[À L’ANTENNE] Les métiers de programmateur et de régisseur d’une scène de musiques actuelles

Comment la programmation d’une salle est-elle réalisée ? Quels enjeux pour le programmateur ?  Quelles sont les réalités du secteur ? Comment s’organise l’accueil d’un groupe ? Quelle équipe autour du régisseur général ? Quelles relations entre équipes techniques et équipes artistiques ?

Guy Garcia, directeur et programmateur du Sans Réserve, Scène de Musiques Actuelles à Périgueux et son régisseur général, Laurent Lapierre vous parlent de leurs métiers, en compagnie de Rémi Chastenet, délégué territorial du RIM, à l’antenne de Radios Libres en Périgord.

 

À réécouter également :

L’histoire du label SMAC et le métier de chargé-e de communication :

Grande émission sur les musiques actuelles en Nouvelle-Aquitaine :

> À écouter ici (en direct de l’AG du RIM les 15 et 16 mai au Confort Moderne).

Votre été festivalier en Nouvelle-Aquitaine :

> À écouter ici (à l’antenne de Radio Pulsar)

[À L’ANTENNE] Le label SMAC et le métier de chargé-e de com d’une SMAC

Le Sans Réserve et le RIM à l’antenne de Radios Libres en Périgord !

Guy Garcia (directeur du Sans Réserve), Caroline Pioger (chargée de communication et d’action culturelle du Sans Réserve) et Rémi Chastenet (délégué territorial du RIM) vous parlent de l’histoire du Sans Réserve, scène de musiques amplifiées emblématique de Périgueux, de l’histoire du label d’État « SMAC » et du métier de chargé de communication dans une salle de musiques actuelles !

[FOCUS] « La Mue » de Banzaï Lab

En 2016, 4 appels à projets ont été lancés dans le cadre du Fonds Créatif Nouvelle-Aquitaine : « développement artistique », « coopérations professionnelles », « soutien aux labels indépendants structurants » et « développement numérique et nouveaux usages « .

Que sont devenus les projets lauréats? Où en sont-ils de leur déploiement?

Nous sommes allés à la rencontre du label Banzaï Lab, lauréat de l’appel à projets « développement artistique » et porteur du projet La Mue. Point d’étape.

Rappel du projet en trois lignes :

LA MUE “Laboratoire d’Accompagnement des Musiques Urbaines Émergentes”, a pour objectif de favoriser l’émergence de nouveaux talents en Nouvelle-Aquitaine. C’est un dispositif de détection et d’accompagnement qui s’est construit dans une dynamique de coopération territoriale avec des acteurs professionnels autour d’une stratégie favorisant le développement artistique.

RIM : Quel a été l’élément déclencheur du projet?

Banzaï Lab : L’association ASIL a pour objet « la promotion et la diffusion de projets artistiques interdisciplinaires, de musiciens et de groupes musicaux ». Dès 2010, nous avons tenté de formaliser la fonction de développeur en Musiques Actuelles par le biais d’une typologie des accompagnements opérationnels.

Suite à de nombreuses rencontres professionnelles, nous avions pris conscience de l’aspect novateur de notre positionnement. En France, il existait extrêmement peu de structures associatives de développement artistique et socioprofessionnel appréhendées, comme nous le faisons, de manière globale et simultanée. Banzaï Lab est donc un projet pilote. Notre fonctionnement expérimental sera progressivement modélisable.

RIM : En quoi l’aide accordée a-t-elle permis à votre projet de se réaliser?

Banzaï Lab : En 2016, nous avons été lauréats de l’appel à projet Développeurs d’Artistes lancé dans le cadre du Fonds Créatif Nouvelle-Aquitaine. Nous avons reçu une subvention de 10 000€. Cette première reconnaissance manifeste d’une institution publique est venue souligner le travail de développement artistique mis en œuvre depuis 2008 par l’ASIL autour du projet Banzai Lab. En 2017, la Région Nouvelle-Aquitaine a renouvelé son soutien à notre projet de structure dans le cadre du dispositif d’aide au label structurant.

Un des axes de notre projet était d’organiser un tremplin de musiques urbaines à l’échelle de la Nouvelle-Aquitaine et en coopération avec des acteurs de la filière sur l’ensemble du territoire. C’est pourquoi nous avons attribué 5000€ de la subvention perçue en 2016 pour lancer ce nouveau projet.

Nous avons alors organisé le tremplin LA MUE, l’objectif de ce projet est de favoriser l’émergence de nouveaux talents dans la région. À l’issue du tremplin et des différentes phases de sélection, 3 lauréats bénéficieront d’un accompagnement spécifique selon les dotations du “Prix Banzai Lab”, du “Prix des Pros” et du “Prix du public”.

Ainsi, les 5 artistes finalistes ont participé à la finale du tremplin le mardi 10 avril 2018 à la Rockschool Barbey. Tous ont présenté des performances live de grande qualité. Le prix Banzaï Lab a été attribué à l’artiste « Obsimo », le prix des Pros a été attribué au groupe « Génial au Japon », le prix du public a été attribué dans un deuxième temps au groupe « Met-H-Ode ».

Crédits photo : Astrid Lagougine

En quoi ce projet permet-il de répondre à des besoins (de la structure, du territoire, ou du secteur)?

Le constat partagé par plusieurs acteurs fait écho au fait qu’avant le projet LA MUE, il n’existait pas de dispositif de détection et d’accompagnement de cette envergure en Nouvelle-Aquitaine. Seulement des dispositifs à l’échelle nationale ou des anciennes régions.

La nouvelle configuration territoriale de la Nouvelle-Aquitaine ouvre un vaste chantier de collaboration professionnelle dans le champ des musiques actuelles avec la création du RIM. Le projet LA MUE permet de créer du lien entre les acteurs (Artistes, SMAC, Label, Médias, Fédération) dans ce nouvel environnement géographique.

Il existe un vivier important de projets artistiques en Nouvelle-Aquitaine et nombreux, ne sont pas accompagnés par des SMAC. La première édition de LA MUE a révélé que 80% des 147 projets artistiques ayant postulés pour être accompagnés par le dispositif n’étaient pas suivis par des SMAC.

Ce dispositif fédérateur suscite de la part des différents acteurs des musiques actuelles un fort intérêt : 147 groupes de musique et 20 partenaires impliqués. C’est pourquoi notre ambition est de pérenniser le projet LA MUE sur le long terme à la fois sous l’angle du dispositif d’accompagnement et sur la préfiguration d’un développement d’échelle des partenaires réunis autour du projet.

Crédits photo : Astrid Lagougine

Typologie et rôle de chacun des partenaires dans le projet :

Structure de diffusion et d’accompagnement : • Fédération Hiero : Limoges, 87 – ass 1901 – Membre du Jury LA MUE
• L’Ampli : Pau, 64 ass 1901 – Membre du Jury LA MUE – SMAC
• Le Sans Réserve : Périgueux, 24 ass 1901 – Membre du Jury LA MUE – SMAC
• Rockschool Barbey – PAD : Bordeaux, 33ass 1901 – Membre du Jury LA MUE – SMAC
• Rocher de Palmer Musiques de nuit : Cenon, 33 ass 1901 – Membre du Jury LA MUE – SMAC
• KRAKATOA – TRANSROCK : Mérignac, 33 ass 1901 – Membre du Jury LA MUE – SMAC
• Rock et Chansons – AREMA : Talence, 33 ass 1901 – Membre du Jury LA MUE – SMAC
• En Vie Urbaine : Niort 79 – ass 1901
• SMAC d’agglo : Bègles 33

Média :
• Beaub FM : Limoges, 87 – ass 1901 – Membre du Jury LA MUE
• O2 Radio : Bordeaux, 33 – ass 1901
• La grande Radio : Bordeaux, 33 – ass 1901
• Muzzart : Bordeaux, 33 – ass 1901
• Radio Campus Bordeaux : Bordeaux, 33 – ass 1901
• Aquitaine Online : Saint Medart en Jalles, 33 – SARL

Studio d’enregistrement :
• Milk Music : Bordeaux, 33 – Association déclarée

Crédits photo : Astrid Lagougine

Crédits photo : Astrid Lagougine


Un projet soutenu par le Contrat de filière musiques actuelles et variétés en Nouvelle-Aquitaine : État, CNV (Centre National de la chanson, des Variétés et du jazz) et Région Nouvelle-Aquitaine.

Avec le soutien du RIM (Réseau des Indépendants de la Musique en Nouvelle-Aquitaine).

[GO] Plus qu’1 semaine pour postuler aux appels à projets du Fonds Créatif 2018 !

Les appels à projets 2018 lancés dans le cadre du Contrat de Filière Musiques Actuelles et Variétés en Nouvelle-Aquitaine sont en ligne !

Le Contrat de filière espace de dialogue et d’innovation, vise à répondre aux problématiques des acteurs du secteur des musiques actuelles et des variétés en région Nouvelle-Aquitaine.

Au sein du contrat de filière, le fonds créatif, abondé par l’État, la région Nouvelle-Aquitaine et le CNV (Centre national de la chanson, des variétés et du jazz), coordonné par le RIM (Réseau des Indépendants de la Musique) permet de lancer des appels à projets expérimentaux co-construits avec les acteurs dans le cadre des concertations.

Le Contrat de Filière, c’est quoi? Nicolas, notre délégué territorial vous répond à l’antenne de Radio Pulsar.

Les appels à projets sont ouverts jusqu’au lundi 9 avril 2018.

Appels à projets 2018

Développement des coopérations professionnelles

Soutenir des coopérations innovantes et la mise en commun de compétences en vue de construire des partenariats durables autour d’enjeux d’utilité sociale pour l’ensemble de l’écosystème musical.

Consultez la page de l’appel à projets

Expérimentation en matière d’action culturelle

Accompagner des projets d’actions culturelles (milieu scolaire, carcéral, hospitalier, zone rurales, zone sensibles…), dont la dimension d’expérimentation est liée à l’intérêt général (modèle économique, co-construction des projets, approche pédagogique, …).

Consultez la page de l’appel à projets

Soutien aux labels indépendants et structurants

Soutenir les projets d’entreprises de labels indépendants reconnus comme structurants, afin de leur permettre de se développer en s’adaptant aux mutations territoriales et à celles de leur secteur d’activité.

Consultez la page de l’appel à projets

Soutien aux lieux et projets culturels de proximité

Soutenir les lieux ou projets de diffusion ou de pratiques, dédiés aux musiques actuelles ou nés d’initiatives portées par des acteurs d’autres secteurs d’activité (médias, cafés cultures, etc.) dans la mise en œuvre de leur projet culturel de proximité.

Consultez la page de l’appel à projets

Mesure transferts de savoir-faire

Parallèlement le dispositif de Transfert de savoir-faire est ouvert jusqu’au 30 juin 2019.

Ce dispositif a pour objectif de faire le lien entre les professionnels de la région Nouvelle-Aquitaine et de leur proposer un cadre d’échange pour partager des outils, des techniques et des modes opératoires répondant à des problématiques communes.

Consultez la page du dispositif

Retrouvez toute l’actualité et les informations sur le contrat de filière musiques actuelles et variétés en région Nouvelle-Aquitaine sur http://musiquesactuelles-na.org

Contact et renseignements :

contact@musiquesactuelles-na.org

[INTW] Laborie Jazz, lauréat des appels à projets 2017

En 2017, trois appels à projets ont été lancés dans le cadre du Contrat de Filière Musiques Actuelles et Variétés en Nouvelle-Aquitaine : « développement des coopérations professionnelles », « soutien aux labels structurants », « développement numérique et nouveaux usages ».

Quelques mois après leur sélection, nous nous sommes interrogés : que sont devenus les projets lauréats? Où en sont-ils de leur déploiement?

Nous sommes allés à la rencontre de Jean-Michel Leygonie, directeur du label Laborie Jazz, dans leurs locaux de Limoges.

L’occasion de revenir sur la genèse du label, et de faire un point sur les deux projets lauréats des appels à projets « développement numérique et nouveaux usages » et « soutien aux labels structurants ».

 

 

 

RIM : Bonjour Jean-Michel. Avant toute chose, pouvons-nous revenir sur l’histoire du label Laborie Jazz ?

Le label Laborie a été officiellement créé en avril 2006. Il existait, auparavant, en région Limousin, une fondation qui s’appelait « La Fondation Laborie en Limousin ». Dans cette fondation, une activité musicale reposant sur la musique baroque existait depuis de nombreuses années, avec l’ensemble baroque de Limoges, qui faisait partie du schéma directeur du Ministère de la Culture sur les ensembles classiques et baroques nationaux. À la suite des années Lang, il y a eu un système d’aides mis en place pour ces grands ensembles et la Région Limousin a été aidée et soutenue par le Ministère pour la création d’un ensemble baroque en Limousin, qui a alors été fléché financièrement.

Un lieu avait fait l’objet d’une acquisition en 1996, Laborie en Limousin, à 10km de Limoges. Assez rapidement, la structure associative qui portait cet ensemble a souhaité s’ouvrir à d’autres répertoires musicaux. J’étais personnellement identifié dans la région sur le jazz, ayant dirigé le festival Jazz en Limousin de 1989 à 1996. La présidence et la direction de ce lieu ont fait appel à moi pour le volet jazz, chose que j’ai acceptée en 2002. Nous avons simplement copié à l’époque ce qui se faisait dans le champ baroque.

En 2006, nous avons décidé de créer un label discographique à deux départements : Laborie Classique et Laborie Jazz. Laborie Classique était dirigé artistiquement par le chef d’orchestre de l’ensemble baroque de Limoges, Christophe Coin. Pour la partie Jazz, j’ai porté un projet qui reposait uniquement sur la signature de jeunes compositeurs français ou internationaux. On excluait déjà du projet tout ce qui relevait du domaine de l’interprétation. Naïve, notre distributeur, n’avait à l’époque que ses propres productions jazz, et a rapidement cherché à miser sur un label français qui rentrait sur le marché.

Entre 2006 et 2015, le label s’est clairement identifié au niveau européen et même international, par l’obtention de récompenses et de prix, notamment aux Victoires de la Musique, aux Django D’Or, plusieurs récompenses à l’académie Charles Cros. On a très rapidement obtenu un focus sur des artistes comme Yaron Herman, Emilien Parisien et Anne Paceo. Ils avaient à l’époque entre 20 et 25 ans, ils en ont aujourd’hui 10 de plus. Ils sont porteurs de tout un tas de jeunes artistes qui s’engouffrent dans leur mode de carrière. On a franchi différentes étapes avec eux, et lorsque le label s’est arrêté, ces artistes ont continué à me faire confiance et ont attendu quelques mois le temps qu’on remette une structuration en place autour du projet.

Je suis désormais président et directeur du label à 100%, devenu, depuis, une SAS.

Laborie Jazz sortira le mois prochain son 50e album. Jusqu’au mois d’avril, nous ne ferons que des productions, pour ensuite commencer à faire des licences. Le label a porté intégralement les coûts de production des 50 albums, même à l’époque de la fondation Laborie. J’ai pu développer l’activité par les sociétés civiles du secteur (ADAMI, SPEDIDAM, FCM, MFA…) et par les ventes d’album. Je bénéficiais de certains avantages, notamment celui de disposer d’un lieu pour l’organisation des concerts, mais l’activité du label n’a bénéficié à l’époque d’aucun financement du Ministère ou de la Région.

Depuis 2016 et la fusion des régions, nous nous sommes rendus compte que des dispositifs existaient sur le territoire, notamment ceux liés aux labels phonographiques. J’ai pu rencontrer Frédéric Vilcocq (Conseiller Culture et Économie Créative à la Région Nouvelle-Aquitaine) concernant ces dispositifs et les programmes ont pu s’enchaîner. D’abord l’aide à l’édition phonographique, puis, par le biais de l’adhésion au RIM (Réseau des Indépendants de la Musique), les deux appels à projets qui font l’objet de cette discussion.

2017 fut une période de sortie d’actionnariat, même si 4 albums ont vu le jour. Cette année on est sur un grosse dizaine de sorties et, concrètement, on n’a pas le choix si on veut survivre aux 3 années qui viennent : le temps que le streaming se structure pour financer les artistes et les professionnels du secteur, et éviter que les majors ne cannibalisent le secteur.

Peux-tu nous expliquer ta démarche et les actions en cours concernant l’appel à projets « Numérique et nouveaux usages » ?

Avant tout, il faut savoir que nous sommes aujourd’hui distribués dans 16 pays.

Il y a 4 ou 5 ans, j’ai souhaité réfléchir à l’élaboration d’un partenariat en Chine. J’ai sollicité une collaboratrice chinoise qui vit actuellement au Canada, et qui a deux sociétés : une liée au jazz et à la production, et l’autre à l’événementiel politique en Chine pour le Canada. Elle est depuis un certain nombre d’années très intéressée par notre activité et la qualité de nos productions et de nos artistes.

L’an dernier, nous avons été le premier label indépendant français à signer un accord de distribution physique et numérique avec la Chine, avec une société qui s’appelle Starsing Music, l’un des premiers opérateurs chinois de distribution musicale.

Aujourd’hui, notre outil de communication principal est notre site internet. On y trouve toutes les informations concernant nos artistes, le label, les supports médias, l’accès à l’achat des disques, les téléchargements, etc. C’est un site qu’on a sorti au début de l’année 2016 et qu’on a soigné.

Très rapidement, il y avait une incohérence entre la présence du label à l’export et le fait que ce site ne soit qu’en français. Le volume d’informations du site rendait complexe le fait de le traduire intégralement. On avait commencé un travail avec un stagiaire trilingue, mais on a mis ça de côté en gardant à l’esprit que ça restait un de nos gros chantiers.

Dans le même temps, notre intégration au marché chinois a avancé. J’ai pu aller en Chine en 2016 pour voir comment ça se passait sur place. Ça n’était pas ma première fois sur le territoire chinois, mais j’ai été vraiment surpris par l’avance qu’ils ont sur la France concernant les moyens d’écoute, le lien entre musique et smartphone, leur approche du streaming… Pour moi nous sommes encore bien loin derrière eux.

On pourrait se demander pourquoi si peu de labels occidentaux ont signé un contrat de distribution avec la Chine, mais la raison est assez simple : parce-que les catalogues trop conséquents sont négociés sur des centaines de milliers d’euros. Laborie a 50 albums au catalogue, 7 actuellement distribués physiquement. On ne représente donc pas grand chose, mais ça nous permet de grandement faciliter les négociations.

Il me semble essentiel aujourd’hui que notre espace français puisse être accessible au public chinois, et donc, entièrement traduit.

Dès la remise de l’appel à projets à l’automne, on s’est mis sur la traduction du site en anglais. Il est donc entièrement bilingue depuis début février. Toutes les actualités sont traduites, et dès début avril, l’intégralité du site sera également accessible en chinois.

Pour les années à venir, l’objectif est aussi de mettre nos supports en traduction chinoise. Aujourd’hui, on jouit de la distribution numérique et bientôt physique de tous nos supports, et comme le veut le principe de la manufacture chinoise, les supports sont directement fabriqués là-bas.

Dans cette logique d’échange, un artiste du label partira en tournée en Chine tous les 6 mois. Actuellement, on prépare celle de Paul Lay, qui se produira sur plusieurs semaines au mois de mai. Très rapidement, quand nous avons évoqué l’évolution et l’explosion du marché chinois, nous avons saisi la chance de gagner énormément de temps, notamment dans le dialogue et les négociations. On a mené un gros chantier sur la mise en place des dates et les conditions, notamment financières, qui sont souvent un peu faibles là-bas. On tente donc d’amener l’éthique du marché musical français. Sans le binôme avec un acteur local, on aurait eu énormément de mal à obtenir nos conditions. Au-delà de la distribution, c’est donc une aubaine de pouvoir profiter d’une présence sur le territoire pour représenter le label.

Par ailleurs, nous avons aussi pour ambition de repérer dès que possible un ou une jeune artiste sur le territoire chinois pour le/la signer sur le label. Forcément, ça sortira avant tout en Chine, mais l’objectif est avant tout de conserver l’identité du label, fondée sur la découverte.

Peux-tu nous expliquer ta démarche et les actions en cours concernant l’appel à projets « labels structurants » ?

J’ai toujours eu en tête de pouvoir soutenir les jeunes compositeurs de ma région. La particularité du Limousin est qu’il est pauvre en jeunes compositeurs Jazz et musiques improvisées. Ça s’explique par le fait que le conservatoire régional ne comporte pas de département jazz. Tout va avec depuis 15 ans malheureusement. Les régions qui ne sont pas rentrées dans le virage des départements jazz au conservatoire sont dans un état de désert complet.

Laborie a pu signer deux artistes compositeurs locaux. L’un s’appelle Vincent Mondy, un clarinettiste limougeaud et un autre qui est un accordéoniste de Brive. Deux albums dont nous sommes très fiers sont parus sur le label. Ça démontre tout de même le peu de signatures que nous avons pu concrétiser en 10 ans. L’ouverture sur la Nouvelle-Aquitaine fait que je m’ouvre aussi à un territoire beaucoup plus vaste et dans lequel il y a plein d’acteurs. Le fait que Laborie puisse être aujourd’hui en résonance avec sa région nous offre l’opportunité de repérer et concrétiser des projets avec des artistes locaux.

On vient également de signer une jeune saxophoniste de Limoges qui s’appelle Silvia Ribeiro Ferreira, et dont le disque sort au mois de septembre, et un jeune guitariste que l’on a enregistré en décembre, qui est originaire d’Oloron… On redémarre une action très active vis-à-vis de ces musiciens régionaux, et ils sont persuadés, tout comme nous, que le label peut être un vrai tremplin dans leur jeune carrière.

On commence à organiser des concerts pour ces artistes-là. Comme les agences de booking sont surchargées et qu’on ne peut pas se permettre de risquer un quelconque accord avec l’une d’entre elles, on a monté un département « spectacle vivant » en 2018.

L’ouverture sur la Nouvelle-Aquitaine a-t-elle permis de favoriser des rapprochements avec des structures culturelles ?

Oui c’est le cas. Nous avons monté un partenariat avec Action Jazz qui nous paraissait naturel compte-tenu de leur activité et de leur implication sur le territoire.

Aussi naturellement s’est illustrée une collaboration avec le Rocher de Palmer. J’avais côtoyé Patrick Duval au moment de Musiques de Nuit en 1996. Même s’il me connaissait depuis un moment, nous aurions eu du mal à trouver une entente sur le long terme. Aujourd’hui, on n’a pas poussé la chose jusqu’à envisager un partenariat systématique, mais Palmer recevra nos artistes très régulièrement. Ça fait 3 fois que l’opération a lieu, et même si le système demande à être peaufiné, nous en sommes très heureux.

Nous collaborons aussi avec l’OARA. J’avais rencontré Joël Brouch il y a 3 ou 4 ans, dans un contexte lié au centre culturel de Brive. Dans la foulée, il nous a accueilli pour discuter de nos projets. Aujourd’hui ça débouche sur deux semaines de résidence au mois de mars. Deux artistes y seront présentes, Silvia Ribeiro Ferreira et Anne Paceo.

À l’inverse de beaucoup de limousins qui se demandent aujourd’hui à quelle sauce ils vont être mangés, l’ouverture sur la Nouvelle-Aquitaine a été une vraie bouffée d’oxygène pour nous. Jusqu’à la période de la fusion des régions, je me suis interdit de prendre du temps pour regarder plus loin que l’activité stricte du label. Mais quand on partage un territoire, et des axes de travail communs avec des partenaires, la région en étant un important, il m’est apparu évident et naturel le fait de tisser du lien professionnel fort.

La Nouvelle-Aquitaine a facilité notre dialogue avec les instances publiques et nous a déjà ouvert de nombreuses portes, et continuera de nous en ouvrir j’en suis sûr.