Après une assemblé générale palpitante à Poitiers, dans l’enceinte incroyable du Confort Moderne version 2.0, il est temps de revisser la caboche entre les deux épaules et de souhaiter comme il se doit la bienvenue à nos 3 nouveaux adhérents de la saison !
G4F Records est un label spécialisé dans la musique à l’image (le jeu vidéo, le cinéma, l’animation…). Ils éditent, font la promotion et distribuent de la musique provenant des arts numériques et de l’entertainment.
Artistes : Toxic Avenger, Caprenter Brut, Danger …
La particularité des Ateliers Musicaux Syrinx est d’offrir à tous sans condition d’âge ni de niveau, une pratique musicale de qualité, avec des musiciens qui ont tous une approche artistique de leur instrument. En plus des cours, les Ateliers Musicaux Syrinx développent l’apprentissage de la scène et du spectacle vivant. L’association regroupe à ce jour 300 adhérents et 19 salariés. Elle accueille également 3 compagnies dans ses locaux ainsi qu’une dizaine de groupes en répétition.
Depuis presque 30 ans, l’Association Tuberculture oeuvre pour la diffusion de la culture grâce à une programmation d’artistes éclectiques et soutient la création culturelle en accueillant des artistes pour la création de spectacle. Grâce à une saison culturelle à la Boite en Zinc riche et un festival de 4 jours pendant l’été, Tuberculture réussit son pari “d’apporter la culture au milieu des champs.
Quels sont les enjeux des acteurs de musiques actuelles? Quel dialogue avec les partenaires publics? Quelles relations entre structures d’accompagnement et artistes? Médias : quelle est leur place dans la médiation culturelle? Voici quelques un des sujets abordés avec les adhérents et partenaires du RIM durant ce plateau radio organisé durant l’assemblée générale du RIM , les 15 et 16 mai au Confort Moderne (Poitiers).
Émission à écouter ci-dessous. Animation : Dominique Lopez, Radio Pulsar.
Retrouvez la liste des intervenants ainsi que quelques extraits de l’émission retranscrite ci-dessous.
1ère partie : Qu’est-ce que le RIM? Quels sont les enjeux pour les acteurs musiques actuelles? Les musiques actuelles, une définition? Et quid des droits culturels?
Franck Cabandé, directeur de Beaub Fm et élu au CA du RIM
Nicolas Antoine, délégué territorial du RIM
Florent Teulé, directeur du RIM
Damien Morisot, co-président du RIM et directeur de Des Lendemains Qui Chantent
Nicolas Antoine : « Il y a eu la volonté assez vite des acteurs au moment de la fusion des Régions de se fédérer à l’échelle de ce nouveau territoire, pour êtes plus nombreux, plus forts, vis à vis des collectivités, des partenaires publics… Et aussi de se croiser et de coopérer à un plus grand nombre dans ce nouvel espace de jeu qu’est la Nouvelle-Aquitaine. Donc de manière concrète le RIM compte 130 adhérents aux activités très diversifiées : on a des festivals, des salles de concerts des labels, des radios, des structures qui font de l’enseignement artistique, des gens qui font de la médiation, de l’action culturelle… »
« Les musiques actuelles c’est toute la musique, sauf la musique classique et la musique contemporaine… Ça laisse une grande latitude d’activités ! On a autant des adhérents qui vont faire du rock, du hip hop, de la pop, parfois un peu de tout, que des adhérents très spécialisés parce que c’est un choix de leur part, une ligne artistique affirmée au sein de leur projet d’activité. Forcément, certains labels vont plutôt produire du jazz, d’autres de la musique traditionnelle… C’est très diversifié, et le RIM n’intervient pas sur la ligne artistique des adhérents, ils sont tout à fait libres de leurs choix de programmation et leurs choix artistiques, ce n’est pas là qu’est notre vocation. Notre vocation c’est de les accompagner sur leur structuration, leurs pratiques administratives, juridiques, le recherches de financement, de nouveaux partenaires, la connaissance entre les structures du territoire… »
Franck Cabandé : » Le but du jeu c’est que les publics, les auditeurs puissent accéder à ce qui leur semble pertinent dans leurs choix culturels, c’est ce qu’on appelle l’expression des droits culturels : c’est le fait que chaque auditeur, chaque public, chaque spectateur puisse accéder à ce qui lui semble pertinent par rapport à sa culture ».
« Le RIM c’est aussi faire monter en compétences des structures comme des radios, des labels etc, pour faire en sorte que l’on puisse mieux approcher nos publics, mieux faire notre travail, arriver à ce que les bénévoles se sentent mieux dans nos structures… C’est un panel complet d’interventions, et en tant que média c’est quelque chose de très intéressant pour nous ».
Florent Teulé : « Ce qu’on peut cerner de cette 1ère année du RIM c’est qu’il y a un enjeu extrêmement fort de coopération des acteurs. On était sur des choses très cloisonnées auparavant, il y avait le « nous » en Limousin, le « nous » en Aquitaine, le « nous » Poitou-Charentes, mais aussi le « nous » radios, le « nous » SMAC, le « nous » labels indépendants, le « nous » centre de formation professionnelle… Et le secteur d’activité des musiques actuelles était très morcelé. Ce qu’on cherche à faire aujourd’hui c’est casser ça et créer le plus de ponts possibles. Notre principale ligne de force est là : croiser tout ça, mieux dialoguer avec nos partenaires et se reconnaître comme légitimes pour parler d’emploi, de développement durable, d’économie sociale et solidaire, de parité, etc ».
Damien Morisot : « Il y a quand même une pierre importante qui a été posée cette année c’est la signature par l’État, le CNV, la Région et le RIM du Contrat de Filière Musiques Actuelles et Variétés Nouvelle-Aquitaine le 1er septembre 2017, un élément fondamental de la façon de concevoir la politique sur ce secteur-là en Nouvelle-Aquitaine. C’est un document qui fixe les modalités de co-construction de la politique publique pour 3 ans sur ce territoire, et dont le RIM est signataire au côté des partenaires publics pour imaginer ensemble. Ce n’est pas anodin de la façon de rendre effective la question des droits culturels et de la responsabilité sociétale. »
Franck Cabandé : « Le but du jeu c’est de pouvoir travailler avec d’autres types d’acteurs, et de travailler autrement, notamment avec des labels, avec des salles… Par exemple en tant que média, le RIM nous a aidés sur la question de comment transmettre cette envie de créer un média radio ailleurs que sur le territoire. »
Nicolas Antoine : « Nous avons une quarantaine de labels adhérents, et une action très concrète mise en place par le RIM c’est d’avoir un réseau de distribution alternatif de disques sur toute la région. On s’appuie sur un réseau de libraires et de disquaires indépendants pour distribuer les disques des labels régionaux, notamment dans des zones où parfois le libraire est le seul point culturel. Ce réseau de distribution permet aux labels régionaux d’accéder à un réseau de points de vente pour distribuer les productions des artistes émergents locaux ».
2ème partie : Comment les pouvoirs publics s’emparent-ils des des musiques actuelles ? Quels échanges entre les élus et les acteurs des musiques actuelles ?
Benoît Tirant, élu du territoire Haut-Poitou et Clain / Six Vallées / CA du Grand Poitiers / Vienne et moulière / Chauvinois, en charge de la Politique de la Ville, Région Nouvelle-Aquitaine.
Frédéric Vilcocq, Conseiller Culture, Économie Créative à la Région Nouvelle-Aquitaine
Sylvain Cousin, directeur à Radio Pulsar et élu au CA du RIM.
Benoît Tirant : « Il a fallu lancer le défi de réunir, notamment les musiques actuelles. Et ce défi a été tenu. Ce qui est important, c’est que dans le Contrat de Filière, le souhait d’Alain Rousset était que le RIM soit signataire, et c’est le cas aujourd’hui ».
« L’intérêt du Contrat de Filière Musiques Actuelles et Variétés en Nouvelle-Aquitaine, et notamment dans le cadre de la concertation territoriale, c’est que ce que propose la région puisse répondre aux besoins des acteurs. C’est ça co-construire une politique publique. C’est aussi changer la politique publique lorsqu’elle ne convient pas aux acteurs, puisque le monde change de manière permanente ».
« Nous avons inscrit dans le cadre du schéma de développement économique de la Grande Région la possibilité pour les acteurs de la culture, et notamment du RIM, de pouvoir faire appel au droit commun, c’est à dire développer une entreprise, l’exporter… Ces questions là n’étaient pas si évidentes il y a quelques années ».
Damien Morisot : « La Région Nouvelle-Aquitaine est la première à avoir autant développé un secteur de l’ESS sur lequel nombre d’acteurs culturels (et pas uniquement musiques actuelles) émargent aujourd’hui, en plus de ce qu’ils peuvent aller chercher sur les fonds culturels. C’est très complémentaire ».
« Il reste toujours des choses à améliorer, notamment sur les délais d’instruction des dossiers. Les acteurs sont confrontés à des réalités (comme le besoin en fonds d’urgence) qui échappent aux délais administratifs. Est-on ensemble en capacité de répondre à ces besoins-là, qui relèvent parfois d’opportunités avec des délais très courts… Est-on en capacité d’inventer ça? C’est un sujet dont nous avons débattu aujourd’hui. Le chantier est ouvert et doit être avancé. Je n’ai pas de crainte sur notre capacité de pouvoir s’interroger ensemble [avec la Région] sur comment y arriver ».
Florent Teulé, directeur du RIM
« La co-construction de la politique publique doit se baser sur une relation de confiance réciproque. C’est ce qu’on a réussi à construire au fil des années et qui nous a permis d’avancer. Ce qui n’empêche pas que la confrontation est possible, elle fait partie du débat démocratique normal entre un secteur professionnel qui est clairement en plein dans l’intérêt général, donc on a un enjeu démocratique à discuter des politiques publiques. Cette relation de confiance se tisse sur le long-terme…. Autant on constate une évolution importante à la Région Nouvelle-Aquitaine sur le croisement des politiques publiques, autant il nous reste à tirer le fil du dialogue entre les différents échelons de collectivités ».
« La loi en matière culturelle dit que la politique culturelle doit être coordonnée, discutée, articulée entre les différents échelons de collectivités et l’État, et en concertation avec les acteurs. Ce chantier là est parfois encore un peu complexe à mettre en place car évidemment chaque niveau de collectivité a ses enjeux, ses urgences, ses contraintes administratives, son histoire… Nous sommes en train, avec la Région et le Contrat de Filière en train d’essayer de mettre en place les conditions pour que tout cela soit possible. »
Frédéric Vilcocq, Conseiller Culture, Économie Créative à la Région Nouvelle-Aquitaine
« Ce qu’il faut voir, c’est que cette histoire s’est construite en quasiment 13 ans. Si on a signé le Contrat de Filière (et même si on est fiers de dire qu’on est la 1ère collectivité à l’avoir fait) c’est un processus qui a démarré en 2004/2005, vraiment lancé qu’en 2006, et que c’est 11 ans après qu’on arrive à avoir la maturité – et du côté de la collectivité, et du côté des acteurs, pour signer ce contrat. Donc bien évidemment qu’on va essayer d’être très proactifs auprès d’autres collectivités pour qu’elles s’engagent sur la même dynamique et sur les mêmes règles éthiques sur lesquels nous nous sommes mis d’accord avec le RIM et les acteurs : avoir un espace partagé de dialogue franc, qui peut être aussi une zone « de confrontation » où on se dit les choses, mais la règle de départ c’est : ce qu’il se dit autour de la table n’est jamais utilisé contre l’acteur »
« C’est cette confiance que l’on a établi durant près de 13 ans qui donne la garantie autant aux acteurs et à la collectivité pour que nos dispositifs soient pertinents »
« il faut aussi pouvoir adapter les enjeux de la filière à ceux de la collectivité, c’est le chantier que l’on va effectivement lancer.
« La donne nouvelle c’est l’inscription pour la première fois, dans la loi NOTre, et dans la loi LCAP, de la culture comme responsabilité partagée. La culture devient ainsi une compétence aussi importante que les autres pour les collectivités. Il faut travailler là-dessus pour mettre en place cette responsabilité conjointe, partagée. Et la loi va même plus loin car elle indique que cette responsabilité doit être systématiquement concertée avec les acteurs… c’est aussi une nouveauté, et même une victoire »
Les musiques acteurs peuvent être des leviers d’insertion? Quelle est la Politique de la Ville à ce sujet?
Benoît Tirant, élu du territoire en charge de la Politique de la Ville, Région Nouvelle-Aquitaine
« À l’intérieur même de la Région, nous sommes en concertation permanente avec l’ESS, le développement économique, avec le Service Culture, avec le Service des Sports. Et ce qu’on souhaite, c’est que dans les quartiers de Nouvelle-Aquitaine, ce service dédié à la Politique de la Ville puisse être une porte d’entrée, ensuite soit on active le droit commun, soit on active des financements spécifiques ».
« Nos priorités au service Politique de la Ville sont l’emploi, le développement économique, la lutte contre l’échec scolaire, les questions de mobilité, et le soutien aux associations »
Le fait que les acteurs musiques actuelles se positionnent sur des champs comme le champ social ou l’économie ne leur pose-t-il pas des problèmes d’identité? Est-ce que ça ne perturbe pas leur positionnement?
Florent Teulé
« Fondamentalement, ils ont toujours été positionnés sur tous ces champs-là. L’émergence des musiques actuelles (pas seulement le rock & roll mais aussi les musiques traditionnelles, le jazz,
les musiques du monde, le hip hop etc) touche à quelque chose de fondamental chez l’être humain. Ça touche à la question de son rapport aux autres, de son rapport au monde. Donc, en existant (pour certains depuis 20 ans, pour d’autres depuis 50 ans comme l’UPCP Métive) les acteurs interrogent la société sur tous les champs d’intervention. Ce qui a changé aujourd’hui c’est la prise de conscience que les structures de musiques actuelles ont un impact sur l’emploi, sur l’insertion, sur le respect… Et cette prise de conscience a nécessité du côté des acteurs, de monter en compétences, du côté des collectivités, de considérer qu’ils sont légitimes sur l’ensemble des champs et de requestionner les projets en prenant conscience que chacun a une responsabilité… La révolution est peut-être là ».
Damien Morisot
« Il reste beaucoup d’acteurs, y compris au RIM, qui sont en situation d’extrême fragilité, en situation d’extrême précarité pour certains personnels dans les structures, donc ce n’est pas idyllique. Ce qu’on décrit là et ce qui fonctionne bien c’est la mécanique, pour autant la vie ou la survie des structures est toujours en permanence sur le fil »
Sylvain Cousin
« Le secteur de la musique devient aussi un levier fort d’attractivité des territoires, il est parfois vu comme un moyen d’améliorer le marketing territorial et l’image des collectivités, ce qui peut parfois fourvoyer les objectifs initiaux comme la diversité culturelle…Quid des collectivités qui produisent elles-même de la culture en lieu et place des professionnels des musiques actuelles locaux? »
Victor Crespi, président du Coconut Music Festival
3ème partie – Médiation culturelle, quelles relations entre les structures d’accompagnement et les artistes?
Guillaume Chiron, curateur Éducation et Recherche au Confort Moderne
Olivier Péters, directeur de l’Ampli
Victor Crespi, président du Coconut Music Festival
4ème partie – Médias : quelle est leur place dans la médiation culturelle?
Top 40
Coopérations avec les acteurs
Médiation des musiques actuelles sur le territoire
Quelle place face aux mass médias?
Franck Cabandé, directeur de Beaub Fm et élu au CA du RIM
Entré en vigueur le 25 mai 2018, le Règlement Général de Protection des Données s’applique à toute structure européenne ou traitant les données personnelles de citoyens européens. La fiche pratique disponible ici a été rédigée en partenariat avec la Félin – Fédération des Labels Indépendants Nationale –, elle donc générique mais répond à des problématiques spécifiques à l’activité discographique.
Alors, qu’est ce que c’est ? A la base, son objectif premier est de protéger les libertés et droits fondamentaux des personnes physiques, surtout en ce qui concerne leurs données personnelles – qu’elles soient privées (clients, prospects) ou professionnelles (fournisseurs, employés). Avec comme mots d’ordre : transparence (chacun doit pouvoir savoir ce qui est fait de ses données et s’opposer à la collecte de celles-ci) et sécurisation. La sanction financière en cas de non régularisation s’élève tout de même jusqu’à 4% du CA de l’entreprise ou 20 millions d’€.
Si cette loi est surtout importante dans le cadre des grands réseaux sociaux, accusés de sonder les faits et gestes des abonnés pour aiguiser les campagnes de publicité, sans avoir pris soin de glaner préalablement leur consentement libre – elle concerne dorénavant toutes les sociétés qui exploitent des données personnelles pour vendre, faire de la promotion etc.
Vous êtes vivement invités à parcourir le document ci-dessous et à vous mettre en conformité selon les principaux pré-requis.
Qui est concerné ?
Tous les acteurs économiques et sociaux collectant les données personnelles de citoyens européens. Soit les entreprises, les associations, les organismes publics et leurs sous-traitants.
Vous, labels indépendants qui disposez de bases de données VPC, e-mailing, listings de contacts médias…
Objectifs du RGPD
Donner aux citoyens de l’union européenne davantage de contrôle et de visibilité sur leur vie privée : quelles données sont collectées ? De quelle manière ? Où sont-elles ? Comment sont-elles mises à jour ? Comment les récupérer sur simple demande ?
Vous, label indépendant devez à tout moment savoir de quelles données vous disposez, leur localisation, l’objectif de leur collecte, leur process de traitement, leur mode de stockage, et en assurer la portabilité.
Considéré dans son sens le plus large, « traitement » désigne tout ce qui a trait aux données personnelles, y compris la façon dont une entreprise manipule et gère des données, par exemple dans le cadre de leur collecte, stockage, utilisation et destruction.
Une « donnée personnelle » correspond à toute information identifiant directement ou indirectement une personne physique (ex. nom, no de téléphone, date de naissance, commune de résidence, empreinte digitale…).
Principes
Le RGPD introduit deux nouveautés d’importance :
la responsabilisation des acteurs dans la gestion de leur conformité au quotidien en matière de protection des données.
le contrôle a posteriori des autorités de protection. On parle également de co-responsabilité dans le cas de co-traitement des données (sous-traitance).
Récapitulatif des démarches à mettre en place
❶ Désigner un.e pilote/référent.e/responsable
❷ Cartographier vos traitements de données personnelles sur un document de référence.
❸ Prioriser les actions à mener : informer les personnes, mettre à jour vos mentions légales…
❹ Gérer les risques (si vous traitez des données sensibles, réaliser une étude d’impact.).
❺ Organiser les processus internes
1 – Désigner un.e pilote/référent.e/responsable
Première étape, il convient de désigner, au sein de l’entreprise, un.e délégué.e à la protection des données qui veille, informe et conseille sur les obligations à respecter.
Il s’agira pour vous, par exemple, d’avoir un contact dédié à la question des données personnelles. Ses coordonnées (adresse mail, téléphone) devront notamment apparaître clairement sur vos supports de communication en ligne (dont le site web). En cas de demande de modification, portabilité, retrait, ou toute autre requête relative aux données personnelles, c’est aussi cette personne qui devra, en tant que responsable administratif (et non pénal), les traiter.
Label TPE, si vous êtes seul employé vous serez de facto Délégué à la Protection des Données. Vous n’aurez pas besoin d’indiquer les noms et prénoms du référent sur vos sites web, une adresse email générique suffira.
Pour information, voici les missions de votre DPD (Délégué à la Protection des Données) :
Former et sensibiliser le personnel : identifier les personnes qui traitent les données personnelles ou qui ont vocation à en collecter et les informer en priorité de leurs nouvelles obligations RGPD.
Contrôler le respect du règlement et coopérer avec l’autorité de contrôle
Réaliser les études d’impact (si elles sont nécessaires, voir plus bas) sur la protection des données
2 – Cartographier les données personnelles que traite votre société.
Tenir une documentation interne complète sur les traitements de données personnelles et s’assurer qu’ils respectent bien les nouvelles obligations légales. Objectif : établir un plan d’action.
Outil à remplir et à conserver dans vos documents administratifs en cas de contrôle : le registre des activités de traitement.
Il identifie et cartographie les traitements de données personnelles et les recense dans un registre interne.
Il permet d’identifier ceux qui présentent des « risques élevés » (profilage, données de santé, opinions religieuses…) pour les droits des individus, soumis à encadrement.
En découle le plan d’action.
Après quelques recherches, voici le modèle de registre que nous préconisons, qui nous semble le plus simple à remplir. C’est rapide, cela vous prendra 10 minutes !
3 – Plan d’action
Identifiez les actions à mener pour vous conformer aux obligations actuelles et à venir.
Seules les données strictement nécessaires à la poursuite de vos objectifs sont collectées et traitées. Supprimez les données superflues.
Dans le cadre du RGPD, il existe un certain nombre de raisons reconnues (ou « bases juridiques ») pour lesquelles une entreprise peut légitimement traiter des données personnelles. Ci-dessous, les bases juridiques les plus pertinentes prévues par le RGPD.
❶ La nécessité contractuelle
Les données traitées doivent être nécessaires au service et définies dans le contrat avec la personne. (ex : collecte des adresse / date de naissance des employés)
Dans votre cas, il s’agit des données de vos employés mais aussi des informations récoltées par votre VPC. L’acte d’achat est un contrat entre vous et le client en soi.
❷ Le consentement
Un consentement doit être spécifique, éclairé, accordé librement et sans ambiguïté par une action positive claire.
Exemple : pour l’inscription à vos newsletters, intégrer le double opt-in qui consiste à demander une double confirmation à chaque internaute pour recevoir vos campagnes d’email marketing. Toute technique de déstabilisation, comme pré-cocher la case d’opt-in ou avoir recours à une formulation trop vague ou prêtant à confusion (emploi de double négation ou incohérences) sera refusée par le RGPD.
❓Que faire de ma liste de contacts existante ?
A moins que vous ne disposiez d’une trace prouvant le consentement de vos contacts, vous ne pourrez pas leur envoyer de campagnes d’emails marketing. Si vos contacts sont consentants à recevoir vos communications mais que vous n’avez pas un document qui le prouve, vous devrez alors mener une campagne emailing pour obtenir à nouveau le consentement.
❓Qu’est-ce que l’intérêt légitime ?
Selon l’article 6, les organisations du secteur privé peuvent traiter les données de personnes sans leur consentement si elles ont une raison légitime de le faire et ne doivent pas être contrebalancées par un impact injustifié sur les individus. Les droits fondamentaux et la liberté du sujet ne devraient pas être lésés. Le traitement de données à caractère personnel dans le but de prévenir la fraude est considéré comme un intérêt légitime, ce qui n’est pas le cas du marketing direct.
✋Les personnes ont le droit de retirer leur consentement et doivent être informées de ce droit.
✋Il doit provenir d’une personne ayant atteint la majorité selon les lois de l’État membre concerné ou il doit être donné ou autorisé par un parent ou une personne responsable dans le cas d’un mineur.
✋Le consentement explicite peut être requis dans certains cas (par exemple, pour des catégories spéciales de données personnelles).
Labels, vous devez donc légalement envoyer une campagne d’emailing à vos contacts de marketing direct pour confirmer leur consentement. Un tutoriel qui nous parait explicite ici.
Mettre à jour les mentions légales de votre société.
Le droit à l’information est renforcé : vous devez indiquer la base juridique sur laquelle se fonde le recueil des données, indiquer leur durée de conservation, et les modalités de mise à jour ainsi que de gestion des droits des personnes (accès, rectification, effacement, etc.), ou encore le droit pour les personnes concernées d’introduire une réclamation auprès d’une autorité de contrôle.
Sur votre site web, une mention devra comporter les informations ci-dessus, accompagnée du contact email du Délégué à la Protection des Données. Nous cherchons un modèle précis pour vous labels et l’indiquerons dès que possible, d’ici la vous pouvez vous référer au modèle CNIL.
Les nouveaux droits
Droit à la portabilité : toute personne peut demander à recevoir ses données dans un format structuré et lisible.
Droit à l’oubli : elle peut obtenir l’effacement des données la concernant dans certains cas.
Garantir la sécurité des données personnelles :
Dans la mesure du possible, anonymisez vos données par chiffrement et pseudonymisation par exemple. Vous devrez informer au plus vite les autorités en cas de violation de données personnelles (perte, divulgation, accès non autorisé, vol d’ordinateur).
4 – Gérer les risques (si vous traitez des données sensibles, réaliser une étude d’impact.)
Si vous avez identifié des traitements de données personnelles susceptibles d’engendrer des risques élevés pour les droits et libertés des personnes concernées, vous devrez mener, pour chacun d’entre eux, une étude d’impact sur la protection des données.
Comment identifier les données sensibles dans le secteur culturel ?
Révèlent-elles l’origine prétendument raciale ou ethnique, les opinions politiques, philosophiques ou religieuses, l’appartenance syndicale ?
Sont-elles liées à la santé ou l’orientation sexuelle ?
Les données concernent des mineurs.
elles concernent la surveillance systématique à grande échelle d’une zone accessible au public ?
Si vous avez répondu oui à l’une de ces questions :
Un régime spécifique s’impose parce que ce type de traitement est interdit sauf sous certaines conditions, si l’organisation a préalablement recueilli le consentement de la personne concernée ou si le traitement est nécessaire pour des motifs légitimes. (article 9 du RGPD)
Il conviendra de réaliser des analyses d’impact sur les traitements à risques élevés pour :
Migrer vers un traitement de données personnelles ou un produit respectueux de la vie privée,
Apprécier les impacts sur la vie privée des personnes concernées,
Démontrer que les principes fondamentaux du règlement sont respectés.
A priori, les labels ne seront pas concernés par les données sensibles, s’il apparaît que vous en possédez quelques unes, envisagez de les supprimer pour éviter cette classification.
5 – S’organiser en interne
Dès la conception d’un nouvel outil ou du lancement d’un nouveau projet (informatique notamment), pensez à appliquer le principe de protection des données et les limiter aux données adéquates, pertinentes et limitées à ce qui est nécessaire au regard des finalités. Les accès sont restreints aux seules personnes légitimes, en raison de leur fonction ou mission. Cette démarche doit être documentée et tracée.
Mettre en place un document qui détaille les lignes directrices, auquel se reportent les collaborateurs, ainsi que les relations de votre organisation avec leurs sous-traitants (prestataires d’hébergements de site internet, routeurs).
Labels, gardez bien en tête que vous êtes co-responsables, par exemple contactez Bandcamp (qui contrairement à d’autres n’a pas encore publié d’information sur sa mise en conformité RGPD) pour leur demander ce qu’ils comptent faire.
Documenter la conformité
Pour prouver votre conformité au règlement, vous devez constituer et regrouper la documentation nécessaire en un petit dossier. Tout a déjà été détaillé dans les étapes ci-dessus. Voici un récap’ des documents à fournir en cas de contrôle.
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Pour vous labels, qui n’êtes pas concernés par les données sensibles
Le registre des traitements
Les mentions d’information
Les modèles de recueil du consentement des personnes concernées,
Les procédures mises en place pour l’exercice des droits
Les contrats avec les sous-traitants
Les procédures internes en cas de violations de données
Les preuves que les personnes concernées ont donné leur consentement lorsque le traitement de leurs données repose sur cette base.
Le projet « Va Sampler Ta Grand-Mère » est un projet pédagogique et artistique porté par Hart Brut + Pagans, structure situé à Lucq-de-Béarn (64). Pour tout comprendre, rien de tel que de donner la parole à l’un de ses protagonistes. Le RIM a donc posé quelques questions à Romain Baudoin, membre d’Hart Brut, du groupe Artús et acteur de ce projet original.
Bonjour Romain, pour commencer peux-tu nous présenter les deux structures dont tu t’occupes, Hart Brut et Pagans?
Hart Brut est à la base une structure de production artistique permettant aux membres d’ARTÚS de développer leurs projets . Depuis peu, Hart Brut a intégré les filles de COCANHA et on peut considérer aujourd’hui que nous avons un fonctionnement de compagnie plus que de boite de prod. Nous sommes organisés et solidaires, c’est ce qui nous permet de créer et de vivre tout en ayant des pratiques artistiques à l’abri du succès commercial.
Pagans est un label discographique. Au départ, il servait uniquement à diffuser les productions des membres d’Hart Brut mais assez rapidement nous avons eu des demandes extérieures, parfois d’enregistrements magnifiques qui nous tenaient à cœur et qui, nous le pensons, n’auraient peut être pas trouvés preneur… alors nous avons commencé à ouvrir le catalogue et à produire ou coproduire des artistes assez divers mais tous très engagés dans leur pratique.
D’où est venu cette idée de projet « Va sampler ta grand-mère » et en quoi consiste-t-il?
« Va sampler ta grand mère » est un projet pédagogique et artistique. Avec ARTÚS nous travaillons depuis presque 18 ans sur le « patrimoine culturel immatériel » de notre territoire, c’est ce qui nous donne le point de départ pour imaginer, se projeter et créer à travers l’improvisation et ensuite la composition. L’esthétique du groupe est à cheval entre du « rock in opposition », des musiques dites traditionnelles, des musiques expérimentales… Mais finalement nous aurions pu avoir la même démarche créatrice avec un style hip hop, métal, pop… peu importe, ce qui est original c’est le processus de création autour de la connaissance de son patrimoine culturel, écologique, historique …
Nous proposons donc cette aventure à des groupes de musique actuelle, faire une création de 2 ou 3 morceaux, dans leur esthétique, mais en prenant comme point d’entrée un élément de leur patrimoine.
Nous sommes là pour les aider et/ou pour jouer avec eux. C’est très enrichissant pour eux comme pour nous et les résultats sur plus de 10 ans de projets sont vraiment très surprenants.
Crédit : hartbrut.com
Ce projet est réalisé avec plusieurs partenaires de la Nouvelle-Aquitaine et même au-delà (Coopérative de Mai à Clermont-Ferrand). Pourquoi avoir choisi ces partenaires et quel est leur rôle?
On a besoin d’au moins 2 partenaires:
Une structure capable de motiver des groupes à venir participer au projet, donc le plus souvent nous travaillons avec des structures de diffusion de musique actuelle ayant également une activité de répétition (SMAC ou autre).
Une structure ressource qui a de la matière patrimoniale à mettre à disposition en cas de demande particulière. Ce sont le plus souvent des structures d’archivage qui ont une demande de valorisation de leur collecte.
Hart Brut et Pagans sont deux structures qui se distinguent particulièrement en proposant une esthétique hybride entre musiques traditionnelles et plus contemporaines, ce que vous appelez le « Néo-Trad ». Pourquoi avoir choisi de défendre cette ligne éditoriale singulière?
On n’a pas choisi… on rêverait que nos pratiques soient la norme et non des pratiques en marge, d’ailleurs j’ai tendance à dire que c’est le centre qui nous fuit ! Si nous pouvions toucher plus de monde et nous faire plus entendre on aurait encore plus de choses à exprimer et on serait très heureux, mais malheureusement le combat contre la culture de masse est inégal et nous devons nous organiser pour résister et éviter les consensus, la normalisation.
C’est effectivement complexe de définir notre pratique qui est singulière. Pour moi nous ne sommes que rarement des musiciens trad, nous ne faisons pas du néo trad car il n’y a rien de nouveau, nous ne faisons pas de la world music acculturée mondialisée, … le terme le plus adapté est « musique d’essence patrimoniale » qui a été défini par Franck Tenaille, mais il est pompeux et la notion de patrimoine souvent abstraite et « vieillotte » alors sur scène on dit « bonjour on est ARTÚS, on fait du rock ! »
Quel bilan peux-tu déjà tirer du projet « Va sampler ta grand-mère » et comment imagines-tu son avenir?
Très positif, on l’a proposé plus d’une dizaine de fois et à chaque fois ce fût une aventure différente et enrichissante. Je ne compte plus les projets qui sont nés de ça, nouveaux groupes, disques concepts, groupes changeant de direction, musicien se mettant à un instrument trad. ou à chanter dans une langue différente… on est encore en contact avec la plus part des participants et on continue à porter le projet dans toute la France.
Un documentaire est sorti sur le net l’an dernier pour ceux qui voudraient avoir une idée plus précise du projet :
Quel est le premier album de musique que tu as acheté?
Ouf! pas facile… je ne sais vraiment plus!
La première cassette enregistrée que j’ai eu c’était du hard rock très puissant que m’avait donné un grand de mon quartier à Capbreton. Je l’ai considéré comme le Graal absolu pendant plus d’1 ans sans savoir ce que c’était, mes parents ne savaient pas ce que j’écoutais dans mon walkman et j’avais la sensation que je ne pouvais pas leur parler de cette musique qui me bouleversait, que je sentais anticonformiste et peut être même interdite?!?… j’ai su plus tard que c’était « Back in Black » d’AC/DC … j’avais 12 ans.
Quel projet d’une autre structure te fait rêver?
Il y en a plein heureusement!!
Je choisirai cependant le spectacle « HOSPITALITE » de Massimo Furlan, porté par la compagnie « Lagunarte ». Il parle de l’hospitalité aujourd’hui : qu’est-ce qu’accueillir ? Qui est celui qui demande un refuge ? Qu’est-ce que je peux lui offrir ? Qu’est-ce qu’il m’apporte ? Comment est-ce qu’il me change ? Comment je le change ? Tout ça à travers notamment l’identité basque et plus précisément du village de Labastide Clairence.
Une problématique universelle traitée par l’ultra localisme ! Ca me touche.
Peux-tu nous citer ton souvenir le plus marquant dans le milieu musical?
Nigel Eaton avec « Page et Plant » à Toulouse en 1996 qui se pointe tout seul avec sa vielle à roue devant 2000 personnes et qui tabasse en solo pendant 10 mn… Avec mes potes on était venu écouter du rock et finalement ça a changé ma vie : « comment !? On peut faire ça avec l’instrument de mon père !!! Bon ok, je pose ma gratte et je m’y colle… »
Quel est ton dernier coup de cœur musical?
Richard Dawson, notamment l’album « Nothing important! ». Un chef d’œuvre pour moi, je l’écoute sans me lasser depuis 2 ans ! J’ai pas mieux.
Un son à nous faire écouter?
Ben sans faire de communautarisme, je choisirai la prochaine sortie de PAGANS, « L’esprova » de Sourdure
Merci à Romain pour le temps accordé à nos questions
Le RIM – Réseau des Indépendants de la musique prend part à la poursuite de la démarche inter-réseaux et fédérations après la plénière du 16 avril 2018 à l’Assemblée Nationale. Il est signataire du communiqué de presse inter-organisations :
POUR UNE CONCERTATION SUR LES POLITIQUES PUBLIQUES EN FAVEUR DE LA MUSIQUE
Objet : Poursuite de la démarche inter-réseaux et fédérations après la plénière du 16 avril 2018 à l’Assemblée Nationale.
« Vingt-deux fédérations nationales et réseaux régionaux des musiques ont, le lundi 16 avril dernier à l’Assemblée Nationale, ouvert une concertation large sur les politiques publiques en faveur de la musique. Les 120 participants, représentant une pluralité des musiques d’aujourd’hui, ont partagé leurs analyses respectives des enjeux auxquels sont confrontés les acteurs des musiques, convergeant en premier lieu sur la nécessaire affirmation de la diversité des initiatives (artistiques, des acteurs, des projets, des modèles économiques…).
Diversité qui a fait l’objet des interventions des réseaux et fédérations, dans un élan inédit réunissant les acteurs de la création, la production, la diffusion et des pratiques des musiques, représentant majoritairement des initiatives privées qui enrichissent et dynamisent les territoires, portent une forme d’utilité sociale et concourent à l’intérêt général, souvent en partenariat avec des collectivités territoriales et parfois le Ministère de la Culture.
Diversité qui, selon Emmanuel Négrier, chercheur en science politique invité à introduire les débats, a représenté pendant dix années un socle des politiques publiques de la culture, prenant en compte l’expérience musicale des personnes, les modèles économiques, les activités, et les philosophies d’intervention. Or, l’ensemble des participants partage l’analyse que les politiques publiques, telles qu’elles sont dessinées aujourd’hui, risquent de restreindre la diversité pourtant défendue dans les discours tenus.
Ces coopérations et partenariats essentiels qui participent d’un écosystème sont en grand danger si les orientations concernant, tant le projet de Centre National de la Musique que l’ensemble de la politique du Ministère, ne prennent pas mieux en compte la diversité des initiatives privées d’intérêt général.
Tous, d’une même voix, ont appelé de leurs voeux à des politiques publiques en faveur des musiques, intégrant la complexité de ce champ culturel, dans sa construction historique et sa structuration actuelle, du national au local.
Ne laissons pas s’appauvrir la diversité des esthétiques, des modèles et des pratiques des personnes, en ne considérant que deux modèles dominants, celui du service public d’une part et celui de l’industrie lucrative de l’autre.
Nous prenons acte de la parole de la Ministre de la Culture Françoise Nyssen, le 25 avril dernier, et lui assurons notre concours dans sa volonté de développer des alternatives à la concentration. Nous partageons son attachement à la concertation et rappelons notre souhait que celle-ci englobe l’ensemble des politiques publiques en faveur des musiques et ce, en particulier, dans le contexte actuel où l’État mène une réflexion sur l’ensemble des modalités de l’action publique dans le cadre du Comité Action Publique 2022.
Nous appelons Madame la Ministre de la Culture et Mesdames Messieurs représentants des collectivités territoriales à se saisir des questions posées et à y montrer un intérêt en participant à la prochaine étape d’une concertation d’ores et déjà lancée en ce lieu symbolique de l’assemblée nationale. Un rendez-vous sera confirmé en septembre 2018. »
Le 22 mai 2018, les réseaux et fédérations.
LES SIGNATAIRES :
AJC, APRÈSMAI, COLLECTIF CULTURE BAR-BARS, FAMDT, FEDELIMA, FERAROCK, FEVIS, FRACAMA, FRANCE FESTIVAL, FUTURS COMPOSÉS, GRANDS FORMATS, HAUTE-FIDELITÉ, OCTOPUS, LE PAM, POLCA, LE PÔLE, RADIO CAMPUS FRANCE, RIF, RIM, RMAN, UFISC, ZONE FRANCHE.
Les festivals composent aujourd’hui un paysage riche et varié qui recouvre l’ensemble du champ culturel. Fort de l’existence de nombreuses manifestations touchant aux musiques actuelles, le territoire régional est un bel exemple de ce fourmillement dynamique. Ces nombreux événements sont construits sur des mécaniques territoriales et structurelles qui demandent un questionnement constant de leurs formes d’implication sociétale et de structuration.
Vos échanges permettront notamment d’affiner le regard du Conseil Régional Nouvelle-Aquitaine sur son prochain cadre d’intervention dédié aux manifestations.
Lors de cette journée, 2 sessions de débat aborderont les thématiques suivantes :
Diversité artistique et droits culturels
Régulations interprofessionnelles, quelles articulations possibles des politiques publiques ?
Développement territorial
L’impact des festivals est-il un moteur pour le développement local ?
Infos & contacts
Rémi Chastenet (chargé de mission concertation au RIM)
Le Contrat de filière musiques actuelles et variétés en Nouvelle-Aquitaine, espace de dialogue et d’innovation, vise à répondre aux problématiques des acteurs du secteur des musiques actuelles et des variétés en région Nouvelle-Aquitaine. Au sein du Contrat de filière, le fonds créatif, abondé par l’État, la Région Nouvelle-Aquitaine et le CNV, coordonné par le RIM (Réseau des Indépendants le Musique) permet de lancer des appels à projets expérimentaux co-construits avec les acteurs dans le cadre des concertations.
Le dispositif d’aide à la mobilité des artistes et des professionnels coordonné par le LABA et soutenu spécifiquement par la Région Nouvelle-Aquitaine a pour objet l’accompagnement au développement à l’international des professionnels de la région Nouvelle-Aquitaine selon 3 types d’actions.
Projet HO HO / HOME HOSPITALITY – aide à la mobilité des professionnels de la médiation
Suite à l’enquête menée par le LABA en 2016, et les préconisations développées lors du projet Living room, le LABA a identifié une demande des acteurs de la filière sur les questions de médiation, auprès de publics roms. Cet appel à projet a pour objectif de former les acteurs de la filière sur leur capacité à innover dans le domaine de la médiation.
Mobilité internationale des jeunes entrepreneurs musicaux
Son objectif est de permettre à des jeunes entrepreneurs de développer leur marché et leur activité à une échelle internationale. Ce programme propose une assistance pratique et financière pour se former et développer de nouveaux contacts à l’étranger en vue de développer son activité commerciale internationale.
Cet appel à projet soutiendra la mobilité des professionnels de la filière musique sur 4 marchés mondiaux : le Womex 2018, l’Apap 2019, le Reeperbahn 2019, le Japan Content Showcase 2019. Ainsi que le développement des démarches d’internationalisation des structures de la filière musique par l’organisation de sessions d’informations collectives en Région Nouvelle- Aquitaine et, selon les besoins, par des rendez-vous individualisés.
Guy Garcia (directeur du Sans Réserve), Caroline Pioger (chargée de communication et d’action culturelle du Sans Réserve) et Rémi Chastenet (délégué territorial du RIM) vous parlent de l’histoire du Sans Réserve, scène de musiques amplifiées emblématique de Périgueux, de l’histoire du label d’État « SMAC » et du métier de chargé de communication dans une salle de musiques actuelles !
En 2016, 4 appels à projets ont été lancés dans le cadre du Fonds Créatif Nouvelle-Aquitaine : « développement artistique », « coopérations professionnelles », « soutien aux labels indépendants structurants » et « développement numérique et nouveaux usages « .
Que sont devenus les projets lauréats? Où en sont-ils de leur déploiement?
Nous sommes allés à la rencontre du label Banzaï Lab, lauréat de l’appel à projets « développement artistique » et porteur du projet La Mue. Point d’étape.
Rappel du projet en trois lignes :
LA MUE “Laboratoire d’Accompagnement des Musiques Urbaines Émergentes”, a pour objectif de favoriser l’émergence de nouveaux talents en Nouvelle-Aquitaine. C’est un dispositif de détection et d’accompagnement qui s’est construit dans une dynamique de coopération territoriale avec des acteurs professionnels autour d’une stratégie favorisant le développement artistique.
RIM : Quel a été l’élément déclencheur du projet?
Banzaï Lab : L’association ASIL a pour objet « la promotion et la diffusion de projets artistiques interdisciplinaires, de musiciens et de groupes musicaux ». Dès 2010, nous avons tenté de formaliser la fonction de développeur en Musiques Actuelles par le biais d’une typologie des accompagnements opérationnels.
Suite à de nombreuses rencontres professionnelles, nous avions pris conscience de l’aspect novateur de notre positionnement. En France, il existait extrêmement peu de structures associatives de développement artistique et socioprofessionnel appréhendées, comme nous le faisons, de manière globale et simultanée. Banzaï Lab est donc un projet pilote. Notre fonctionnement expérimental sera progressivement modélisable.
RIM : En quoi l’aide accordée a-t-elle permis à votre projet de se réaliser?
Banzaï Lab : En 2016, nous avons été lauréats de l’appel à projet Développeurs d’Artistes lancé dans le cadre du Fonds Créatif Nouvelle-Aquitaine. Nous avons reçu une subvention de 10 000€. Cette première reconnaissance manifeste d’une institution publique est venue souligner le travail de développement artistique mis en œuvre depuis 2008 par l’ASIL autour du projet Banzai Lab. En 2017, la Région Nouvelle-Aquitaine a renouvelé son soutien à notre projet de structure dans le cadre du dispositif d’aide au label structurant.
Un des axes de notre projet était d’organiser un tremplin de musiques urbaines à l’échelle de la Nouvelle-Aquitaine et en coopération avec des acteurs de la filière sur l’ensemble du territoire. C’est pourquoi nous avons attribué 5000€ de la subvention perçue en 2016 pour lancer ce nouveau projet.
Nous avons alors organisé le tremplin LA MUE, l’objectif de ce projet est de favoriser l’émergence de nouveaux talents dans la région. À l’issue du tremplin et des différentes phases de sélection, 3 lauréats bénéficieront d’un accompagnement spécifique selon les dotations du “Prix Banzai Lab”, du “Prix des Pros” et du “Prix du public”.
Ainsi, les 5 artistes finalistes ont participé à la finale du tremplin le mardi 10 avril 2018 à la Rockschool Barbey. Tous ont présenté des performances live de grande qualité. Le prix Banzaï Lab a été attribué à l’artiste « Obsimo », le prix des Pros a été attribué au groupe « Génial au Japon », le prix du public a été attribué dans un deuxième temps au groupe « Met-H-Ode ».
Crédits photo : Astrid Lagougine
En quoi ce projet permet-il de répondre à des besoins (de la structure, du territoire, ou du secteur)?
Le constat partagé par plusieurs acteurs fait écho au fait qu’avant le projet LA MUE, il n’existait pas de dispositif de détection et d’accompagnement de cette envergure en Nouvelle-Aquitaine. Seulement des dispositifs à l’échelle nationale ou des anciennes régions.
La nouvelle configuration territoriale de la Nouvelle-Aquitaine ouvre un vaste chantier de collaboration professionnelle dans le champ des musiques actuelles avec la création du RIM. Le projet LA MUE permet de créer du lien entre les acteurs (Artistes, SMAC, Label, Médias, Fédération) dans ce nouvel environnement géographique.
Il existe un vivier important de projets artistiques en Nouvelle-Aquitaine et nombreux, ne sont pas accompagnés par des SMAC. La première édition de LA MUE a révélé que 80% des 147 projets artistiques ayant postulés pour être accompagnés par le dispositif n’étaient pas suivis par des SMAC.
Ce dispositif fédérateur suscite de la part des différents acteurs des musiques actuelles un fort intérêt : 147 groupes de musique et 20 partenaires impliqués. C’est pourquoi notre ambition est de pérenniser le projet LA MUE sur le long terme à la fois sous l’angle du dispositif d’accompagnement et sur la préfiguration d’un développement d’échelle des partenaires réunis autour du projet.
Crédits photo : Astrid Lagougine
Typologie et rôle de chacun des partenaires dans le projet :
Structure de diffusion et d’accompagnement : • Fédération Hiero : Limoges, 87 – ass 1901 – Membre du Jury LA MUE
• L’Ampli : Pau, 64 ass 1901 – Membre du Jury LA MUE – SMAC
• Le Sans Réserve : Périgueux, 24 ass 1901 – Membre du Jury LA MUE – SMAC
• Rockschool Barbey – PAD : Bordeaux, 33ass 1901 – Membre du Jury LA MUE – SMAC
• Rocher de Palmer Musiques de nuit : Cenon, 33 ass 1901 – Membre du Jury LA MUE – SMAC
• KRAKATOA – TRANSROCK : Mérignac, 33 ass 1901 – Membre du Jury LA MUE – SMAC
• Rock et Chansons – AREMA : Talence, 33 ass 1901 – Membre du Jury LA MUE – SMAC
• En Vie Urbaine : Niort 79 – ass 1901
• SMAC d’agglo : Bègles 33
Média :
• Beaub FM : Limoges, 87 – ass 1901 – Membre du Jury LA MUE
• O2 Radio : Bordeaux, 33 – ass 1901
• La grande Radio : Bordeaux, 33 – ass 1901
• Muzzart : Bordeaux, 33 – ass 1901
• Radio Campus Bordeaux : Bordeaux, 33 – ass 1901
• Aquitaine Online : Saint Medart en Jalles, 33 – SARL
Studio d’enregistrement :
• Milk Music : Bordeaux, 33 – Association déclarée
Crédits photo : Astrid Lagougine
Crédits photo : Astrid Lagougine
Un projet soutenu par le Contrat de filière musiques actuelles et variétés en Nouvelle-Aquitaine : État, CNV (Centre National de la chanson, des Variétés et du jazz) et Région Nouvelle-Aquitaine.
Réunis à l’Assemblée nationale le lundi 16 avril dernier, les fédérations nationales et réseaux régionaux de la musique ont appelé de leurs vœux une concertation large sur les politiques publiques en faveur de la musique. Les 120 participants, représentant la pluralité des musiques d’aujourd’hui ont partagé leurs analyses respectives des enjeux auxquels sont confrontés les différents maillons de la filière musicale, convergeant en premier lieu sur la nécessaire défense des initiatives. Lors de ce temps, Jocelyn Borde, président de la Fraca-Ma a pris la parole au nom de la Coopération des Pôles et Réseaux régionaux de musiques actuelles. Vous trouverez ici son texte d’intervention
« Les Pôles et Réseaux pour lesquels je m’exprime aujourd’hui fédèrent les acteurs des musiques actuelles au niveau régional.
Ils créent des espaces pérennes de dialogue et favorisent ainsi la prise en compte de l’ensemble de l’écosystème musical et rendent possibles des coopérations sur de nombreux enjeux artistiques, culturels, économiques et sociétaux.
C’est fortes de la diversité qu’elles représentent que ces organisations souhaitent mettre en partage leurs diagnostics et préconisations en matière de politiques publiques liées au domaine musical.
Depuis le rôle essentiel joué par la France dans l’adoption de la déclaration universelle sur la diversité culturelle, l’objectif des Droits culturels des personnes s’impose peu à peu dans la politique culturelle française.
La loi NOTRe en a défini les contours et l’éthique et la loi LCAP, insistant sur la nécessaire articulation entre l’État, les collectivités et les acteurs pour la mise en œuvre d’une politique « construite en concertation avec les acteurs de la création artistique« .
Il convient ainsi de rappeler avec force les recommandations de l’ONU qui énonce clairement que le respect des Droits culturels est indissociable du « droit de prendre part au développement de la communauté à laquelle une personne appartient, ainsi qu’à la définition, à l’élaboration et à la mise en œuvre de politiques et de décisions qui influent sur l’exercice des droits culturels […] ».
Ce document impose par ailleurs aux États « l’adoption d’une législation appropriée et la création de mécanismes efficaces qui permettent aux personnes, individuellement, en association avec d’autres […] de prendre part effectivement à la prise de décisions […] »
Les pôles et réseaux régionaux souhaitent ainsi affirmer, au regard de la loi et de l’enjeu universel des Droits culturels, leur volonté d’assumer une responsabilité partagée avec les partenaires publics et les acteurs culturels, tel que cela est défini par l’ONU : « Les communautés et les associations culturelles jouent un rôle fondamental dans la promotion du droit de chacun de participer à la vie culturelle aux niveaux local et national, en coopérant notamment avec les États parties à l’exécution des obligations qui leur incombent […] »
Le respect des droits culturels et de la diversité artistique et culturelle est une question fondamentale pour les politiques culturelles.
Les structures que nous représentons contribuent à la diversité culturelle par la multiplicité de leurs identités, formes, publics, créations, activités et disciplines artistiques. Différentes et complémentaires, elles participent à l’évolution de la société et à l’enrichissement sensible et intellectuel des individus qui la composent.
La prise en compte de cette diversité des initiatives est indispensable pour permettre la diversité culturelle et artistique. C’est particulièrement vrai pour le secteur musical, composé aujourd’hui d’une myriade de petites et très petites entreprises (majoritairement associatives), mais également par des entreprises d’envergure nationale, voire internationale, ainsi que par des structures publiques. Les musiques actuelles ne peuvent véritablement se développer sans un maintien, et même un renforcement, de cette diversité et la recherche d’un meilleur équilibre au sein de cet écosystème.
Or, force est de constater que la concentration économique à l’œuvre aujourd’hui est une véritable menace pour la diversité des structures que nous représentons. Dans ce cadre, les politiques publiques, à travers leurs cadres d’intervention au niveau national et territorial, doivent contribuer à garantir le développement équilibré de la filière.
Les musiques actuelles sont bien plus qu’un mouvement artistique. Elles portent en elles une dimension culturelle et sociétale qui ne doit plus leur être nié.
Les réseaux territoriaux défendent et mettent en œuvre le dépassement des segmentations historiques du secteur musiques actuelles, mais aussi celles des politiques publiques. En assumant de prendre en considération un écosystème de plus en plus complexe, bien au-delà des seuls acteurs culturels, les réseaux permettent d’agir, au plus près des acteurs concernés, sur les principales politiques transversales au cœur des enjeux de société :
créativité, citoyenneté, liberté, responsabilité
participation,production, diffusion et internationalisation
développement des territoires, proximité et mobilité
développement de l’emploi et des compétences
formation et insertion
développement économique et numérique
transition énergétique, développement durable et responsabilité sociétale
recherche et innovation
gouvernance
Cette approche systémique des musiques actuelles doit trouver une traduction dans le projet de Centre National de la Musique, tant dans ses missions (concerter, construire, innover, redistribuer, réguler) que dans son processus de création.
C’est pour répondre à cet enjeu que les Pôles et Réseaux territoriaux demandent, aux côtés et en complémentarité des fédérations nationales de notre secteur, une participation pleine et entière à la mise en œuvre d’une co-construction de ces nouveaux modèles de politiques en faveur des musiques actuelles.
A l’heure des lois NOTRe et LCAP, à l’heure également de la gestion par les Régions des programmes opérationnels européens ou des Schémas Régionaux de développement économique, d’innovation et d’internationalisation, la réflexion et la mise en œuvre des politiques publiques de la culture ne peut se faire sans un dialogue étroit et permanent avec les territoires.
C’est un des objectifs de l’interpellation des organisations à l’initiative de cette journée de Concertation. L’État doit être garant, directement ou par le biais de son établissement national, d’une conception et d’un déploiement équitable et concerté de la politique culturelle sur les territoires.
Dans ce cadre, il apparaît nécessaire de renforcer les dynamiques de co-construction engagées localement.
Et ce, afin de favoriser un développement culturel en répondant aux enjeux de tous les territoires, dans leur articulation avec une vision nationale renouvelée.
À ce titre, la mise en œuvre de Contrats de filière « musiques actuelles et variétés » ambitieux, surtout s’ils sont signés aux cotés des Régions, de l’État et du CNV, est perçue par les acteurs comme une opportunité de repenser les politiques publiques en faveur des musiques actuelles.
Les enjeux sont majeurs :
accompagner les acteurs de la filière dans les mutations qu’ils rencontrent afin de sécuriser leur développement et d’encourager l’innovation,
adapter les acteurs aux enjeux numériques, environnementaux, sociaux, sociétaux et économiques,
expérimenter une politique publique conjointe en faveur des musiques actuelles, impulsant ainsi une articulation progressive des politiques publiques de droit commun,
élaborer, et c’est bien la question que nous abordons aujourd’hui, une mécanique de concertation pérenne avec la filière et la diversité de ses partenaires publics et privés.
Si les pôles et réseaux se sont constitués progressivement dans des contextes différents, leurs similitudes sont de plus en plus fortes.
La réorganisation récente des régions a favorisé depuis plus de trois ans des dynamiques de regroupement et une forte ouverture des réseaux à l’ensemble de l’écosystème musical.
Preuve de la volonté des acteurs musicaux de se rassembler dans leur diversité pour travailler ensemble et contribuer collectivement à faire progresser les pratiques, en complémentarité et parfois même à l’initiative de structurations ou d’innovations nationales.
Les 14 Pôles et Réseaux régionaux représentent à ce jour plus de 1200 structures du secteur des musiques actuelles : managers, salles de concerts, tourneurs, structures de formation ou d’accompagnement, festivals, labels indépendants, cafés-culture, studios d’enregistrement et de répétition, collectifs d’artistes, écoles de musique, médias indépendants, etc.
Ceci tout en dépassant, depuis longtemps déjà, les segmentations esthétiques et juridiques des musiques actuelles. Au sein des réseaux se croisent tous les métiers, toutes les musiques, tous les modèles économiques et toutes les dynamiques culturelles.
Ils représentent ainsi plus de 4000 salarié.e.s permanent.e.s.
C’est une diversité et une force inédites qui font des Pôles et Réseaux des espaces permanents de concertation pour l’ensemble des parties prenantes des musiques actuelles.
Ils portent des missions d’intérêt général qui, en complémentarité du processus de concertation, permettent d’accompagner durablement le développement et la structuration de l’écosystème musical.
Ils rappellent l’importance d’agir en proximité. Une proximité loin de tout repli sur soi, tournée vers les grand enjeux et interlocuteurs nationaux et européens.
Un grand nombre d’innovations du secteur sont d’ailleurs directement issues des territoires. Pour ne citer que quelques exemples :
l’expérimentation du dispositif d’aide à l’emploi artistique dans les Cafés-Cultures en Pays-de-la-Loire avant son déploiement national
la création d’un Contrat de Filière régional musiques actuelles et variétés en Nouvelle Aquitaine
la création d’un fonds de trésorerie mutualisée dans le Grand-Est
le déploiement de Métiers Culture, plateforme emploi-formation-compétences en région Centre-Val de Loire
la co-fondation en Ile de France, avec la Fedelima et le SMA, d’une solution nationale de billetterie solidaire portée par la Coopérative Socoop
Plus globalement, l’émergence artistique, les droits culturels, le développement territorial, l’emploi, la formation et l’insertion, l’accompagnement de l’entrepreneuriat, le développement économique, la prise en compte des structures de production et de développement artistique, les méthodes d’observation et les démarches responsables sont autant de thèmes sur lesquels les pôles et réseaux régionaux ont su faire la démonstration de la maturité collective des acteurs de musiques actuelles.
Les acteurs de musiques actuelles, inscrits dans une démarche éthique liée à la diversité artistique et culturelle, sont un atout pour l’ensemble des échelons territoriaux.
Leurs mises en réseaux multiples témoignent d’un engagement responsable exemplaire en faveur d’un développement concerté, solidaire et coopératif de leur secteur.
Aux côtés des organisations fédératives ou syndicales nationales, les réseaux régionaux disposent d’une vraie légitimité et apparaissent comme des interlocuteurs pertinents et précieux dans la dynamique de co-construction des politiques publiques :
diversité professionnelle de leurs adhérents et partenaires,
diversité des territoires et respect de la complexité en leur sein même,
capacité à agir sur le fonctionnement même de l’écosystème (coopérations, accompagnements, etc.),
porosité de leurs actions vers d’autres formes culturelles, sociales et économiques,
mise en place d’actions et de dynamiques privilégiant les circuits courts,
capacité de pondération des phénomènes de concentrations (industrielles et territoriales) en cours au sein de la filière
Œuvrant pour l’intérêt général, disposant d’une expertise sur les spécificités et enjeux territoriaux, les réseaux ont atteint un niveau de maturité tel qu’ils sont une partie prenante légitime et un interlocuteur incontournable de la co-construction de politiques publiques ambitieuses et renouvelées en faveur des musiques actuelles.
Aussi, aujourd’hui, ils souhaitent :
réaffirmer leur complémentarité, leur articulation et leur coopération avec les organisations nationales présentes ici
être reconnus pour leurs missions d’intérêt général, encore ignorées par de trop nombreux partenaires publics et par les réflexions sur le futur établissement national de la musique,
être reconnus et soutenus comme des interlocuteurs majeurs et centraux, tant pour la structuration et le développement des musiques actuelles que pour l’élaboration des politiques publiques nationales et territoriales,
défendre la nécessité d’un nouveau modèle de développement global capable de dépasser la segmentation de la filière pour s’emparer autant des enjeux transversaux de l’écosystème (numérique, emploi, économie, développement durable…) que de la notion de développement territorial.
Ce dernier point est tout sauf anodin. Il sous-tend un effort partagé de réalignement, depuis les territoires jusqu’à l’organisation du Ministère de la Culture, en passant par les Contrats de Filière, l’évolution de l’organisation interne du secteur et de son futur établissement national. Il ne peut plus être question uniquement de métiers ou d’esthétiques. Il doit être maintenant question des enjeux transversaux, fondamentaux, que nous partageons tous.
Au final, il s’agit bien de coopération. Il s’agit bien, pour nous tous ici – citoyens, acteurs musicaux, réseaux territoriaux, fédérations nationales, syndicats, collectivités, établissement public national, État – de dépasser les contradictions afin d’assumer collectivement ce que préconisent les principales normes internationales de développement durable, ce que portent les grands textes internationaux et ce que nous dit l’état de droit : nous sommes les parties prenantes d’un fait de société. Nous devons en assumer collectivement la responsabilité. »
Certaines structures s’intéressent à ces questions sans pour autant bien cerner ce que veulent dire ces termes et ce que représente la mise en place d’une démarche de responsabilité sociétale pour une organisation de musiques actuelles.
Le RIM propose une première rencontre le mercredi 2 mai de 10h à 16h à Bordeaux, pour éclaircir toutes ces questions. Lors de cette journée, nous vous proposons de :
présenter les différents axes concernés par la responsabilité sociétale,
écouter le témoignage du Florida qui a suivi un accompagnement à cette démarche pendant 2 ans,
identifier vos besoins en matière d’accompagnement,
vous présenter CONFER (organisme de formation richesses humaines émanant de AGEC&CO).
Pour des raisons de calendrier, cette journée a été organisé dans des délais assez court. Si toutefois vous êtes intéressé-e-s mais ne pouvez pas vous rendre disponible, pas de panique, d’autres modules comme celui-ci seront prévus. N’hésitez pas à le faire savoir à Malika ou à en discuter avec votre délégué-e territorial-e.