sujet et la manière dont il interroge ou peut servir les pratiques des acteurs des Musiques Actuelles, nous avons choisi d’interroger quatre personnes, qui ont travaillé sur ces enjeux de mémoire (conservation, valorisation, patrimonialisation, …) ou bien les ont traversés tout au long de leur carrière, « en faisant ».

Entretiens réalisés par Emma Roche, en Service Civique au RIM, en début 2025

Stéphanie Coulais - Crédit photo Doume

GILLES CASTAGNAC

Personnalité historique des Mémoires du CIR et de l’IRMA, directeur général de 1996 à 2020, journaliste et l’un des principaux dirigeants du secteur associatif de l’industrie musical français, Gilles Castagnac nous présente la structure et ses enjeux.

Pouvez-vous nous présenter les Mémoires du CIR et de l’IRMA ? (Les personnes, le collectif, les moyens) ?

C’est une initiative qui remonte à la fin de l’IRMA, qui a un moment donné, considère que son actif et sa mémoire doivent être conservés, et donc préconise la création d’une association (MCI) pour organiser cette mémorisation, et notamment la conservation de toute la documentation qui avait été réunie durant les 30 années qu’ont durée l’IRMA. Ce sont des docs relativement uniques et surtout classés qui ont fait la preuve de leur utilité (puisqu’ils étaient utilisés au quotidien par les acteurs). Donc, déjà il y a une base documentaire qui faisait (car on a encore fait du tri) quelque chose comme trente mètres cubes, si je ne dis pas de bêtises. Et à partir de là, la vocation de cette association qui est montée par des bénévoles, c’est toute opération possible qui peut aller dans le sens de l’outillage de la mémoire par et pour les acteurs. Et je dis bien « par les acteurs », c’est a dire qu’il il y a une démarche volontariste dans le sens où il s’agit de ne pas se faire voler son histoire par d’autres, d’où l’importance des témoignages par exemple. Ça prend des tas de formes, il y a des tas d’opérations qui ont pu être faites, notamment des frises chronologiques, qui sont peut-être ce qu’il y a de plus visible dans ce qu’on a fait. Sur la Nouvelle-Aquitaine, mais on l’a fait aussi au niveau national qui sont en complément, ou d’autres qu’on a faites avec la FEDELIMA, sur les politiques publiques, etc.

C’est aussi à un moment donné, de pouvoir recréer un peu de matière sur des évènements qui ont été important. Je ne sais pas si « L’agence des lieux musicaux » t’évoque quelque chose, mais les trois quarts des SMAC ont à un moment donné été aidées par cette structure, qui a existé dans les années quatre-ving-dix ou quatre-vingt-quinze pour faire court, et qui fait qu’aujourd’hui on a sur l’ensemble du territoire des salles qui fonctionnent et sont adaptées. Et donc la genèse de cette agence qui est quelque chose de quand même assez atypique dans les politiques culturelles, ça a été une initiative où à un moment donné, le ministère a mis à disposition du personnel pour les collectivités territoriales (un accompagnement sur le fait de faire émerger un projet commun, qui soit entendable et relativement particulier). La genèse de l’agence c’est quelque chose qu’on a complètement oublié, on a pu faire des plateaux pour faire intervenir les acteurs de l’époque, pourquoi ils ont pris les décisions, comment ils fonctionnaient, etc. Il y a plein d’initiatives possibles, et aussi une volonté de mutualisation. On est à une période où la question de la mémoire commence à intéresser puisqu’il y a toute une génération qui est en mesure de se retourner vers son passé. Mais où même au-delà de ça, il y a un syndrome d’initiatives qui existe (toutes formes confondues, universitaires ou autre) et elles sont très peu fédérées, ou très peu à se nourrir les unes les autres, ou à se constituer a un moment donné une logique culturelle. Et donc cette volonté de mettre en réseau, de partager ça, fait aussi partie de l’ADN de MCI.

Je ne sais pas combien il y a d’adhérents aujourd’hui, mais il y a de toute façon une équipe d’une dizaine de personnes qui sont « au quotidien » à son activité, il y a un peu plus de monde qui est concerné. On a eu des locaux a un moment donné à Montreuil, on va en reprendre prochainement (mais bon, tout ça c’est des points importants donc c’est pas tout les jours évidents et pas forcément simple à entretenir). Et puis, on répond à des appels d’offres, d’où le fait qu’on ait répondu à un appel d’offre « Cultures Collectées » sur la région Aquitaine, et qu’ont ait monté ce projet « Musiques Actuelles et Nouvelle-Aquitaine, toute une histoire », qu’on mène depuis maintenant deux ans, qui a abouti à la frise et qui va bientôt produire des podcasts qu’on est en train de réaliser.

Donc, vous êtes encore sur ce travail (Musiques Actuelles et Nouvelle-Aquitaine, tout une histoire) ?

Oui. C’est un échéancier à trois ans, on est un peu en retard. Ça nous a permis de voir qu’il y a énormément d’initiatives sur la Nouvelle-Aquitaine, mais qui sont très ponctuelles, ce qui fait que chacun fait un petit peu son truc dans son coin à un moment donné, mais qu’en fait il y a assez peu de valorisation des uns avec les autres. Par exemple, justement, dans le cadre de « Cultures Collectées », un documentaire fait par LMA sur sa création qui est super intéressant, puis il y a aussi eu des velléités de constituer des lieux de mémorisation de la scène dans différents départements où, l’air de rien, les gens ont commencé à amasser des docs, il y a eu des appels à projets, ils envoient des affiches, et puis à un moment donné il y a une dynamique qui fait que ça s’assemble, puis la dynamique s’éteint, et ça disparaît. Et donc voilà, on est un peu sur quelque chose qui manque d’une pérennité.

Pour vos actions sur le long terme, et les sujets de travail du moment, vous parliez de ce projet sur la Nouvelle-Aquitaine.
Avez-vous d’autres projets actuels ? 

Oui, le projet à long terme, c’est de créer une « Mnémothèque ». Donc un lieu qui soit vivant d’accueil pour les chercheurs, pour héberger des expos, organiser des débats, entretenir cette documentation, ce type de choses. Mais pareil, cela demande des moyens.

Globalement, à quels enjeux et besoins répond le MCI ?

Sans même parler de patrimoine, ne serait-ce qu’en parlant de mémoire, il n’y a quasiment rien. C’est pas une attitude habituelle dans le secteur, sauf que maintenant, il est suffisamment âgé et mûr pour se le poser. Non pas qu’il faille le faire, c’est simplement que les acteurs et les actrices eux-mêmes sont en situation de commencer à le faire. Ceux des musiques traditionnelles depuis très longtemps, car c’est d’une certaine manière leur vocation, mais les autres aussi. Et en fait, quand tu racontes ces histoires, tu comprends beaucoup mieux le présent. C’est aussi ça le truc, c’est de transmettre les valeurs qui ont animés les gens, ce qu’il en reste, pourquoi ils ont fait ça, comment, etc.

Qui sont les membres du MCI ? Leurs parcours sont-ils en commun ou en lien avec le secteur des Musiques Actuelles ?

La présidente est Marie-José Sallaber, qui a été la directrice adjointe de l’IRMA, le trésorier est Fabrice Borit qui a longtemps animé le CIR Auvergne et qui est aujourd’hui au CNM (Centre National de la Musique) et s’occupe des territoires. Le secrétaire est Jean-Noël Bigotti, qui était encore récemment le coordinateur de la FRACAMA, et qui avait une double casquette puisqu’il était en même temps sur une structure liée à l’emploi culturel, et qui est maintenant beaucoup plus sur cette partie là. C’est ce type de personnes qu’on peut retrouver au sein de l’association. Il y a aussi des universitaires.

En fait, comme vous disiez, il y a pas mal de profils différents qui participent.

Oui, c’est plus facile, ce sont des gens qui se connaissent ou se sont connus à des époques parce qu’ils ont bossé ensemble, ils ont été sur les mêmes sujets, etc.

Quels sont les moyens et outils de la structure ?

Quand l’IRMA a disparu, elle a affectée une subvention un peu testamentaire à la structure, ce qui a permis de démarrer. Sinon, ce sont les cotisations, les dons, les réponses aux appels d’offre qui font que certains projets sont aidés, et ça permet leur réalisation.

« […] il y a un syndrome d’initiatives qui existe (toutes formes confondues, universitaires ou autre) et elles sont très peu fédérées, ou très peu à se nourrir les unes les autres, ou à se constituer a un moment donné une logique culturelle. Et donc cette volonté de mettre en réseau, de partager ça, fait aussi partie de l’ADN de MCI. »

Par rapport aux projets du MCI en général : quels sont ses besoins ?
Il y en a-t-il de construire de nouveaux liens avec les projets des Musiques Actuelles ?

Ce n’est pas tant un besoin pour nous que pour le secteur lui-même. Nous, notre volonté, c’est d’amener des outils pour que cette transmission mémorielle puisse se faire par les acteurs eux-même. Donc là, ce qu’on fait en Nouvelle-Aquitaine, a vocation à être transmis aux acteurs pour qu’il prolongent l’histoire. On a débroussaillé un truc, on l’a mis en place, ne serait-ce que de répertorier un certain nombre de documentaires qui ont été faits sur la région sur ces questions là, une fois que la base de données est constituée, elle est commune, tout le monde peut s’y référer, la compléter et tutti quanti.

Donc, ce serait un peu plus ces porteurs de projets qui auraient besoin d’aide que vous ?

C’est pas tant un besoin d’aide que de mettre en place des outils qui peuvent à un moment durer dans le temps. C’est toujours la même chose : c’est-à-dire que, il peut y avoir des velléités et des initiatives, et chacun fait un truc une fois dans son coin et puis il y en a un autre qui fait la même chose un peu plus loin ou à un moment donné, tu regardes l’ensemble de ces volontés et tu les mets ensemble. Et là, tu obtiens beaucoup plus de résultats. On va dire que cette logique là, aujourd’hui, peut s’appliquer aux questions patrimoniales dans le domaine des musiques populaires.

Quel genre de contribution vous intéresse particulièrement dans le réseau ?

Pour les frises, on est allées interviewer des gens. Pour les faire, on connaît et on identifie relativement facilement parce que on y a participé, on a été appliqués, on dresse assez rapidement une liste de 150 acteurs et actrices de la région (en commençant dans les années soixante) qui eux-mêmes nous disent « mais n’oubliez pas X ou Y » parce que il a été important, il a fait ceci, il a fait cela… donc là, tu te construis une base de données d’acteurs reconnus, y compris des gens qui ont disparu. On les a interrogés de manière collective par un questionnaire, sur les évènements qui, selon eux, ont marqué l’histoire de la structuration des Musiques Actuelles en Nouvelle-Aquitaine. Et on a obtenu comme ça plus d’une cinquantaine de réponses assez étoffées. Et ensuite, on est retournés vers les gens pour leur faire préciser les choses en sachant qu’on en connaissait déjà un certain nombre. La frise soixante-quatorze items, avec cette volonté au passage d’essayer de balayer tout les sujets. C’est à dire qu’il y a peut-être des choses qui peuvent apparaître plus anecdotiques que d’autres, mais par rapport à la question qu’elles soulèvent, elles sont relativement symboliques. Donc évidemment, tout le monde va penser à l’ouverture des lieux, mais il n’y a pas que ça. Ça va beaucoup plus loin que simplement l’ouverture des lieux, mais c’est vrai que c’est ce qu’il y a de plus visible.

Est-ce qu’il y a encore aujourd’hui des personnes qui contribuent et complètent ces frises en ligne ?

Oui, ce n’est pas très quotidien, mais l’idée c’est de la rendre malléable, donc il y a les réactions pour les compléter, les alimenter et en faire d’autres. En plus, il pourrait y en avoir dans toutes les régions, il peut y en avoir dans tous les thèmes… la FEDELIMA a pris l’initiative après notre collaboration sur les politiques culturelles d’essayer d’en faire une sur tous leurs lieux. Je ne sais pas où ils en sont, on m’a dit que c’est un boulot beaucoup plus important que ce qu’ils pensaient au départ : qu’est ce qui permet de caractériser l’ouverture d’un lieu ? Est-ce que c’est sa date d’inauguration, son premier concert ? Cela soulève à chaque fois pleins de débats qui font que ce n’est pas si simple de créer un truc.

Comment envisagez-vous que les acteurs se saisissent de ce travail de patrimonialisation, et comment pouvez-vous aider ces projets ?

Il y a deux choses : ce que eux font déjà eux-mêmes, et ils en font plein. C’est à dire qu’il n’y a pas aujourd’hui une grande ville de France avec une scène importante, qui n’aie pas sa page Facebook de souvenirs, où chacun va poster par exemple une affiche de tel concert à tel endroit, ça il y a en a partout, mais il y a aussi des initiatives de type « PINK » (Punk Is Not Dead), des recherches universitaires sur le mouvement punk en France. Elles se caractérisent à chaque fois par des éléments symboliques. Quand les Béruriers Noirs mettent leur archives à la Bibliothèque Nationale, c’est quand même assez significatif d’une volonté de ce milieu de faire valoir sa mémoire. Donc il y a ça, et puis nous ce qu’on produit, on veut que ce soit partageable avec d’autres.

Comment envisagez vous la durabilité de ce travail au sein de MCI ?

Si c’est la durabilité de notre travail à nous en tant qu’animateurs du truc, c’est très aléatoire. Le bénévolat fait que ça durera ce que ça durera en fonction des disponibilités de chacun, de ceux qui nous rejoignent etc.… donc ça tourne et ça peut disparaître à tout moment. Quant à ce qu’on produit, c’est de faire des choses qui peuvent rester, être disponibles en tant que ressources. L’un des principaux lieux d’archivage dont on connaît la nature pérenne, (parce que contrairement a ce qu’on peut penser, le net n’a pas de mémoire, enfin très peu), c’est Wikipédia. On est en phase de collaboration avec la fondation Wikipédia, parce que à un moment donné, dans sa définition même, le projet Wiki contient le fait de dire que ce qu’on construit doit pouvoir survivre quelles que soient les évolutions technologiques. Et ça, c’est un grand pari. Si tu prends justement dans la musique, tout ce qui était de l’ordre de l’analogique a disparu par rapport au numérique, si ce n’est pas numérisé. Là il y a peut-être des besoins de numérisation, mais au-delà de ça, de formalisation dans les endroits de mémoires. Donc travailler avec la BNF est une autre chose, travailler avec le comité d’histoire du ministère de la culture est peut-être une autre perspective, etc.
C’est vrai que nous, ce sur quoi on travaille, pour parler de MCI, ce n’est pas forcément prioritairement l’aspect artistique au sens « enregistrement », même si notre volonté sera d’être en relation avec ces initiatives. Mais en grande partie, notre savoir-faire porte sur l’analyse de la structuration, des organisations. C’est là-dessus qu’on peut produire de la manière la plus originale et légitime venons de nous des choses qui sont appelées à rester.

« Nous, notre volonté, c’est d’amener des outils pour que cette transmission mémorielle puisse se faire par les acteurs eux-même. »

Est-ce qu’il y un sujet que nous n’avons pas abordé qui vous tienne à cœur d’évoquer ?
Avez-vous un message à faire passer aux acteurs de la musique en région ?

Absolument. Nous ce qu’on fait sur le projet Nouvelle-Aquitaine (et on l’a présenté à des Route du RIM pour ça) c’est bien de constituer des outils dont l’objectif est qu’il soit ensuite repris par les acteurs de la région. Dont on constate qu’ils construisent des trucs, mais il manque certainement une volonté de continuité et de coordination de tout ça. Une fois qu’on a fini notre projet, on va partir sur d’autres choses. On aura mis à disposition un certain nombre de trucs, et je pense que le RIM devrait se poser effectivement la question d’encourager d’une manière ou d’une autre cette patrimonialisation, sachant en plus qu’en terme d’opportunité de subvention d’aides, c’est un secteur qui pour l’instant, n’a pas encore été défriché, et qui va peut-être moins être dévitalisé que les autres en terme d’argent. Donc il y a certainement moyen de construire quelque chose de ce côté-là.

Vous dites qu’il y a des projets en Nouvelle-Aquitaine auxquels il manque des éléments, à quels genres de projets faites-vous référence ?

Par exemple il y a des initiatives qui ont duré un an, et ça s’est perdu. C’est très dommage, on a été rechercher des trucs, on les a retrouvés, mais ils sont mis nulle part. Il ne s’agit pas de tout refaire… quand je parle des documentaires, simplement la liste des 10-15 documentaires faits sur la région y compris sur le Poitou-Charentes, ce qui a été fait sur les bars musicaux par exemple (« Au bar et cætera »). c’est génial. Mais je ne pense pas qu’il aie été diffusé encore dernièrement, alors qu’il y a des sous qui ont été mis. Est-ce qu’on ne peut pas imaginer qu’il y ait sur le site du RIM un truc tout simple qui serait le répertoire de toutes les initiatives ? Simplement, on sait que c’est là, et puis chacun rajoute quelque chose. Et en fait, si tu veux, pour te décrire la clé de tout ce que je suis en train de te raconter, c’est ce qu’il s’est passé il y a quarante ans quand on a créé « L’officiel de la Musique », qui était l’annuaire des acteurs, l’action centrale du CIR et de l’IRMA c’était de faire en sorte de mettre à un endroit ce que les gens mettaient des années et des années à chercher à droite à gauche. Et c’est pareil pour les chercheurs, répertorier tout ce qui est en terme de recherche universitaire sur toutes ces thématiques là, on peut avoir les outils communs, faire gagner du temps à tout le monde.

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[ENTRETIEN] Stéphanie Coulais • Le CERDO

LES MUSIQUES ACTUELLES ONT DE LA MÉMOIRE !

ENTRETIEN 1/4

STÉPHANIE COULAIS

CODIRECTRICE DE L’UPCP-MÉTIVE, EN CHARGE DU CENTRE D’ÉTUDES,
DE RECHERCHE ET DE DOCUMENTATION SUR L’ORALITÉ (CERDO), PARTHENAY

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« L’imagination, c’est de la mémoire fermentée. » Milan Kundera

Près de 45 ans après l’apparition du terme « Musiques Actuelles » et des années de structuration continue du secteur et des politiques publiques qui l’accompagnent, les enjeux de renouvellement, d’inclusion et de transmission apparaissent extrêmement forts au sein de ses structures. La mémoire du secteur (et de ses projets) constitue l’une des clés pour conserver la capacité d’impulser continuellement de nouvelles dynamiques collectives et les valeurs d’indépendance, d’éducation populaire et de défense de la diversité qui lui ont permis de se développer.

Afin d’aborder ce sujet et la manière dont il interroge ou peut servir les pratiques des acteurs des Musiques Actuelles, nous avons choisi d’interroger quatre personnes, qui ont travaillé sur ces enjeux de mémoire (conservation, valorisation, patrimonialisation, …) ou bien les ont traversés tout au long de leur carrière, « en faisant ».

Entretiens réalisés par Emma Roche, en Service Civique au RIM, en début 2025

Stéphanie Coulais - Crédit photo Doume

STÉPHANIE COULAIS

Stéphanie Coulais occupe le poste de Codirectrice à l’UPCP-Métive, en charge du Centre d’Études, de Recherche et de Documentation sur l’Oralité (CERDO) à Parthenay.

Le CERDO est l’un des projets de l’UPCP-Métive : pouvez-vous d’abord nous expliquer ce qu’est l’UPCP ?

L’UPCP-Métive est une association qui s’est crée en 1969 dans l’idée de la nécessité de la sauvegarde, la transmission et la valorisation de la culture orale, rurale et régionale. Circonscrire le territoire : c’est lié à un territoire culturel qui correspond à l’ancien Poitou (la Vendée, les Deux-sèvres, la Vienne et les Charentes). Ces cinq départements qui constituent l’ensemble culturel relatif à la culture Poitevine-Saintongeaise. C’est aussi lié à la langue régionale, c’est comme ça qu’on définit les limites de ce territoire-là. Fin des années soixante, des gens se disent que c’est extrêmement important de sauvegarder cette mémoire-là, cette culture qui est amenée a disparaître si on n’en prend pas soin et si on ne se soucie pas de la transmettre. Ça s’est fait d’abord au sein d’associations réparties sur tout le territoire, qui se sont approprié les chants, les musiques, les savoir-faire et toutes les connaissances liées aux connaissances et pratiques orales du territoire. Pour approfondir tout ça, ils sont allés à la rencontre des habitants du territoire pour leur demander quels sont ou quels ont été leurs modes de vie, leurs connaissances sur telle ou telle thématique. Et pour en garder une trace, ils ont réalisé des enregistrements. C’est l’apparition des enregistreurs portatifs, analogiques, cassettes, bandes… c’est aussi le développement des films, caméras Super 8 et autres formats, donc ça devenait un peu plus facile de fixer cette mémoire-là qui, avant, n’avait pas été tant que ça prise en compte, ou en tout cas dévalorisée.

Cette démarche-là est au centre de ce qu’est l’UPCP-Métive aujourd’hui. Là, on parle de gens qui se sont réunis en association, se sont structurés pour faire ces démarches de sauvegarde et de transmission. Ce faisant, ils se sont organisé et ont oeuvré dans un esprit d’éducation populaire. Des choses d’envergure se sont créées : des spectacles, des choses qui ont pu tourner jusqu’à l’étranger, des échanges avec des groupes et des pays étrangers… Donc au sein de cette UPCP naissante dans les premières années, il y a pu avoir cette démarche-là où des gens se sont professionnalisés ou ont acquis une expérience qui leur a donné une légitimité artistique, de création, d’interprétation, de recherche technique. Ça a donné naissance à beaucoup de professionnalisation dans le domaine de la régie technique, son, lumière etc. L’UPCP s’est structurée, elle s’est d’abord trouvée dans le sud Deux-Sèvres, dans un lieu appelé « Les Ruralies », en lien avec un musée lié à la ruralité et le machinisme agricole, sur une aire d’autoroute. Elle est ensuite arrivée en 1993 à Parthenay sur la volonté de la municipalité de l’époque, et en dégageant beaucoup de fonds européens du Ministère, de la Région, de la Ville aussi, pour que l’UPCP soit accueillie à Parthenay en tant que tête de réseau d’un ensemble d’associations réparties sur tout le territoire. Cela dit, bien que ce soit une union – même si aujourd’hui l’UPCP est identifiée à Parthenay – il s’agit bien d’un réseau d’associations réparti sur les cinq départements.

Donc aujourd’hui, l’UPCP, c’est en même temps des actions dans le domaine de la création-diffusion, avec la mise en place d’un festival qui existe depuis trente-sept ans (le festival De Bouche à Oreille qui a lieu chaque année, hormis exceptionnellement l’année dernière et l’année du Covid). C’est un festival d’inspiration traditionnelle mais qui met en avant des esthétiques diverses. C’est un lieu de rencontre de toutes ces esthétiques qui s’appuient sur les musiques, chants et danses de tradition orale. C’est l’une des vitrines les plus visibles. Il y a également une saison qui se déroule à Parthenay et ça peut être avec les associations du réseau. On est en train d’écrire notre projet actuellement et cette saison on va d’ailleurs essayer de le construire de plus en plus avec les acteurs du réseau, donc de moins se trouver sur Parthenay. Cette saison se construit avec d’autres réseaux associatifs, mais aussi d’autres acteurs culturels. Ça peut être Diff’art à Parthenay, l’association « Ah », Le Nombril du Monde à Pougne-Hérisson pour les plus proches localement, mais pas que. On accueille aussi beaucoup de résidences d’artistes : on a un lieu qui est propice à cela, puisqu’on a une salle de spectacle qui permet de faire des sorties de résidence et un équipement dans lequel se trouve aussi le CERDO où les artistes en résidence peuvent venir chercher de la matière pour leurs créations.

Un autre volet important, c’est la transmission qui inclut la formation et l’éducation artistique et culturelle. Nous portons une formation de formateurs qui peut s’adresser à la danse traditionnelle, alors que dans ce domaine, il n’y a pas de lieu d’enseignement reconnu avec diplôme à la clé qui permet d’avoir une reconnaissance de compétences de transmission en danse traditionnelle. Ce n’est pas le cas pour la musique : là il y a des lieux qui le sont. Là, on va mettre une formation en place autour de la « musique verte ». C’est tout ce que l’on peut fabriquer comme matériel à partir d’éléments végétaux, que l’on trouve autour de soi. Cela peut être autour de la langue régionale, également, qui se développe de plus en plus. On est en lien avec l’Université de Poitiers à ce sujet. En éducation artistique et culturelle : on a un catalogue que l’on a réactualisé pour l’année scolaire. On occupe un lieu qui est la « Maison des Cultures de Pays », qui est un bâtiment municipal mis à disposition par la ville de Parthenay et qu’on partage avec le Musée d’Arts et d’Histoire de Parthenay. Avec la ville, nous avons en charge la co-gestion de ce lieu. Je parlais d’une salle de spectacles : elle est équipée au niveau éclairages et lumières et permet d’avoir des propositions de spectacles, de résidences… Ce lieu est également occupé par d’autres acteurs culturels du territoire. Nous avons la gestion au niveau de la régie, notre régisseur est mis à disposition des différents usagers de cet espace-là.

En quoi consiste le CERDO aujourd’hui ?

Le CERDO est le centre de ressources de l’UPCP-Métive (Centre d’Etudes, de Recherches et de Documentation sur l’Oralité), et nous accueillons l’ensemble des fonds qui ont été réalisés par les associations du réseau, ou par l’UPCP en tant que telle.

Ces fonds d’archives sont composés d’enregistrements sonores, audiovisuels, de documentation papier, d’iconographie… et cela depuis la fin des années soixante, ce qui nous amène à mettre en place un travail de numérisation pour les documents de cette époque-là, puisqu’ils sont enregistrés sur des supports qui nécessitent d’être numérisés si on veut pouvoir les consulter aujourd’hui. Nous organisons la gestion de ces documents, la numérisation et le traitement documentaire, qui consiste à prendre connaissance de façon très fine de ces documents : c’est à dire les écouter, les regarder, les décrire de façon très fine, pour pouvoir ensuite accéder au contenu et savoir dire quels sont les contenus et les thématiques que l’on va pouvoir trouver sur tel ou tel document.

Les répertoires de musiques, chants, danses, contes traditionnels constituent 70% du contenu. Dans ce qui reste, on va trouver des témoignages sur des savoir-faire, sur des métiers, des coutumes, des mythes, des légendes, des choses très pragmatiques de la vie quotidienne dans le monde rural, la cuisine, l’éducation, la vie des femmes, les rapports entre les femmes, les hommes, les différentes catégories sociales… Cela aborde tout un tas de sujets qui peuvent toucher aussi les sciences humaines et sociales et de manière transversale la question de la langue. Ces témoignages peuvent être emprunts de langue régionale que l’on nomme le « Parlanjhe » ou « Poitevin Saintongeais », ou « Patois » (mais qui n’est pas un terme très valorisant, c’est pour ça que l’on ne l’utilise pas beaucoup). Par rapport au CERDO et toute cette chaîne documentaire que j’ai décrite de la numérisation et de la valorisation, nous ne sommes pas seuls à l’avoir travaillée et mise en place : ça s’est fait depuis plusieurs décennies. Quand rien n’existait dans ce domaine, on a travaillé avec d’autres acteurs répartis sur tout le territoire. Nous sommes une petite dizaine d’acteurs sur le territoire. Nous sommes aussi en lien avec la Bibliothèque Nationale de France.

Tout ça pour dire que le travail qu’on mène, ce n’est pas une méthode qu’on applique au CERDO de façon isolée. C’est quelque chose qui est réfléchi et construit avec d’autres acteurs du territoire et qui a une valeur auprès de ces autres acteurs, notamment des institutions telles que la BNF (Bibliothèque Nationale de France).

En terme de valorisation, ce qu’on décrit, on le met en ligne via notre base de données (cerdo.fr). C’est une base de données sur laquelle on peut faire des recherches brutes, où l’on va retrouver les enquêtes ethnographiques dont j’ai déjà parlé. C’est brut, dans le sens où il y a toutes les caractéristiques de ces enquêtes : ça peut être des hésitations, des enregistrements de qualité plus ou moins bonnes, des personnes qui font appel à leur mémoire et qui ont du mal à la retrouver, ce sont des personnes âgées, dont parfois des musiciens. Les doigts sont un peu rouillés, les instruments pas toujours accordés… C’est une matière qui est brute, que l’on organise en outil, de sorte à pouvoir la proposer facilement en accès à nos usagers.

Comment s’inscrit le CERDO dans le projet plus global de l’UPCP-Métive ?

Quelque part, le CERDO est aujourd’hui au cœur des activités de l’UPCP. Il va nourrir la création artistique, les supports utilisés par les formateurs en musique et danse traditionnelle, qu’il s’agisse de formateurs qui se trouvent en école de musique ou en conservatoire, dans des ateliers organisés par nos associations du réseau ou même en dehors. À Poitiers par exemple, il y a des cours d’accordéon diatonique ou d’instruments traditionnels qui sont donnés indépendamment de l’UPCP. Donc c‘est au cœur des missions principales de l’UPCP-Métive, dans le sens ou ça nourrit la transmission et la valorisation. Ça permet aussi de nourrir les actions qui émanent directement du CERDO, à savoir les dossiers thématiques en ligne, mais également les expositions ou des colloques qu’on met en place, sur des thématiques variées.

Comment le fonds documentaire s’est-il constitué et structuré au CERDO ?

Je peux peut-être préciser une chose : l’UPCP existe depuis 1969. Elle est arrivée à Parthenay en 1993 et le CERDO est arrivé plus tard, en 1994, parce que les premières collectes ethnographiques, lorsqu’elles ont été réalisées, n’ont pas été constituées dans l’idée de créer un fonds documentaire à proprement parler. Les gens sont allés enregistrer les « anciens » pour récolter leur savoir et le réutiliser immédiatement. L’idée, c’était d’apprendre une musique, par exemple un air. On va le récolter auprès d’un ancien, on l’apprend tout de suite pour le réinjecter dans un spectacle ou dans des répertoires qu’on s’enseigne et qu’on joue les uns avec les autres, mais pas du tout dans l’idée de se dire « on va faire un centre de ressources et les gens iront ensuite puiser dans ce centre de ressources ». D’ailleurs, concernant les premières collectes qui ont été faites, souvent, une fois le dépouillement effectué (c’est à dire que les notes ont été relevées et que les gens ont mémorisé les airs), les gens réenregistraient par dessus d’autres enquêtes, ce qui aujourd’hui est un scandale absolu quand on parle d’enquête ethnographique. Il n’y avait pas cette idée de dire que les collectes finiraient dans un centre de ressources documentaires.

C’est ensuite, une fois que l’ampleur de la documentation qui a été réalisée a été perçue, que les gens de l’UPCP se sont dit qu’il fallait créer un outil qui rassemble toute cette matière au sein de l’association. C’est là que le CERDO s’est créé.

Et donc, quelles sont les premières ressources que vous avez rassemblées pour commencer ?

Ce sont les enquêtes ethnographiques qui ont été réalisées auprès des habitants du territoire sur leur savoir en général. Je parle d’une chose qui revient souvent. La méthode pour aller à la rencontre de ces gens s’est beaucoup faite au cours de stages « OSTOP». Acronyme qui veut dire « Opération Sauvetage de la Tradition Orale Paysanne ».
Le fait même de parler d’ « opération de sauvetage » ça donne un peu l’envergure de la démarche : il y a une notion d’urgence et une mort certaine qui opérera si rien n’est fait. Donc l’idée, c’était de créer ces stages souvent qui se déroulaient durant les vacances de février, encadrés par l’UPCP et des gens aguerris à l’ethnographie.

Il y avait notamment un ethnologue régional, Michel Valière, qui est l’un des deux fondateurs de l’UPCP-Métive (UPCP, à l’époque) avec André Pacher. Ensemble, ils ont formé des équipes de jeunes qui allaient sur tout le territoire, accueillies à chaque fois par des associations locales. Pendant une semaine, les groupes se déployaient et allaient à la rencontre des habitants, pour les enregistrer et réaliser ces enquêtes ethnographiques. Souvent, cela se terminait par une veillée dans la commune la plus grosse du canton, où on rassemblait les différentes personnes qui avaient été enregistrées. Le tout donnait lieu donnait finalement lieu à d’autres enregistrements. C’est à ce moment-là, en général, qu’on filmait pour en agrder des traces. Voilà comment cela se déroulait. Ça donnait encore lieu à d’autres enregistrements. C’est à dire que les stages permettaient de découvrir en quelque sorte ce qu’on appelle des « informateurs ». Ensuite, des gens un petit peu plus aguerris retournaient les voir pour continuer les enquêtes et obtenir un maximum d’informations.

Comment la création du CERDO a-t-elle été reçue ?

Photo CERDO Parthenay par S. Coulais

Je ne peux que supposer car je n’étais pas là à ce moment-là, mais je pense qu’elle a été reçue comme un soulagement. Les associations et les gens (car il y a eu des enquêtes faites par des particuliers) n’avaient pas pour but de garder les enquêtes qu’ils réalisaient. Comme je l’ai déjà dit à plusieurs reprises, c’était vraiment dans l’idée d’avoir une trace, pour ensuite s’approprier les répertoires et les réinjecter dans leur activité. Or, le fait d’avoir des cassettes, des bandes, des photos, ça générait une documentation qu’ils n’avaient pas forcément les moyens de gérer correctement. Ça leur permettait de se décharger de cette responsabilité-là et d’avoir un lieu avec, à la fois, l’espace pour, les compétences et du personnel salarié (car ce sont des bénévoles, dans les associations du réseau) pour s’occuper de ces enregistrements. Je pense donc qu’elle n’a pu être que chaleureusement accueillie.

L’approvisionnement en nouvelle documentation est-il continuel ou périodique ?
L’UPCP est-elle en recherche permanente de nouveaux documents ?

Alors effectivement, on est plus du tout sur le même processus de collecte aujourd’hui. Car ce dont je parlais avec les opérations de sauvetage, c’est vraiment quelque chose qui se faisait en masse et de façon systématique, surtout. D’une part, parce qu’on ne cherche plus la même chose et qu’on n’a plus les mêmes ressources sur le territoire en terme d’anthropologie. Là aussi, on n’a plus forcément les informateurs qui pourraient nous livrer des chansons des répertoires de musiques traditionnelles.
En revanche, on fait des collectes avec les projets qu’on anime.
Par exemple, nous avons depuis quelques temps mis en place un projet, qui est une mallette pédagogique numérique de la culture Poitevine-Saintongeaise. Le premier volet est sur la langue/culture Poitevine-Saintongeaise sur laquelle mon collègue médiateur a travaillé, a rassemblé de la documentation et des ressources pour créer un outil qui soit actuel, dans les usages de transmission de la langue. Pour ce faire, il est allé à la rencontre de locuteurs et les a enregistrés. On est ici à la fois sur un processus de collecte et de valorisation.. On peut dire quand même qu’il y a des enquêtes qui continuent à être menées, toujours avec un projet en ligne de mire. C’est la condition aujourd’hui : c’est à dire qu’on ne fait pas de la collecte pour la collecte, on le fait parce qu’il y a un projet derrière.

Je précise aussi que les collectes anciennes ont été faites par des associations ou des particuliers. Ils étaient bénévoles. L’UPCP, avec son équipe permanente n’a jamais eu pour mission de réaliser des collectes. Elle a pour mission de s’en occuper, de les sauvegarder et de les valoriser. Aujourd’hui quand l’UPCP en tant que telle fait de la collecte, c’est toujours en lien avec un projet actuel. Mais on a pour ambition, cela pourrait rentrer dans la formation de formateurs, de continuer la formation au collectage (on a déjà fait ça l’année dernière avec un stage d’initiation au collectage) pour que les gens dans les associations du réseau ou sur le territoire puissent avoir des moyens en terme de connaissance. On peut aussi mettre à disposition du matériel pour que les gens aillent réaliser des collectes.

« On considère que la culture régionale, orale, le patrimoine culturel immatériel est un bien commun et collectif. On se doit de le protéger et de le transmettre pour continuer à le faire vivre. »

Par rapport à ce travail de valorisation de fonds, et à son utilité : quelles sont les raisons de sa création ?

On considère que la culture régionale, orale, le patrimoine culturel immatériel est un bien commun et collectif. On se doit de le protéger et de le transmettre pour continuer à le faire vivre. On considère que les droits liés à sa propre culture sont des droits qui n’ont pas à être remis en question et qu’on se doit de participer à la transmission de la culture régionale, parce que c’est indispensable de savoir d’où on vient pour savoir où on va. C’est indispensable, on continue à le dire, de connaître ses racines, les particularités et connaissances d’un territoire. C’est quelque chose qui favorise l’ouverture aux autres cultures que l’on côtoie. C’est nécessaire pour éviter le repli sur soi, tout ce qui est identitaire, la crainte et la peur des autres engendrées par la méconnaissance. Se connaître soi-même ou reprendre contact avec les cultures de la région, cela peut permettre d’avoir une assise favorable à l’ouverture aux autres cultures. C’est la contribution de l’UPCP dans ce sens-là et c’est ce pourquoi on est accompagnés. On est financés et soutenus par le Ministère de la Culture, la Région Nouvelle-Aquitaine, le Département des Deux-Sèvres, la Communauté de Commune de Parthenay-Gâtine et la Ville de Parthenay.

Qu’implique l’intégration de nouvelles ressources et de nouveaux documents au centre de documentation ?

Cela implique, très trivialement, d’avoir des espaces de stockage. Surtout qu’aujourd’hui on travaille beaucoup avec l’image – c’était moins le cas avant – mais aussi du temps nécessaire à la description du contenu. Je ne l’ai pas précisé, mais pour les enquêtes faites autrefois, on est très loin d’avoir décrit et numérisé la totalité des fonds. C’est encore quelque-chose qu’on doit faire et qui est d’ailleurs problématique car on a peu de moyens alloués à ça. Nos moyens sont essentiellement tournés vers la valorisation, qui passe par la transmission, la diffusion artistique… mais on a très peu de moyens pour la numérisation, le traitement documentaire et la mise à disposition des archives, qu’elles soient passées ou actuelles.

Rencontrez-vous des enjeux liés à la conservation et des difficultés aujourd’hui sur l’archivage ?

Oui. Pour ce qui concerne les archives anciennes (celles sur supports analogiques), ce sont des supports qui se dégradent, qui ne sont pas pérennes. L’enjeu aujourd’hui, c’est de tout numériser avant qu’on ne puisse plus lire les signaux qui sont enregistrés sur ces supports anciens. Or, notamment en terme d’audiovisuel, on sait que c’est le cas, on a déjà des documents qu’on ne peut plus lire. Notamment, on a des choses qui sont enregistrées sur vidéo demi-pouce, un support qui date du début des années quatre-vingt dix et ça, aujourd’hui, c’est illisible. Donc, l’enjeu est là : de pouvoir numériser, transférer des supports anciens. Je précise que pour le son, on a un atelier de numérisation ici, qui nous permet de transférer la plupart des supports, en revanche, ce n’est pas le cas pour l’audiovisuel. Il faut alors qu’on fasse appel à un prestataire extérieur et c’est un coût, à chaque fois qu’on veut numériser de l’audiovisuel.

Voyez-vous des enjeux délaissés à l’UPCP ?

Numériser des supports anciens, car nous ne sommes pas financés pour ça. On peut dire que ça a été délaissé puisqu’avant, nous percevions une aide financière de la Bibliothèque Nationale de France. Cela passait par la FAMDT (Fédération des Actrices et acteurs de Musique et Danse Traditionnelle), une fédération à laquelle on adhère au niveau national. Cette fédération était en lien avec la BNF et nous redistribuait à la fois le travail et les ressources financières pour numériser et décrire nos fonds. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.

Je dirais « délaissé » ou en tout cas « pas pris en compte ». Prenons l’exemple du FFestival de Bouche à Oreille qui existe depuis de nombreuses années : il a été enregistré, mais on n’a pas de travail qui permet de numériser ces enregistrements, ni de les valoriser. Aujourd’hui, systématiquement, le festival est enregistré à partir de la table de la régie, on a ça dans un coin, mais ce n’est pas visible.

Ce travail peut-il être inspirant pour les autres esthétiques des Musiques Actuelles ?

J’imagine que ça peut être la même chose sur ce que je viens d’évoquer, j’imagine qu’ils créent des archives lors de la réalisation de leurs évènements, en enregistrant ou en faisant des photos ou des vidéos. Parce que nous, on a un système d’archivage, c’est à dire qu’on a une sauvegarde en plusieurs exemplaires de nos contenus, on a mené une réflexion, mais je ne suis pas sûre que d’autres acteurs du domaine des Musiques Actuelles aient ce système-là en place. Je ne sais pas comment ils font, mais j’imagine que lorsqu’ils font un spectacle, ils le filment, l’enregistrent et mettent cela sur un disque dur, voire sur un deuxième pour sauvegarder, mais ça ne va pas au-delà. Ça, en soi, ce n’est pas une sauvegarde pérenne et elle est rarement exploitée.

Quelles sont les compétences particulières nécessaires à votre activité ?

Au CERDO, on est « trois et demi ». Moi, je suis co-directrice en charge du CERDO et je coordonne les activités qui sont spécifiquement sur ce secteur ainsi que celui de la formation et de la transmission. On a une documentaliste spécialisée (ce qui est aussi ma formation au départ). Ça permet d’amener des compétences en terme de gestion de la chaîne documentaire depuis la sauvegarde des originaux jusqu’à la valorisation et la mise en ligne. Ça passe aussi par des connaissances en terme de gestion de base de données et également de leur mise en place. On a changé d’outil l’année dernière et j’ai une collègue qui a vraiment dû « mettre les mains dans le cambouis » pour travailler avec le prestataire et adapter la base de données et l’outil à nos besoins, qui sont très différents d’une base de données de médiathèque, par exemple. Voilà pour Sandra, nous avons aussi Gilles qui est en mi-temps sur de la numérisation d’archives audiovisuelles, plutôt sonores, sur quelques supports audiovisuels (vidéo, précisément) et iconographiques (là aussi supports anciens, diapositives, négatifs, supports papier)… donc des compétences de technicien opérateur de numérisation. Et puis Yacoub, qui est médiateur documentaire. A travers les thématiques qu’on dégage ensemble, il met en valeur les ressources du CERDO en créant des outils adaptés.

« Peut-être qu’on pourrait apporter (aux autres esthétiques musicales) certaines de nos compétences sur une réflexion à engager sur la sauvegarde à engager des archives aujourd’hui. »

Est-ce que l’UPCP créé des nouvelles sources, en terme d’archives ?

Oui, en lien avec ce que je disais tout à l’heure quand on réalise des collectes en lien avec les projets actuels, ce sont des nouvelles sources. C’est le cas quand on enregistre et filme nos évènements et actions (concerts, spectacles, conférences). Par exemple, on a fait une formation en danse avec des formateurs, elle était filmée et chacun d’entre eux a amené ses propres ressources (qu’elles soient sonores ou audiovisuelles) donc on continue à alimenter les sources.

Le CERDO est essentiellement fondé sur les collectes ethnographiques, leur sauvegarde et valorisation, mais peut aussi avoir la préoccupation de l’archivage des musiques qui se créent aujourd’hui et se produisent aujourd’hui. Hors, ce n’est pas réellement réfléchi, on en parle, mais il n’y a pas d’action concrète de notre coté. On produit des choses : l’UPCP a aussi des activités liées au spectacle vivant et a la création artistique mais ça, ce n’est pas aussi systématiquement filmé que nos archives et on ne s’en occupe pas, concrètement. Nous n’avons pas de politique de sauvegarde et de traitement de ces nouvelles archives, qu’on créé aujourd’hui.

Je me dis que le travail que le RIM mène à travers ces entretiens peut être une occasion pour nous de participer à cette patrimonialisation-là. On a un savoir-faire et des homologues sur la France, avec qui on travaille pour ce qui est de la production, mais il n’y a pas de réflexion qui aboutit à des actions concrètes, définies et avancées.

Cette interview s’inscrit dans le projet porté par le RIM :

 » LES MUSIQUES ACTUELLES ONT DE LA MÉMOIRE ! »

4 témoignages autour des enjeux de transmission de la mémoire du secteur et de ses projets

Retrouvez les autres interviews en cliquant sur les boutons suivants :

[INTERVIEW] Regards croisés sur la médiation culturelle

REGARDS CROISÉS SUR LA MÉDIATION CULTURELLE

( Rock This Town X CaféMusic X Rocher de Palmer X L’Accordeur X Jérôme Lansalot)

Cette interview croisée confronte cinq regards de professionnels investis sur le sujet de la médiation.

• Fatima Benjou, médiatrice au CaféMusic (40)
• Jérôme Lansalot, artiste intervenant
• Fred Fenech, directeur de l’Accordeur (33)
• Patrick Duval, directeur du Rocher de Palmer (33)
• Agathe Rousset, médiatrice au cinéma le Méliès (64)

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Lexture publique CaféMusic mont de marsan élues département des landes

Quelle importance accordez-vous à la médiation culturelle ?

Fatima Benjou • CaféMusic

Aujourd’hui, nous sommes trois médiatrices, dont deux sur la médiation culturelle avec des publics variés : habitants des quartiers prioritaires, bénéficiaires de structures médicales, sociales ou d’insertion, et toute personne quelle que soit sa situation qui est intéressée par nos activités. Nous touchons ainsi un large public qui ne se sent pas toujours légitime dans une structure culturelle. Même si ce n’est pas la finalité, nous constatons que des personnes qui ont participé à nos actions de médiation finissent par s’inscrire à un cours de musique pour certains, devenir bénévole et/ou venir voir des concerts pour d’autres.

Par ailleurs, dès que cela est possible, certains groupes programmés en concert ou en résidence font la rencontre d’un public sélectionné par l’équipe de médiation (avec ou sans atelier de pratique artistique). 

Patrick Duval • Rocher de Palmer

La diffusion n’est qu’un prétexte pour développer des partenariats avec des structures du champs social, médical, socio-culturel… La médiation culturelle est l’affaire de toutes et tous. Même si 3 personnes sont qualifiées de « médiatrices culturelles », c’est toute l’équipe qui porte cette vision de ce que doit être un lieu culturel, des personnes qui font le nettoyage du Rocher à la direction, en passant par les équipes techniques. Sinon, ça ne marche pas.

Jérôme Lansalot • Artiste

J’essaie de faire découvrir de nouveaux horizons, élargir le champ des possibles grâce à la musique, à la pratique artistique en général. Un peu sur les principes de l’éducation populaire.

Plus jeune, j’ai eu la chance d’avoir des personnes autour de moi qui m’ont fait découvrir et aimer la musique au sens large, ce qui m’a permis de m’épanouir en tant que musicien. Merci à eux ! Ça me semblait donc être le mix parfait entre mon métier et ma passion.

La médiation culturelle est de plus en plus importante chaque jour.

Fred Fenech • L’Accordeur

C’est un endroit où les besoins sont forts sur notre territoire et où notre projet associatif de structure prend tout son sens : utiliser la culture comme vecteur de lien social et de développement. C’est donc une activité majeure pour laquelle nous sommes très sollicités et identifiés maintenant.

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Bord de scène avec Blick Bassy dans le cadre d’un parcours de médiation destiné aux scolaires / crédit photo : Pauline Salles

Jeune bassiste sur un parcours de médiation

Pourquoi menez-vous des projets de médiation, et pas seulement de la diffusion ou de l’enseignement ?

Patrick Duval • Rocher de Palmer

Travailler avec les autres, co-construire les projets, chacun apportant ses compétence, ce fut pour nous très instructif et formateur. C’est devenu une méthode pour mettre en place des projets avec de multiples partenaires.

C’est la conviction que, lorsqu’on a la chance de travailler dans un équipement culturel comme le Rocher de Palmer, cela doit être partagé avec d’autres. Et notamment les personnes les plus en difficultés.

C’est la raison pour laquelle ces projets d’action culturelle sont développés aussi avec des structures qui travaillent avec des personnes en très grande précarité (demandeurs d’asile, CADA, squats, etc.).

Fred Fenech • L’Accordeur

Les projets de médiation sont de très bons vecteurs pour l’interconnaissance, l’ouverture vers le monde, la découverte et l’échange, c’est tout ce que nous cherchons à développer à travers toutes nos activités, c’est donc une évidence pour nous.

Pourquoi avoir choisi le cinéma / la musique comme vecteur d’éducation à la citoyenneté ?

Agathe Rousset • Le Méliès

Le Méliès conduit un projet de médiation qui lie cinéma et citoyenneté, depuis 4 années maintenant.

L’objectif est d’utiliser le matériau filmique, le sujet pris en charge par l’esthétique, pour inviter les spectateurs et spectatrices à s’exprimer sur des sujets sociétaux. Le cinéma fonctionne comme un miroir, quand un spectateur voit un personnage à l’écran, il se voit lui-même quelque part et donc il est en mesure de réagir émotionnellement, intellectuellement à ce qui se passe. Donc pourquoi pas réagir à des questions sociales, politiques portées par l’esthétique du film.

Fred Fenech • L’Accordeur

C’est le meilleur prétexte que j’ai trouvé pour créer des espaces de rencontres entre les personnes, c’est une grande phrase toute faite mais elle n’est pas dénuée de sens : « c’est un langage universel, accessible et partagé ». Beaucoup de personnes écoutent de la musique, la pratiquent, c’est quelque chose de populaire. Par son biais nous pouvons communiquer au-delà d’elle et aborder des thèmes comme l’engagement, la citoyenneté notamment.

photo groupe Le Mélies médiation
Lexture publique CaféMusic mont de marsan élues département des landes

Tu mènes des projets autour d’autres disciplines artistiques ou uniquement musique / cinéma ?

Fatima Benjou • CaféMusic

Les projets de médiations que nous menons s’ouvrent à tous les champs de la création artistique : réalisation de vidéos, arts plastiques, musique, MAO, danse, photographie, écriture, théâtre, lecture, découvertes patrimoniales etc.. Ce afin de diversifier l’offre et de toucher un plus large public.

Nous travaillons avec des artistes locaux, régionaux ou de passage sur notre territoire, en partenariat avec des acteurs culturels locaux/régionaux : Le Rocher de Palmer, le Théâtre de Gascogne, Festival de cinéma de Contis, Festival Sore ton Livre, Musicalarue …

Jérôme Lansalot • Artiste

Mon rôle reste autour de la musique. Par contre, on peut discuter de la forme sans problème ! Une chanson, un conte musical, une carte postale sonore, une musique de court métrage…

On peut envisager beaucoup de choses et monter des projets transversaux avec d’autres disciplines et plusieurs structures. Les possibilités sont nombreuses.

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Intervention en milieu scolaire par Jérome Leclercq, organisée par le Rocher de Palmer / crédit Célia Lorin

Découvrir à tout âge parcours scolaire Rocher de Palmer / Crédit : Pauline Salles

Découvrir à tout âge parcours scolaire Rocher de Palmer / crédit : Pauline Salles

La médiation culturelle doit-elle être politique ?

Fatima Benjou • CaféMusic

J’ai le sentiment que faire de la médiation n’a rien d’anodin. Je pense que c’est un puissant levier de changement dans la vie des participants et des artistes, un révélateur de leur pouvoir de créer et donc d’agir. Dans notre démarche inclusive, je pense que la médiation est clairement politique.

Par exemple : de temps en temps nous faisons des lectures publiques. La dernière en date a eu lieu dans une salle de commission du Conseil départemental des Landes avec des femmes élues. L’une après l’autre puis ensemble, nous avons lu des poèmes de Rupi Kaur. Puis chaque femme présente (élues, invitées lectrices) a tiré un texte au sort pour le lire à voix haute. Lire des textes poétiques féministes dans un lieu politique était une première. La rencontre a été vive en émotions par la portée des textes et cette rencontre autour de l’engagement des femmes dans le domaine des politiques publiques. 

Patrick Duval • Rocher de Palmer

Elle l’est de fait : partir du principe fondateur que travailler avec les autres est une nécessité, considérer que tout cela doit être partagé, vécu avec les autres et que nous ne pouvons pas vivre en autarcie sans tenir compte des conditions de vie des personnes qui nous entourent, sans tenir compte des zones de conflits qui jettent sur les routes des personnes (dont des artistes) qu’il est de notre devoir d’accueillir.

Fred Fenech • L’Accordeur

Je ne sais pas si elle « doit », mais je pense qu’elle l’est de fait. Faire se rencontrer des personnes de tous horizons, partager des expériences, réfléchir, créer ensemble, c’est faire vivre la cité et c’est en soi une approche politique.
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Cet article s’inscrit dans le cadre d’un travail exploratoire autour de la question de la médiation culturelle, sujet qui sera central lors de la table ronde co-organisée par le RIM et le festival Rock This Town, Le 6 mai au cinéma Le Méliès à Pau (64)

AU PROGRAMME :
• 10h : accueil café
• 10h30 : projection de Una Cancion Para Mi Tierra de Mauricio Albornoz, suivi d’un échange avec le réalisateur
• 14h30 : projection de Rap En Aubrac de Robin Viès
• 15h45 : table ronde : La médiation culturelle, un projet politique ?
• 17h15 : fin de journée et temps convivial.

POUR QUI ?
­→ Toutes les structures de musique : salles, festivals, médias, producteurs, écoles de musique, …
→ Leurs partenaires : collectivités, partenaires médicaux sociaux, écoles, …
→ Salarié·es, bénévoles, volontaires, stagiaires…

OÙ ET COMMENT ?
→ chaque film est proposé au tarif préférentiel de 3,50€ / séance
→ des offres de restauration sont présentes à proximité du festival
→ la gare de Pau est à 12 minutes en transports en commun, 20 min à pied.

Cinéma le Méliès
15 place du foirail, 64 000 Pau

Pour tout renseignement, contactez Ugo Cazalets (ugo.cazalets@le-rim.org)

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Mauricio Albornoz Iniesta / Argentine, Allemagne, Colombie / 2024 / 93mn / VOSTF

UNA CANCIÓN PARA MI TIERRA

Ramiro Lezcano, professeur de musique dans une région rurale d’Argentine, découvre avec effroi que des avions pulvérisent des pesticides près des écoles, mettant en danger la santé de ses élèves. En réponse, lui et les enfants composent des chansons pour dénoncer ce problème, mais leur initiative rencontre une vive résistance de la communauté locale. Pour faire entendre leur protestation, Ramiro décide d’organiser un concert en plein champ : un « Woodstock environnemental ».

RAP EN AUBRAC affiche rock this town

Robin Viès / France / 2025 / 52 minutes

RAP EN AUBRAC

« Recherche artiste de musique urbaine pour animer des ateliers de création de Rap avec de jeunes lycéens pendant une année en échange d’un lieu de résidence en pleine nature. » L’occasion est parfaite pour Kohndo, coach et artiste rap de la scène parisienne depuis l’âge d’or des années 90. Il y voit l’opportunité de changer d’air, de partir au vert pour créer son nouveau projet musical. Et pour ces jeunes de l’Aubrac, c’est la chance de “l’extra-ordinaire”, d’avoir de bonnes conditions pour créer chacun et ensemble des textes et des compo pour s’exprimer sur leurs rêves et réalités. Il y a deal pour faire du Rap en Aubrac.