Droits culturels et pratiques en amateur : exigence éthique, ambition démocratique

Le CESER a adopté le 23 janvier 2020 le rapport « Droits culturels et pratiques en amateur : exigence éthique, ambition démocratique. Pour une transition culturelle de l’action publique en Nouvelle-Aquitaine » présenté par la commission « Vie sociale, culture et citoyenneté ».

Le CESER de Nouvelle-Aquitaine a souhaité aborder les pratiques en amateur comprises dans leur sens large tel que défini par l’UNESCO. Ces pratiques culturelles en amateur (dont les pratiques artistiques) intéressent une large partie de la population, mais restent, pour l’essentiel, assez mal reconnues dans les politiques publiques.

L’analyse des pratiques en amateur réalisée par le CESER révèle qu’elles ne sont pas uniformément ou également réparties dans la société, selon l’origine sociale, le niveau de diplôme ou de revenu. La participation effective ou active à la vie culturelle implique un minutieux travail d’accompagnement, de médiation et d’éducation populaire, au plus près des personnes et des territoires, afin de mettre celles-ci en capacité de s’exprimer, de créer, de partager leurs imaginaires…

Le CESER propose de réinterroger le sens et la portée des politiques culturelles en région, et ainsi contribuer à une transition culturelle de l’action publique en Nouvelle-Aquitaine.

Éric ROUX, représentant du RIM au CESER et rapporteur de ce dossier « Il ne s’agit pas simplement de nourrir le champ étroit d’une politique culturelle définie comme secteur d’intervention. Il s’agit plus fondamentalement d’irriguer les politiques régionales à l’éclairage des droits culturels des personnes. »

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[CDF2020-2023] Ouverture des candidatures à 3 appels à projets !

La Région Nouvelle-Aquitaine, la DRAC Nouvelle-Aquitaine, le Centre national de la musique et le Réseau des Indépendants de la Musique (RIM), ont signé le troisième contrat de filière (2020-2023) en faveur des musiques actuelles et des variétés en région Nouvelle-Aquitaine.

Le Contrat de filière, espace de dialogue et d’innovation, vise à répondre aux problématiques des acteurs du secteur des musiques actuelles et des variétés de Nouvelle-Aquitaine.

Au sein du contrat de filière, le fonds créatif, abondé par l’État, la Région Nouvelle-Aquitaine et le CNM (Centre national de la Musique), coordonné par le RIM (Réseau des Indépendants de la Musique) permet de lancer des appels à projets expérimentaux co-construits avec les acteurs dans le cadre des concertations.

Appels à projets 2020

Développement des coopérations professionnelles

Soutenir des coopérations innovantes et la mise en commun de compétences en vue de construire des partenariats durables autour d’enjeux d’utilité sociale pour l’ensemble de l’écosystème musical.

PAGE DE L’APPEL À PROJETS

Soutien aux projets culturels de proximité

Soutenir les lieux ou projets de diffusion ou de pratiques, dédiés aux musiques actuelles ou nés d’initiatives portées par des acteurs d’autres secteurs d’activité (médias, cafés cultures, etc.) dans la mise en œuvre de leur projet culturel de proximité.

PAGE DE L’APPEL À PROJETS

Transition énergétique des festivals

Accompagner les festivals de musiques actuelles dans l’élaboration d’une stratégie permettant la mise en œuvre de leur transition énergétique.
Cet accompagnement doit permettre une meilleure compréhension des enjeux énergétiques afin de donner les outils nécessaires à la conception et l’élaboration d’une stratégie globale à long terme.

PAGE DE L’APPEL À PROJETS

[MANIFESTE] Quelle culture pour la Réunion ?

photo de campagne 2015-2021 arborant le slogan "La Réunion Positive !"

crédit photo : IMAZPRESS – http://www.ipreunion.com

Une filière mise en danger

Le Conseil Régional de La Réunion a voté fin janvier, contre toute attente (et à l’encontre des orientations budgétaires présentées fin 2019), un budget pour la culture, avec une coupe de 5,3 millions d’euros, ce qui représente une baisse globale de -39%, et dans le détail -73% pour les associations culturelles, -72% pour l’éducation artistique, -56% pour la littérature et les langues régionales, -52% pour les manifestations culturelles, -33% pour les lieux et salles, -100 pour les aides à l’export… Il s’agit d’une situation de désengagement sans précédent dans l’histoire de l’île et dans des proportions inégalées.

Face à la réaction massive des acteurs culturels, le Président de Région s’est engagé
devant les médias et par courrier à ce que le budget alloué à la culture dans le budget
voté le 30 janvier dernier, soit « réabondé pour retrouver le niveau d’intervention habituel
et conséquent de La Région », lors d’une Décision budgétaire Modificative (DM) en juin
2020. Celle-ci demeure néanmoins hypothétique car inféodée à la (bonne) gestion
budgétaire du Conseil Régional.

Appel à la co-construction

Les acteurs culturels restent donc mobilisés pour co-construire les conditions de survie des artistes, des équipes, des emplois, des lieux, des manifestations, des publics et des projets que chacun d’entre eux porte au service du territoire réunionnais.

Il s’agit dans un premier temps de mettre en place avec les services de La Région un rééquilibrage au sein de l’enveloppe votée, afin de préserver les activités des structures sur ce début d’année 2020 et dans la perspective du budget réajusté. En parallèle, doivent être élaborées conjointement les conditions préparatoires pour la DM du mois de juin.

Il nous semble aussi primordial de créer au plus vite des espaces de dialogues entre la Région, les autres collectivités, l’État et les représentants du secteur, de nature à favoriser la concertation indispensable à la co-construction de politiques publiques en faveur de la culture.

Cette co-construction est indispensable pour être en cohérence avec les réalités de La Réunion et s’aligner sur les lois NOTRe et CAP (loi relative à la liberté de la Création, à l’Architecture et au Patrimoine) qui ré-affirment la mission de la collectivité régionale en faveur du développement économique, social et culturel territorial.

La culture ne peut être une variable d’ajustement

La culture et le spectacle vivant occupent une place cruciale dans l’histoire de La Réunion et dans la construction de notre identité commune. Les artistes et opérateurs culturels irriguent la société réunionnaise, favorisent la cohésion sociale et le vivre ensemble. Ils sont autant de balises qui accompagnent chacun dans sa vie quotidienne comme dans sa représentation du monde. Ils assurent des missions de service public et d’éducation populaire indispensables à notre démocratie.

Les acteurs du spectacle vivant et de la culture sont les premiers garants du respect des droits culturels des personnes, pour faire « mieux humanité ensemble 1 ». La mise en danger de l’intégrité de notre filière apparaît donc comme une négation des principes de diversité culturelle et de dignité des personnes, tels que les défend l’UNESCO.

La culture représente aussi 2,3% du PIB de la France (plus que le secteur automobile et pharmaceutique), avec près de 600.000 actifs, dont un tiers des effectifs dans le spectacle vivant. À La Réunion, le poids économique de la filière créative est également considérable et le seul secteur du spectacle vivant compte plus de 200 structures et 1.200 professionnels, acteurs économiques à part entière, qui œuvrent autant au rayonnement de la culture réunionnaise qu’ils sont des moteurs de l’attractivité de notre territoire. Leurs activités impactent directement les secteurs du tourisme, de l’hôtellerie-restauration, des transports, des médias, etc….

Et demain ?

La situation que nous connaissons démontre la fragilité de l’équilibre en construction depuis une trentaine d’année au sein du secteur culturel. Nous avons su nous adapter à de nouvelles contraintes artistiques, à des médiums en évolution, à des modes de représentations et de rapport au « public » et à la médiation en constante interrogation.
Nous avons su construire un écosystème avec des partenaires publics variés dont les prérogatives ont changé avec le temps mais pour qui la place de la culture ne s’est pas démenti. Nous, artistes et opérateurs culturels, nous sommes professionnalisés et structurés. Nous avons intégré les enjeux du numérique et de la nécessaire hybridation de nos ressources, avec la constitution de fonds propres et de partenariats privés. Nous sommes non seulement en phase avec notre époque mais aussi alignés sur notre histoire et les pionniers d’une société mondialisée en recherche permanente de sens et de valeurs. Nous sommes porteurs d’innovation et les piliers d’une économie sociale et solidaire au service de l’intérêt général. C’est pourquoi le soutien public à la culture n’est pas une alternative, mais une absolue nécessité, qui ne peut être remise en question selon des choix politiques et les aléas budgétaires qui en découlent. « La subvention publique relève du contrat social et républicain porteur de missions de service public, à mêmes de garantir l’existence de créations qui n’existent qu’à cette condition de financement. C’est un accord conclu entre l’artiste et la société dans une « exception » aux logiques du marché ».

C’est donc cette conviction commune que les artistes et les acteurs culturels de La Réunion veulent porter sur leur territoire et au-delà, avec la Région Réunion, l’Etat et les collectivités.

Quels sont la place et le sens de la culture à/de La Réunion ? Nous voulons y répondre ensemble. La bannière de -73% pour les associations culturelles est un symbole que chacun doit s’employer à faire vivre en solidarité, tant que les ajustements budgétaires nécessaires n’auront pas été effectués, dans une vision co-construite de notre avenir ultra-marin.

A quoi servent les artistes dans ce monde qui préfère les chiffres aux lettres et dont la folie des chiffres menace de nous faire chavirer dans le chaos ? Que celui qui n’a besoin ni de chansons, ni d’images, ni de poèmes, ni de romans, ni de films, ni de pièces de théâtre, ni de musique pour que se dise sa vie quand il ne sait plus la dire, pour que s’écoule son chagrin quand il ne sait plus pleurer, que celui-là tranche la gorge aux oiseaux. Que celui qui n’a pas besoin d’artiste retienne ses larmes à jamais et brise par avance ses éclats de rire

Yvon LE MEN

Manifeste du réseau des acteurs culturels du spectacle vivant de La Réunion KOLÈT’ et des représentants de la filière culturelle réunis.

Contact :
KOLÈT’
Réseau des acteurs du spectacle vivant de la Réunion
kolet.mission@gmail.com
+262 6 93 32 13 11

[ENSEMBLE] Agir ensemble pour que vive la musique !

À l’occasion du lancement des cinq appels à projets, la Région Nouvelle-Aquitaine revient sur le  contrat 2017-2019 de filière musiques actuelles en Nouvelle-Aquitaine. Objectifs : soutenir l’innovation, la coopération entre structures, le dialogue avec les institutions et le lien avec les territoires !

Source : Région Nouvelle-Aquitaine.

Première nationale

Signé le 1er septembre dernier par le président de Région Alain Rousset, la ministre de la culture Françoise Nyssen, Gilles Petit, président du CNV et le RIM (Réseau indépendant de la musique en Nouvelle-Aquitaine), ce contrat de filière est une première en France. Il est le fruit d’une volonté commune de penser, d’articuler et d’accompagner les politiques publiques en faveur des musiques actuelles et des variétés sur les territoires régionaux. Le contrat rassemble tous les acteurs de cette filière dans une dynamique commune de développement au service des artistes et des populations sur un territoire. Cette nouvelle convention 2017-2019 est dotée de 240 000 € provenant de la Région (110 000 €), du CNV (110 000 €) et de l’État (20 000 €).

Depuis le début des années 2000, les trois régions qui composent aujourd’hui la Nouvelle-Aquitaine se sont engagées dans la construction des politiques publiques en faveur des musiques actuelles et des variétés en partenariat étroit avec l’État et les réseaux représentatifs des acteurs du secteur. Cette démarche de concertation a notamment permis la mise en œuvre d’une politique régionale singulière dotée de presque 5,5 millions d’euros. Sur l’ensemble de la Nouvelle-Aquitaine, on compte ainsi un maillage unique en France de treize labels SMAC – Scènes de musiques actuelles – sur 16 lieux différents.

Diagnostic partagé

Le contrat de filière 2017-2019, fruit d’une réflexion entre professionnels et institutions, cherche à répondre de façon collective aux enjeux de l’écosystème des musiques actuelles et des variétés. Il s’appuie sur un diagnostic partagé par l’ensemble des partenaires. Si les musiques actuelles encouragent l’innovation et permettent le déploiement de projets artistiques et culturels, leur écosystème, composé principalement de TPE et d’associations, montre également une grande fragilité.

Dans ce cadre, le contrat de filière et donc les nouveaux appels à projets qui en émanent ont pour objectif :

  • D’encourager l’adaptation aux enjeux numériques et environnementaux ;
  • D’accompagner les mutations professionnelles et l’évolution des compétences ;
  • De susciter la coopération entre les acteurs de la filière des musiques actuelles pour créer des dynamiques artistiques et territoriales ;
  • D’impulser l’évolution des modèles économiques ;
  • De repenser les modèles de gouvernance et la relation aux personnes dans une perspective de diversité culturelle et du respect des droits culturels des personnes.

Cette démarche s’appuie sur une concertation au long cours avec les professionnels, confirmant ainsi la volonté des signataires de co-construire avec les acteurs de la filière, partenaires essentiels dans l’élaboration du contrat de filière.

Les appels à projets 2018

Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 9 avril 2018 pour les 4 appels à projets. La mesure « transferts de savoir-faire » est ouvert jusqu’en juin 2019.

Retrouvez les appels à projets complet l’actualité et les informations sur le contrat de filière musiques actuelles et variétés en région Nouvelle-Aquitaine sur http://musiquesactuelles-na.org

  • Développement des coopérations professionnelles

Soutenir des coopérations innovantes et la mise en commun de compétences en vue de construire des partenariats durables autour d’enjeux d’utilité sociale pour l’ensemble de l’écosystème musical.

  • Expérimentation en matière d’actions culturelles

Accompagner des projets d’actions culturelles (milieu scolaire, carcéral, hospitalier, zone rurales, zone sensibles…), dont la dimension d’expérimentation est liée à l’intérêt général (modèle économique, co-construction des projets, approche pédagogique, …).

  • Soutien aux labels indépendants et structurants

Soutenir les projets d’entreprises de labels indépendants reconnus comme structurants, afin de leur permettre de se développer en s’adaptant aux mutations territoriales et à celles de leur secteur d’activité.

  • Soutien aux lieux et projets culturels de proximité

Soutenir les lieux ou projets de diffusion ou de pratiques, dédiés aux musiques actuelles ou nés d’initiatives portées par des acteurs d’autres secteurs d’activité (médias, cafés cultures, etc.) dans la mise en œuvre de leur projet culturel de proximité.

  • Mesure transferts de savoir-faire

Ce dispositif a pour objectif de faire le lien entre les professionnels de la région Nouvelle-Aquitaine et de leur proposer un cadre d’échange pour partager des outils, des techniques et des modes opératoires répondant à des problématiques communes.

Le dispositif de transfert de savoir-faire est ouvert jusqu’au 30 juin 2019.

[FILIÈRE] Les contrats de filière musiques actuelles… De quoi parle-t-on ?

Retour (en images) sur l’atelier Contrat de Filière Musiques Actuelles aux BIS 2018.

Suite à la signature d’un 1er contrat de filière musiques actuelles en Nouvelle-Aquitaine en 2017, l’État souhaite en faire un nouvel outil de l’action publique sur les territoires pour répondre aux enjeux de l’écosystème musical à travers le financement de coopérations, d’expérimentations, en instaurant un dialogue pérenne entre parties prenantes. Une table ronde organisée lors des BIS à l’initiative des réseaux régionaux a permis d’en savoir plus sur les objectifs et enjeux de ces contrats.

Des conventions CNV aux contrats régionaux de filière !

Depuis quelques années, les collectivités territoriales, le CNV et l’État travaillent à la construction de dispositifs territoriaux en collaboration avec les réseaux régionaux et les acteurs des musiques actuelles. Plusieurs conventions régionales ont été signées entre l’Etat, les collectivités et le CNV. En septembre 2017, un contrat de filière a vu le jour en Nouvelle-Aquitaine. Il s’agit d’une première étape vers les nouveaux modèles de contrats de filière qu’aujourd’hui l’État souhaite déployer plus largement pour répondre aux enjeux de l’écosystème musical à travers le financement de coopérations, d’expérimentations et la mise en œuvre de formes originales d’actions, le tout en instaurant un dialogue pérenne avec les parties prenantes. La table ronde animé par Gilles Cattagnac (Irma) et organisée lors des BIS 2018 à l’initiative des Pôles et réseaux régionaux de musiques actuelles a permis d’en savoir un plus sur le sujet.

Présenté comme un « nouvel outil de coordination de l’action publique sur les territoires », le contrat de filière régional pour les musiques actuelles s’inscrit dans le prolongement des conventions CNV réalisées depuis 2012, et vise à créer de nouveaux dispositifs d’accompagnement des acteurs pour leur permettre de faire face aux mutations actuelles que connait le secteur. Les dispositifs d’accompagnement issus d’un contrat de filière peuvent avoir pour objectifs d’encourager l’adaptation aux enjeux numériques ou environnementaux, d’accompagner les mutations professionnelles ou l’évolution des compétences, de susciter la coopération entre les acteurs, de créer des dynamiques artistiques et territoriales, d’impulser l’évolution des modèles économiques ou encore de repenser les modèles de gouvernance…

Dominique Muller (Délégué musique adjoint de la DGCA/Ministère de la culture)

Ainsi, les conventions régionales avec le CNV, puis le 1er contrat de filière en Nouvelle-Aquitaine en 2017, ont constitué un véritable support pour définir un cadre national pouvant s’adapter à chaque région, sans volonté de modéliser excessivement précise Dominique Muller (Délégué musique adjoint de la DGCA/Ministère de la culture), lors de la table ronde des BIS 2018 : « C’est le fruit de l’expérimentation de nombreuses conventions qui nous a permis de définir des objectifs pour un cadre national qui soit ensuite adapté dans chacune des régions, (…) de donner des lignes fortes tout en préservant le travail qui allait ensuite se dérouler dans les régions ». Au sein du Ministère de la culture, ces contrats favorisent des collaborations entre la DGMIC (Direction générale des médias et des industries culturelles) et la DGCA (Direction générale de la création artistique), comme l’indique Anne-Claire Gourbier (Cheffe du bureau du financement des industries culturelles de la DGMIC/Ministère de la culture) : « L’enjeu de ces contrats c’est de raccorder ces deux pans de l’action publique (spectacle vivant musical et musique enregistrée) qui aujourd’hui dans un contexte de transition numérique sont de plus en plus imbriqués. C’est cette notion de 360° que l’on essaye de mettre à l’œuvre. L’idée, c’est vraiment de développer des choses qui soient complémentaires et nouvelles par rapport à ce qui existe ».

Anne-Claire Gourbier (Cheffe du bureau du financement des industries culturelles de la DGMIC/Ministère de la culture)

>> Découvrez le panorama des conventions et contrats régionaux de filière en France.

Une gouvernance favorisant la co-construction dans le temps !

L’objectif des contrats régionaux de filière musiques actuelles est de regrouper et de prendre en considération les différents acteurs et de les relier dans une dynamique commune de développement au service des artistes, des populations et du territoire. Philippe Nicolas (Directeur du CNV) poursuit : « L’enjeu principal, c’est un enjeu de gouvernance. Son corollaire en termes de méthode et d’état d’esprit, c’est la co-construction. On vient vraiment sans idées préconçues. Le diagnostic se fait avec les acteurs, et c’est sur la base de cette réalité que l’on va donner sa forme définitive au contrat de filière. Aucun contrat ne ressemble au contrat voisin, même si il y a évidemment des points communs ». Boris Colin (Co-président de Haute-Fidélité, Pôle régional musiques actuelles des Hauts-de-France) confirme « Pour que cela fonctionne, il faut que la place des acteurs soit vraiment garantie. (…) On a maintenant des réseaux régionaux qui sont là, pour certains, depuis des dizaines d’années sur les territoires et qui souvent y représentent la filière. Il y a une vraie maturité de ces réseaux qui représentent chacun des centaines d’adhérents, et font de la co-construction avec les collectivités depuis des années. C’est vraiment le bon échelon pour installer le dialogue et expérimenter des choses ». Selon le cadre méthodologique actuellement en discussion, la gouvernance du contrat de filière s’organise autour de l’Etat, de la Région, du CNV, et potentiellement d’autres collectivités territoriales. Elle associe les réseaux d’acteurs en fonction de leur structuration collective. En Nouvelle-Aquitaine, « l’animation et la coordination stratégique ont été confiées au RIM (Réseaux des Indépendants de la Musique) » précise Frédéric Vilcocq (Conseiller culture & économie créative au Conseil Régional de Nouvelle Aquitaine).

Philippe Nicolas (Directeur du CNV)

Boris Colin (Co-président de Haute-Fidélité, Pôle régional musiques actuelles des Hauts-de-France)

Un contrat évolutif qui s’inscrit dans le temps !

Pour Frédéric Vilcocq « Il s’agit d’un processus long (…) dont l’un des objectifs principaux est la mobilisation des dispositifs de droit commun, car les acteurs musicaux sont des acteurs légitimes pour mobiliser des dispositifs de développement économique, d’innovation, de recherche, d’export… » Il revient sur la réflexion qui a conduit à la mise en place du 1er contrat de filière en Nouvelle-Aquitaine : « Les crédits culture étaient plutôt en phase de stagnation, et on a considéré que la mobilisation des fonds européens et du droit commun à l’intérieur d’une région était le seul levier dynamique pour pouvoir mettre en place de nouveaux dispositifs, et avoir la possibilité d’intervenir sur l’ensemble de la diversité des acteurs de la filière. (…) Auparavant, complète-t-il, on finançait le secteur dit-associatif, le secteur subventionné, et les entrepreneurs du SV, soit du côté de la culture, on les prenait pour des businessmen, soit du côté de la direction du développement économique, on les ramenait à leur statut de simple acteur culturel ». C’est pourquoi, selon lui, la légitimité des acteurs culturels à aller chercher des dispositifs de droits communs est l’une des forces du contrat de filière quand cela est clairement inscrit comme un objectif du contrat.

Frédéric Vilcocq (Conseiller culture & économie créative au Conseil Régional de Nouvelle Aquitaine).

Par ailleurs, toujours pour Frédéric Vilcocq « l’autre point important, c’est le caractère imminent évolutif de ces contrats qui doivent permettre d’associer des partenaires supplémentaires, à la marge de la filière (le monde du numérique), et de pouvoir les faire entrer dans une gouvernance collective, totalement inclusive avec des règles très claires de manière à pouvoir travailler ensemble ». Ainsi, chaque axe d’un contrat de filière peut être amené à évoluer pendant la durée du contrat. Le cadre méthodologique préconise d’ailleurs « une durée relativement longue, de 4 ans minimum ». Ainsi, en fonction des nouveaux enjeux ou selon l’évolution des parties prenantes, de nouvelles mesures peuvent être proposées en faveur des acteurs de la filière et s’ajouter, sans se substituer, aux dispositifs d’aides existants.

Un diagnostic permanent

Toujours selon le cadre méthodologique proposé, le contrat de filière doit s’appuyer sur une observation continue et un diagnostic partagé, faire état des caractéristiques du territoire et du développement des musiques actuelles en son sein, tout en identifiant les manques, les besoins et les enjeux stratégiques communs. Le contrat de filière doit ainsi permettre d’identifier précisément les éléments de « la chaîne de valeur » de la filière des musiques actuelles dans ses dimensions artistique, culturelle, sociétale et économique, au regard de sa structuration à travers différents « métiers ».

Il se dessine donc aujourd’hui un déploiement des contrats de filière à l’échelle nationale, témoignant de la réussite de l’expérimentation en Nouvelle-Aquitaine. Lors de la présentation du projet de loi de finances 2018, le ministère de la Culture a annoncé que « des moyens seront consacrés au développement des contrats de filière régionaux de musiques actuelles conclus entre l’État, les régions et le CNV afin de rendre plus cohérente et plus efficace l’intervention publique au sein de cette filière en pleine mutation ». Les contrats de filière représentent déjà « 1 million d’euros », selon Philippe Nicolas, et peuvent ouvrir « un champ des possibles très important pour les acteurs culturels ».

>> Télécharger la plaquette de présentation des Pôles et réseaux régionaux de musiques actuelles

Source : lepole.asso.fr

Article écrit par Françoise Henry @Kawen

Crédit Photos : David Gallard @Clack