[SOULBEATS MUSIC] Chargé•e de production

UN•E Chargé•e de production

SOULBEATS MUSIC (33)

 Soulbeats records

SOULBEATS RECORDS est un label indépendant et une société d’édition spécialisée dans les musiques actuelles aux racines groove. Nous défendons une musique libre, indépendante et métissée. Notre travail inclut toutes les étapes associées à la production et l’édition musicale, et notre activité s’adapte au type d’accompagnement nécessaire à la réalisation d’un projet musical selon les besoins de l’artiste, qu’il soit artiste exclusif ou artiste producteur. Notre seul but est de permettre de développer des projets phonographiques marquants qui contribueront au développement de l’artiste et de leurs carrières.

Missions

  • Assister le Directeur Artistique et la Directrice Administrative et Financière
  • Coordonner les événements du label (sortie d’album, vidéoclip, etc…)
  • Assurer le lien avec le Gestionnaire Editorial du Catalogue d’Oeuvre

ACTIVITÉS PRINCIPALES 

1 / PRODUCTION – GESTION DE PROJET DES SORTIES

✔ Mise en place des plannings de sorties
Coordination et suivi des projets musicaux et de l’environnement professionnel
✔ Suivi de production des différents supports (réception master, codes ISRC, rétroplanning, etc…)
✔ Mise en place de la distribution physique et digitale pour chaque sortie

2 / GESTION ADMINISTRATIVE 

✔ Traitement de la facturation clients
✔ Classement et archivages des dossiers
✔ Aide au montage et au suivi de budget
✔ Elaboration et suivi des dossiers de subvention.
✔ Rédaction et suivi des contrats (artistes, licence, distribution, cession des œuvres…)
✔ Traitement des royalties

3 / GESTION DES OEUVRES

✔ Déclaration œuvres et ventes Droits Voisins – SPPF
✔ Déclarations œuvres et ventes SDRM
✔ Préparation des déclarations SACEM en lien avec le gestionnaire des oeuvres

ACTIVITÉS SECONDAIRES

✔ Assister le gérant dans ses relations aux artistes
✔ Assister le gérant dans ses fonctions de représentation

RELATIONS FONCTIONNELLES INTERNES
Sous l’autorité du gérant et la DAF du label – En collaboration étroite avec la responsable de communication et le chargé de logistique

RELATIONS FONCTIONNELLES EXTERNES
Interlocuteur privilégié du label auprès des tiers au quotidien

Profil recherché

SAVOIR

– Expérience dans le secteur de l’industrie du disque (France & Etranger)
– Connaissances des Contrats du Disque et de l’Edition Musicale
– Notions en propriété intellectuelle.
– Notions en Comptabilité
– Connaissance de la suite bureautique Microsoft + utilisation de logiciels spécialisés
dans le traitement des ventes et redevances (Details)
– Anglais courant

SAVOIR-FAIRE ET SAVOIR-ÊTRE 

– Capacité d’autonomie
– Capacité d’écoute
– Qualités rédactionnelles.
– Motivation, engagement personnel
– Esprit d’entreprise
– Rigueur et réactivité
– Discrétion

 

Modalités du poste

– Date de début du poste : Entre le 15 janvier et le 15 mars 2026
– Salaire selon la Convention Collective de l’Édition, à négocier selon profil et expérience
– Contrat de 21h par semaine
– Bureau situé à Cissac Médoc (33250)
– Possibilité de faire 1 journée en télé-travail après la période d’essai

 

Merci d’envoyer votre CV et lettre de candidature avant le 5 décembre à
edwige@soulbeatsmusic.com

[ENTRETIEN] Nicolas Antoine • RIM

LES MUSIQUES ACTUELLES ONT DE LA MÉMOIRE !

ENTRETIEN 4/4

NICOLAS ANTOINE

DÉLÉGUÉ TERRITORIAL AU RIM

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Cette interview s’inscrit dans le projet porté par le RIM :

« LES MUSIQUES ACTUELLES ONT DE LA MÉMOIRE ! »

4 témoignages autour des enjeux de transmission de la mémoire du secteur et de ses projets

« L’imagination, c’est de la mémoire fermentée. » Milan Kundera

Près de 45 ans après l’apparition du terme « Musiques Actuelles » et des années de structuration continue du secteur et des politiques publiques qui l’accompagnent, les enjeux de renouvellement, d’inclusion et de transmission apparaissent extrêmement forts au sein de ses structures. La mémoire du secteur (et de ses projets) constitue l’une des clés pour conserver la capacité d’impulser continuellement de nouvelles dynamiques collectives et les valeurs d’indépendance, d’éducation populaire et de défense de la diversité qui lui ont permis de se développer.

Afin d’aborder ce sujet et la manière dont il interroge ou peut servir les pratiques des acteurs des Musiques Actuelles, nous avons choisi d’interroger quatre personnes, qui ont travaillé sur ces enjeux de mémoire (conservation, valorisation, patrimonialisation, …) ou bien les ont traversés tout au long de leur carrière, « en faisant ».

Entretiens réalisés par Emma Roche, en Service Civique au RIM, en début 2025

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NICOLAS ANTOINE

Familier des Musiques Actuelles depuis 20 ans, Nicolas Antoine en a depuis fait son métier. Il cumule le rôle d’auteur, de bénévole sur différents évènements musicaux depuis plusieurs années, et de délégué territorial au Réseau des Indépendants de la Musique depuis 2017. Il nous présente ici son ouvrage biographique sur le groupe de rock français Eiffel, publié en 2015, ainsi que l’écriture actuelle de son nouvel ouvrage à sortir fin 2025 concernant l’historique de l’association tourangelle des Îlots Électroniques : « Les Îlots, 10 ans – Florilège de la teuf ».

Quelle a été votre démarche d’approche pour amorcer le projet du livre Inferno Telegraph – une biographie d’Eiffel ?

Au départ, ce qui est un petit peu étrange dans la démarche de ce premier livre, c’est que la grande majorité du contenu à l’intérieur, c’est à dire la biographie du groupe principalement (même si il y a des petites choses en plus) n’était pas destiné à finir dans un livre papier. Eiffel, c’est un groupe qui avait l’aide de ses fans, qu’on appelle « Les Ahuris » (nom lié à l’un des albums d’Eiffel) notamment sur la gestion du site internet officiel du groupe. Et moi, j’écrivais quelques articles dessus, et aussi dans un petit fanzine papier qu’on avait. A force de faire tout ça, on m’a proposé un jour de mettre à jour la biographie du site internet d’Eiffel. Sauf qu’au lieu d’écrire quelques paragraphes, j’ai commencé à écrire vraiment quelque chose de très conséquent, de très détaillé avec de vrais chapitres pour chaque album. Et du coup, des gens ont commencé à me dire que c’était cool de l’avoir sur le site internet, mais que ce serait encore plus sympa de l’avoir en papier – avec de belles illustrations, des photos, des images d’archives, etc – ce à quoi au départ, je ne croyais pas trop. Puis, à force de me l’entendre répéter, j’ai commencé à penser que ça valait peut-être le coup. J’ai donc lancé un financement participatif pour les auto-éditions de ce que j’avais déjà écrit en format livre, et ce financement a très très bien marché parce qu’il y avait une communauté de fans assez active. La base était financée en 24 heures, ce qui m’a amené à me poser pas mal de questions, à rajouter d’autres contenus que la seule biographie dans ce livre et le rendre un peu plus beau que ce qu’il devait être au départ : il n’était sensé être qu’en noir et blanc et agrafé, de base.

Quelle a été votre méthode d’écriture pour un tel travail biographique ?

Déjà, j’étais fan du groupe. Ce livre a un peu vocation à être un livre journalistique car il est très précis, très factuel et a été relu par plein de personnes. On ne peut jamais trouver une info dedans qui n’est pas réaliste, véridique en tout cas. Mais ça reste un livre fait par un fan du groupe, donc le contenu est très orienté de ce côté-là. Sur la méthode, j’avais la chance d’être impliqué sur le site internet du groupe, d’être assez proche des musiciens, d’avoir un accès facile aux sources (c’est à dire les personnes qui avaient vécu l’histoire du groupe) et avec qui j’ai pu au moins échanger sur pas mal de choses, retrouver des infos etc. A l’époque j’avais récupéré deux gros cartons d’archives papier, donc énormément d’articles de presse, quelques trucs qui étaient encore numérisés, mais on était quand même a une époque où le papier avait encore sa place et où tout n’était pas numérique, notamment dans la presse. On m’avait donné plein d’archives d’articles de presse des premières tournées du groupe, des premiers disques, etc. Et j’ai relu beaucoup d’interviews du groupe, qu’elles soient dans la presse les concernant, dans des fanzines ou webzines… j’ai beaucoup passé de temps dessus, ou sur des interviews de proches du groupe. J’avais découpé plein de passages d’interviews pour recouper des infos sur ce qui était dit dans telle ou telle interview, qui se regroupait avec telle autre, donc c’était un travail un peu documentaire ou par thème. « Tiens, ça ça parle de tel album, et de tel aspect de l’album dont je n’avais pas trouvé d’infos, etc. ». J’ai encore tout un classeur comme ça chez moi, avec plein d’articles de presse découpés.

Vous dites que vous étiez proches des musiciens. Comment cette proximité s’est-elle-faite ?

De manière, au final, assez simple. J’avais commencé à écouter Eiffel un petit peu avant, mais en 2005, le chanteur Romain Humeau était en tournée solo parce qu’il avait sorti son premier album solo a coté d’Eiffel, « L’éternité de l’instant ». Et il avait proposé sur son site internet à quelques fans d’organiser ses concerts. L’idée, c’était que ce soit des concerts gratuits : ça pouvait être dans un bar, une médiathèque, peu importe, et il venait en solo guitare/voix, de manière assez proche et intimiste, finalement. Moi, je n’avais jamais organisé de concerts, clairement. Je n’avais aucun cadre pour le faire, je n’avais pas d’association. Je suis juste allé voir un bar à côté de chez moi où je savais qu’il y avait des concerts : j’ai proposé ça, et ça s’est fait. On a passé le week-end avec Romain Humeau, parce qu’il est venu pour ça. Ce qui a fait que je me suis retrouvé impliqué sur le site internet du groupe, et j’ai commencé à beaucoup plus côtoyer à la fois le groupe, les musiciens et les fans du groupe, ce qui a mené plus tard à ce projet-là. C’est parti tout simplement de ça.

Comment êtes-vous passé de la recherche documentaire à l’écriture ?

Je crois qu’en fait, j’avais vraiment compilé… dans mon souvenir, c’était quand même resté assez méthodique, parce que j’avais compilé tous ces petits bouts d’articles d’interviews, sources, extraits de chroniques d’albums, qui expliquaient aussi parfois la signification des textes, ou certaines références musicales sur certains morceaux qui s’inspirait de tel ou tel morceau de tel groupe etc. En gros, assez naturellement j’avais des infos sur chaque album du groupe, chaque tournée liée à ces albums etc. J’ai ensuite mis ça en forme en commençant à écrire, ce qui a donné des chapitres très longs. Ça c’est vraiment pour la biographie.
Après, il y a une partie du contenu du livre qui dépasse la biographie du groupe (le financement participatif permettait d’avoir beaucoup plus de pages que nécessaire pour la biographie). L’idée m’est venue d’interviewer non pas les membres, mais plutôt des proches du groupe. Si la biographie s’est surtout écrite entre 2010 et 2013, j’ai plutôt réalisé les interviews entre 2013 et 2015, parfois en tournée avec le groupe, sur ses dates, ou avec des gens que j’ai croisés à d’autres occasions… et j’ai fait le choix d’interviewer six personnes qui étaient des proches du groupe à divers titres : soit leurs managers, soit la personne qui a crée leur site internet, soit des musiciens qui avaient travaillé avec eux sur certains projets particuliers… ou aussi François Prud’homme qui était leur régisseur de tournée, qui pouvait mener un regard sur la tournée… Un dernier contenu s’est rajouté aussi au moment du financement participatif : vu que c’est un livre écrit par un fan et à destination des fans, j’avais mis quelques contributions à un tarif un peu plus élevé, qui donnait aux fans un petit espace d’expression libre dans le livre. Du coup, il y a cinq ou six personnes qui ont pu écrire un texte autour de ce que représentait Eiffel pour eux : je les ai parfois un peu accompagnées, parfois elles n’ont pas eu spécialement besoin. Je trouvais ça assez chouette d’avoir cette place donnée au public à un endroit du livre.

Combien de temps cela vous a-t-il pris de rassembler tout le matériau nécessaire à l’écriture ?

Ça reste des projets que j’ai faits sur mon temps libre, c’est pas du tout une activité professionnelle. Je n’ai jamais cherché à quantifier le temps passé. Assurément, ce sont des dizaines, voire des centaines d’heures. J’ai vraiment du mal à dissocier ce qui est de l’ordre de la collecte des sources et de l’écriture en elle-même, mais ce sont des centaines d’heures, c’est sûr.

Les photos du livre proviennent-elles toutes des archives du groupe ?

Une grosse majorité des photos et des extraits visuels proviennent d’archives du groupe, qu’ils ont eu la gentillesse me transmettre. Sinon, il y a quelques belles photos de scène : une photographe très fan du groupe et qui les suivaient pas mal (Christelle Hachet) a eu la gentillesse de m’en transmettre. Ce sont ces photos qui sont le plus en pleine page. Il y a aussi quelques photos de moi, car j’avais eu l’occasion de pas mal suivre le groupe en tournée. A l’époque je faisais un peu plus de photographie qu’aujourd’hui.

Tout à l’heure vous disiez que vous avez voulu faire ce travail car vous étiez déjà fan du groupe. Il y a t-il eu d’autres motivations qui ont pu aider ?

Aimer leur musique, aimer beaucoup les textes… Certes, c’est un livre qui parle de musique mais Eiffel est un groupe de rock qui chante majoritairement en français : moi ce qui m’avait toujours touché dans ce groupe, c’était les textes, et de me plonger dedans : donner les explications « officielles » du chanteur, du sens qu’il y mettait, ou l’interprétation et le sens que j’y trouvais, c’était quelque chose qui m’intéressait beaucoup. Et après il y avait un truc assez simple : j’ai toujours aimé beaucoup écrire et c’était une manière d’aller au bout de cette passion-là. Et puis c’est un peu un rêve de gamin que de se dire « J’écris un livre ».

Étiez-vous déjà lecteur de biographies d’artistes avant d’entreprendre ce projet ?

Oui, je pense que dans mon parcours musical, il y a eu une période vers ma vingtaine quand j’étais un peu étudiant, où c’est vrai que j’ai pas mal lu de bouquins de ce type là sur les artistes qui m’intéressaient beaucoup à l’époque. Je ne pourrais même plus trop citer lesquels, mais c’était un moment où je me faisais un petit peu ma propre culture musicale. Et je m’étais mis à lire pas mal de biographies, et peut-être que c’est ce qui m’a inspiré à me lancer dans ce projet-là derrière.

Il y a des interviews d’autres fans de Eiffel dans le livre. Pourquoi les incorporer au reste du travail ?

Le projet du livre était parti d’un truc où on avait un fanzine autour du groupe, dans lequel pas mal de fans écrivaient des petits articles. Partant de ça et étant quand même très lié avec la communauté de fans du groupe, je ne voyais pas comment ne pas laisser de place aux fans dans le livre. Justement, par rapport à des biographies classiques de groupes écrites par des journalistes où tout est centré sur les artistes, moi dans ce livre-là, j’avais envie de donner la vision de ce que c’est qu’un groupe, y compris le fait qu’il y a des gens dans la salle, et que ces gens-là ne sont pas juste une foule, mais c’est des personnes qui ont toutes un rapport particulier avec le groupe en question. Qui peut toucher soit par la musique, soit par les textes, soit les deux. Qui peuvent avoir des souvenirs particuliers liés à ce groupe, et je trouvais important qu’il y ait un espace d’expression pour ça à la fin du livre.

« […] moi dans ce livre-là, j’avais envie de donner la vision de ce que c’est qu’un groupe, y compris le fait qu’il y a des gens dans la salle, et que ces gens-là ne sont pas juste une foule, mais c’est des personnes qui ont toutes un rapport particulier avec le groupe en question. »

Comment le livre a-t-il été reçu par le groupe ? Par les fans ?

Le groupe m’a accompagné sur toute la création, c’est eux qui m’ont donné accès à toutes les infos nécessaires, archives et autres. C’est pas un projet qui s’est fait à côté du groupe : pour eux, la biographie officielle d’Eiffel, c’est celle-là, même si elle est faite par un fan, même si elle n’a pas été éditée par un vrai éditeur, etc. Et du coup, eux étaient hyper heureux d’avoir ce livre. L’une des choses les plus touchantes qu’ils m’aient dit à l’époque, c’est qu’eux même avaient redécouvert des choses en lisant le livre, des choses qu’ils avaient oubliées, des petits détails dont il avaient un peu perdu le souvenir… donc c’était plutôt chouette d’avoir ce genre de retour-là. Et je crois que pour eux, ça reste un truc dont ils sont assez fiers. Et l’une des manières de commercialiser, de diffuser le livre a été de l’avoir pendant plusieurs années au merchandising de leurs tournées. Donc pour eux, ça reste un objet officiel lié au groupe.
Pour la réception par les fans, je dirais qu’ils ont été clairement le premier soutien du projet. Au-delà même de l’existence du livre, ils ont déjà soutenu sa création. Comme je disais, le financement participatif a exceptionnellement bien marché et j’ai récolté entre deux fois et demie à trois fois la somme initialement souhaitée. En moins de vingt-quatre heures le projet était financé. C’était assez fou. Donc en fait l’intérêt, le soutien des fans pour le projet, s’est manifesté déjà à cet endroit là, en rendant la création du livre possible, et même mieux que je l’avais personnellement imaginé, c’est-à-dire en couleur, avec une belle couverture, beaucoup plus de pages, etc. Ensuite, j’en ai écoulé un peu plus de six cents exemplaires en auto-édition totale, moi je n’y connais rien en édition de livre etc, mais on m’a déjà dit que c’était loin d’être ridicule en termes de nombre d’exemplaires écoulés pour un livre totalement auto-édité. Et globalement, ça reste encore un livre pour lequel des gens me contactent, parce qu’ils veulent le trouver car ils sont fans du groupe. Jusqu’à présent j’ai toujours eu plutôt des retours très positifs sur le contenu ou la manière dont il est composé.

Ce projet vous a-t-il apporté de nouvelles opportunités de travail ?

Cela reste quelque chose que j’ai fait sur mon temps libre et qui n’a pas de prétention professionnelle. Ce n’est pas dans le but de devenir journaliste que je l’ai fait. Je savais que j’aimais écrire, que j’écrivais plutôt bien. Peut-être que le fait d’avoir écrire ce livre m’a légitimé sur le fait que je pouvais écrire des trucs, et sur ma capacité d’écriture. J’ai écrit un livre, donc te dire que tu es auteur, c’est comme quelqu’un qui prend une guitare : au début, il a du mal à dire qu’il est musicien, mais en fait à partir du moment où tu joues de la guitare, tu es musicien. En fait quand tu aimes bien écrire beaucoup, tu es écrivain, auteur, et ce n’est pas forcément le fait que ça soit ton métier qui justifie ça. Moi ce n’est pas du tout mon but d’écrire des livres professionnellement. Après, ça ne m’a pas changé la vie dans mon travail. C’est une ligne sur mon CV, mais je ne pense pas que ce soit ça qui change grand-chose quand je cherche du boulot. Par contre, c’est sûr que ça m’a donné d’autres envies pour la suite, pendant quelques années je n’avais plus du tout envie d’écrire quoique ce soit, car c’est assez lourd comme démarche et c’est un peu épuisant. Mais ça m’a donné l’idée que c’était possible d’écrire un livre, c’est beaucoup de travail mais c’est quelque chose que je pourrai refaire dans ma vie, plus tard.

Et sur le plan personnel ?

Forcément, beaucoup de fierté au moment où on a enfin l’objet dans les mains. Pour moi qui ait toujours lu beaucoup dans ma vie, qui ait des livres dans les mains depuis que j’ai cinq ou six ans, en tout cas depuis que j’ai l’âge de commencer à en lire, ça reste un rêve de gamin. Et quand on a enfin l’objet dans les mains et qu’en plus on le trouve beau, on est fier, je pense. Bon, c’est plus ou moins réussi, mais j’avais fait toute la conception graphique aussi en plus d’écrire le livre. La couverture, c’est un patchwork/assemblage que j’ai fait en pleine nuit de divers trucs liés au groupe et je trouve qu’elle est plutôt chouette, cette couverture. Ça m’a peut-être confirmé aussi sur mon côté créatif, des trucs parfois qu’on a du mal à assumer, je trouvais toujours que mes photos étaient moins bien que celles des autres, mais au final, elles sont dans le livre et tout le monde les apprécie.

Quel genre de difficultés avez-vous pu rencontrer dans la réalisation de ce travail, si il y en a eues ?

La difficulté, c’est que plus on remonte dans le temps, plus les souvenirs des gens sont vagues, moins précis, plus parfois les sources sont un peu plus compliquées à trouver. Au moment où j’ai écrit ce livre là, Eiffel avait plutôt du succès, notamment sur un album qui s’appelle « Foule Monstre ». Trouver des sources, des articles et interviews du groupe sur une période assez récente c’était hyper facile, mais en trouver sur la fin des années 90 sur le groupe qui avait même précédé Eiffel, « Oobik & the Pucks », un groupe qui était resté quand même très indé, on était en 1995, autant dire qu’à l’époque sur Internet, il n’y avait rien. Certains des musiciens en question n’étaient plus liés au projet… Je pense qu’aujourd’hui, Internet préserve un peu plus les choses même si il y a des pages qui disparaissent. Beaucoup de choses ne sont pas numérisées avant les années 2000.

Pouvez-vous maintenant nous présenter le contenu du livre que vous écrivez actuellement, « Les Îlots, 10 ans – Florilège de la teuf » ?

Les Îlots Électroniques, c’est une association qui organise des évènements de musique électronique sur Tours depuis une dizaine d’années. 2014, exactement. Et moi, je suis bénévole depuis la deuxième année d’existence de cette association : juste « bénévole lambda » : je porte des barrières, je sers des bières, je vends des tickets pour les boissons… J’ai toujours été investi là-dedans, même si je ne suis pas issu du tout des milieux des musiques électroniques, et que musicalement ce n’est pas trop mon créneau, clairement. Mais j’ai toujours bien aimé ces évènements-là, notamment parce que majoritairement, les évènements qu’ils organisent sont gratuits. D’abord le dimanche, parfois aussi le samedi, mais en tout cas le point de départ c’est les évènements un peu comme ça s’est fait dans plein de villes, avec des trucs comme Bordeaux Open Air, des choses comme ça… il y a eu toute une émergence d’évènements de musique électronique gratuits le dimanche, au début des années 2010 en France. Les Îlots ont apporté ça à Tours. J’ai toujours trouvé ces évènements assez chouettes parce que très populaires, très familiaux, qui cassent un peu les codes des musiques électroniques, les trucs de « teufeurs dans les champs », qui sont un peu hermétiques. Je trouvais que c’était fait très intelligemment, et c’est des évènements assez fun. C’est un peu le pourquoi je me suis intéressé à ce sujet-là, et parce que je suis très lié à cette association, au titre de bénévole et personnel, de fait.

Du coup, les Îlots fêtaient leur dix ans en 2024 et pour ça, à la fin de l’année 2023 ils ont commencé dans les discussions à me parler du fait qu’ils allaient faire une année très particulière pour leur dix ans, puisqu’ils allaient faire dix teufs dans l’année. Donc dix évènements, c’est à dire un évènement par mois, de février à novembre, ce qui est plutôt très ambitieux. A la fois des évènements intérieurs plus l’hiver, et aussi des évènements extérieurs plus l’été. Ils ont commencé à me parler de ça, et parfois il y avait des évènements un petit peu particuliers qui n’était pas habituels pour les Îlots, par exemple le fait d’aller dans l’Île d’Oléron. Il y avait aussi des évènements dans des parcs à Tours, comme ils avaient l’habitude de faire. Donc quand on a commencé à parler de cette année un peu particulière, je me suis dit qu’il y avait des choses à raconter autour de ça et autour de ce qu’il s’était déjà fait au cours des dix premières années des Îlots. Le fait d’être bénévole a fait que j’ai beaucoup côtoyé cette association. Et c’est vrai que depuis que j’avais fait mon premier livre sur Eiffel, je m’étais toujours dit que si j’en écrivais un second, ça pourrait peut-être être sur un truc qui valorise la question de l’engagement bénévole ou associatif. Mais je n’avais jamais trouvé de sujet ou d’angle sous lequel le traiter, ou de terrain et de recherche, d’associations de choses qui pourraient me donner envie d’écrire quelque chose sur ces bénévoles ou autre. Et en fait, ça s’est un peu croisé entre cette année très particulière pour les Îlots. Avec plein d’évènements un peu atypiques, qui allaient permettre d’écrire des choses dessus, et de me dire que si l’on revient sur les dix années qui sont passées, il y a sûrement plein de choses à écrire. Sur ce que c’est que les Îlots en tant qu’association, ce que ça représente pour plein de gens. Notamment les bénévoles, et un axe qui était assez fort pour moi dès le départ, c’était l’idée des parcours de vie qui ont été changés ou transformés grâce aux Îlots. Il y a énormément de gens qui étaient bénévoles aux Îlots qui sont aujourd’hui régisseurs, régisseuses pour des festivals, qui ont fait leur métier de bosser dans les bars de ces festivals…

Donc à proprement dit, ce n’est pas vraiment un livre de mémoires des Îlots. 

Ce n’est pas du tout une biographie des Îlots Électroniques parce qu’au final dans le livre, il y a très peu de contenus que j’ai écrit. Il y a quelques chapitres, où j’écris notamment quelque petits textes sur les dix évènements de l’année 2024. Mais sinon, 80 % du contenu du livre, ce sont des interviews et des entretiens, des extraits d’interviews que j’ai réalisées avec plus d’une centaine de personnes qui gravitent autour des Îlots Électroniques, et que j’assemble de manière très « chorale », comme si je recréais une sorte de dialogue entre une centaine de personnes qui ont tous, d’une manière ou d’une autre, des liens avec les Îlots électroniques. Ça peut être des bénévoles, des artistes, des gens qui sont à la technique, la personne qui fait le catering sur les évènements, des gens de la mairie de la ville de Tours, leurs brasseurs de bière… et beaucoup de gens du public aussi.

Pourquoi écrire l’historique d’un festival ou d’un projet culturel comme celui ci ?

J’ai l’impression que c’est important, et quand je dis important, c’est que j’ai aussi envie que les gens que j’ai interviewés, qui ont crée cette association il y a dix ans, (certains, je pense, en ont ou moins conscience) se rendent d’autant plus compte de ce qu’ils ont fait, que ce à quoi ils ont participé est important. Souvent, quand on est impliqué dans une association, on perd un peu de recul sur ce qu’on fait, on est tellement dans le « faire » qu’on ne se rend plus compte au final de l’ampleur que ça peut avoir, de l’importance que ça a pour les gens qui gravitent autour… moi, j’ai encore tendance à penser que les livres restent plus que les contenus numériques, en tout cas qu’on ira plus les regarder dans vingt ou trente ans dans son étagère qu’une vidéo d’un évènement qui a de nombreuses années et dont on a perdu la trace numérique. Je pense donc que cela permet de garder cette mémoire-là. Pour travailler dans le secteur culturel, étant donné que le livre est un projet totalement bénévole, on parle souvent de notions comme « les droits culturels », « l’utilité sociale »… ce sont souvent des concepts qui peuvent rester un peu vagues et derrière lesquels on ne sait pas quoi mettre exactement, et j’ai l’impression que les réponses de la centaine de personnes que j’ai interviewées et que je compile dans ce livre derrière diverses thématiques, sont assez concrètes par rapport à ça. C’est à dire ce que sont les droits culturels, le fait de se dire « Je suis bénévole dans une association de musique électronique, trois ou quatre ans après je me mets à mixer parce que je n’arrête pas de voir des DJ, et en fait deux ans plus tard c’est moi qui ouvre sur la grande scène de ce festival là, alors que quand j’ai commencé, je venais juste servir des bières et ne pensais pas être un jour DJ… ». Quand je parlais d’utilité sociale, j’évoquais tout le côté parcours de vie, et le fait d’avoir des gens sui, parce qu’ils sont bénévoles, se rendent compte que leur envie première dans la vie, ce n’est pas d’être prof d’anglais, mais de faire technicien lumière sur des tournées de groupe, et qu’ils sont très bons pour ça car ce sont des gens très créatifs. Et avoir un petit terrain de jeu, d’expérimentation qui est le bénévolat dans une association pour commencer à se lancer là dedans avant de devenir au final professionnel quelques années plus tard, c’est quelque chose que je raccorderais à la question de l’utilité sociale, donc pour moi, c’est vraiment les axes que j’avais envie de mettre en valeur dans ce livre là, même si ça parle de plein d’autres sujets, des musiques électroniques et d’art en général…

En guise de dernière réponse, il y a-t-il quelque chose que vous voulez ajouter, autour de quoi je n’aurais pas posé de question ?

Dans la démarche documentaire, qui a été prise sur ce deuxième livre très basé sur la récolte de témoignages, on s’est inspiré sur un livre déjà existant sur Tours, qui a été fait il y a quelques années de ça autour des trente ans de Radio Béton, une radio emblématique du territoire et organisatrice du festival Aucard de Tours, et donc effectivement, ils ont fait ce très gros livre autour de la radio. Eux avaient déjà eu ce parti pris d’interviewer des personnes, cent cinquante personnes à peu près, liées de près ou de loin à la radio ou au festival. Ils étaient sur une approche chronologique alors que moi, c’est plus thématique. En tout cas, ça été une source d’inspiration un peu prioritaire et forte pour la manière de travailler sur ce livre-là, on a pas « copié-collé » la manière de faire, mais en tout cas, on s’est inspirés de la méthode en se disant que les personnes les plus à même de parler du sujet, c’est les gens directement concernés par celui-ci. Et finalement celles qui en ont le plus la mémoire, c’est d’abord celles qui ont vécues les choses, tout simplement.

Cette interview s’inscrit dans le projet porté par le RIM :

« LES MUSIQUES ACTUELLES ONT DE LA MÉMOIRE ! »

4 témoignages autour des enjeux de transmission de la mémoire du secteur et de ses projets

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NAGE LIBRE (87)

Nage Libre

Nage Libre est dédiée aux musiques improvisées et expérimentales, esthétiques et pratiques mouvantes qui se créent aujourd’hui. En perpétuelle évolution, elles ne gardent jamais bien longtemps leurs étiquettes… Et c’est bien le projet de Nage Libre : présenter des musiques à contre-courant, qui s’aventurent là où on ne les attend pas.

Si elles prennent principalement racine dans l’histoire du jazz, les frontières ont depuis joyeusement explosé. Aujourd’hui persiste une quête de langages et d’expressions, puisés au fond des parcours artistiques individuels et sans cesse bousculés par des rencontres. Nage Libre travaille activement à manufacturer les moments les plus propices pour présenter ces musiques. Questionner l’espace-temps le plus adapté au projet artistique et aux conditions d’écoute des spectateurs.

Nage Libre, c’est :

  • une saison d’environ 25 concerts, de septembre à juin
  • le festival Bruisme en juin [12 projets artistiques]
  • des accueils d’artistes pour des temps de travail (création, enregistrement…) [10 jours]
  • des actions de médiation avec différents publics [5 jours]
  • la constitution d’un fond d’archives sonores des différents lives organisés
    consulter le projet artistique et culturel 2023-2026

Derrière Nage Libre il y a l’association Jazz à Poitiers. C’est une gouvernance et une équipe réunies autour de la défense de ces esthétiques et pratiques musicales invisibles. A ce titre, l’association a été labellisée SMAC par le Ministère de la Culture dès sa création en 1997, faisant de sa singularité sa plus grande force.

Nage Libre, c’est aussi un travail au quotidien pour accorder autant d’importance à son objet qu’aux façons de le réaliser, avec une attention portée à la qualité de vie et conditions de travail, à la transparence et à l’intelligence collective. C’est enfin des valeurs fortes transversales défendues par toutes et tous : écologie, lutte contre les violences et harcèlements sexistes et sexuels, solidarité… pour lesquelles nous essayons sans cesse de progresser.

Le poste

Finalité du poste 

Sous l’autorité de la direction, il·elle est responsable technique de la préparation et de l’exploitation des manifestations. Il·elle est en charge de la sonorisation des concerts de saison et des accueils en résidences. Il·elle coordonne l’ensemble des équipes techniques intermittentes, particulièrement pendant le festival Bruisme. Il·elle est responsable de la mise en place des éléments techniques ayant trait à l’accueil du public, y compris en matière de sécurité.

Positionnement dans la structure
  • responsable hiérarchique > Mathilde Coupeau / directrice (par délégation de la présidence)
  • liens fonctionnels > Renaud Baillet / programmateur et Judicaël Dacosta / chargé de production et d’administration
  • travaille en lien avec le reste de l’équipe > Alexia Toussaint / chargée des relations publiques
Description du poste

MISSIONS PRINCIPALES

RÉGIE GÉNÉRALE

  • Apporter une expertise technique, des solutions et des propositions à la mise en place de la programmation : choix des espaces, contraintes acoustiques… > avec le programmateur
  • Gestion, entretien du matériel et réalisation de l’inventaire annuel
  • Gestion des données d’enregistrement : mises à plat, archivage, mises à disposition auprès des artistes concerné·es
  • Suivi des mises à disposition de matériel auprès d’autres structures
  • Assurer la liaison avec les équipes et les structures du site Confort Moderne (l’Oreille est Hardie et la Fanzinothèque) au bénéfice de la réalisation des évènements de chacun
  • Animer les réflexions concernant le parc technique de Nage Libre : identification et localisation du matériel, complémentarité avec les autres structures, mise en œuvre du processus de gestion des ressources, renouvellement du matériel
  • Encadrer les équipes techniques intermittentes : évaluer les besoins, recruter et accueillir le personnel intermittent technique
    > en saison : un·e technicien·ne lumière par concert
    > Bruisme : équipe de 5 à 8 personnes sur 1 semaine

 ACTIVITÉS DE DIFFUSION

  • Accueil technique des artistes et de leurs éventuels accompagnants techniques
  • Régie son et backline
  • Préparation de l’accueil du·de la technicien·ne lumière
  • Assurer la liaison avec les autres lieux d’accueil en cas de diffusion « hors les murs »
  • Enregistrement des concerts

 ACCUEIL DE RÉSIDENCE

  • Accueil technique des artistes et de leurs éventuels accompagnants techniques
  • Réalisation d’enregistrements
  • Accompagnement des artistes sur le volet technique (assistance, conseil, matériel, balance, prise de son, diffusion, éclairage, etc.)

MISSIONS CONNEXES

  • Participer au projet associatif et à la vie de la structure
  • Participer à la mise en œuvre de la coopération au sein du Confort Moderne avec l’Oreille est Hardie, la Fanzinothèque, Transat et le Restaurant
  • Participer à l’accompagnement des acteurs du secteur des musiques actuelles (conseils et transmission, selon les besoins exprimés)
  • Toutes autres tâches nécessitées par le fonctionnement de l’association dans la mesure des disponibilités et des compétences

Profil

SAVOIRS FAIRE 

Maîtrise des techniques de sonorisation de concert (design, calage, exploitation)
Connaissance des environnements Midas, Nexo, d&b, JBL
Maîtrise du DAW Reaper (enregistrements et mises à plat)
Connaissances de base en lumière 
Anglais technique
Permis B 
SSIAP 1 (formation prise en charge par l’employeur)
Habilitation électrique (formation prise en charge par l’employeur)

SAVOIRS ÊTRE
Appétence pour les musiques expérimentales et leurs particularités
Autonomie 
Travail en équipe
Rigueur
Diplomatie

Ce profil de poste est un idéal. Nous savons que les modalités de recrutement sur les fonctions de régie sont complexes, et sommes conscients que des ajustements seront nécessaires pour permettre aux candidat·es de se projeter dans un temps partiel annualisé, en fonction des activités qu’il·elle peut souhaiter conserver en parallèle.  
La priorité pour nous est d’accueillir une personne souhaitant contribuer à un projet artistique singulier et rare, au sein d’une structure qui essaye de faire coïncider exigence de projet et exigence de méthode. Nous apprécions particulièrement un partage de nos valeurs de solidarité et bienveillance, ainsi qu’une appétence pour les enjeux d’éco-responsabilité, de développement durable et plus généralement les enjeux de RSO.

Conditions de travail

  • Durée du travail : temps partiel annualisé sur la base de 24,5h/semaine en moyenne (70%), avec un pic d’activités conséquent sur la période du festival (juin) et un creux en juillet et août.
  • Durée du contrat : CDI – période d’essai de 3 mois de travail effectif, renouvelable une fois.
  • Classification conventionnelle du poste / salaire : CCNEAC (Convention Collective Nationale des Entreprises Artistiques et Culturelles). Groupe 4 (cadre), échelon selon expériences similaires. Salaire brut indicatif au 1er échelon à 70% : 1627,16€.
  • Avantages spécifiques : Mutuelle d’entreprise : Audiens – option 2, tickets restaurants (6€).
  • Lieu de travail : Confort Moderne. Bureaux en open space partagé avec les autres structures, environnement mac. Télétravail occasionnel possible sur les missions le permettant.
  • Spécificités : Travail avec d’importantes variations d’horaires et irrégulier par nature, incluant des soirs, week-end et jours fériés. Déplacements occasionnels, notamment dans le cadre du travail en réseaux.
Réception des candidatures et entretien au fil du temps 
CV + lettre de motivation personnalisée EN PDF par mail à mathilde@nage-libre.org
Prise de poste entre le 12 novembre et le 8 décembre 2025

[DES LENDEMAINS QUI CHANTENT] Régisseur•se général•e

RÉGISSEUR•SE Général•e

DES LENDEMAINS QUI CHANTENT (19)

Des lendemains qui chantent

Depuis 2004, l’association Des Lendemains Qui Chantent défend un projet artistique et culturel fondé sur la promotion des musiques actuelles dans toutes leurs composantes (pratiques amateurs, artistes professionnel·le·s, pluralité d’esthétiques). Elle s’inscrit dans une volonté d’ouverture et d’ancrage territorial.

L’association gère un équipement mis à disposition par la Ville de Tulle, doté d’une salle de spectacle de 450 places, d’une petite scène-bar et d’un bâtiment dédié à la répétition (Le Labo).

Labellisée Scène de Musiques Actuelles, elle développe son activité à la fois dans ses murs et hors les murs (partenariats, coopérations, diffusion sur le territoire…).

Descriptif du poste

Missions principales

Sous l’autorité de la direction, le·la régisseur·se général·e est le/la référent·e technique de la structure.
Il/elle assure la préparation, la coordination et le bon déroulement technique, logistique et sécuritaire des activités de la SMAC.

Fonctions

• Coordination technique et logistique des manifestations (concerts, résidences, événements
hors les murs).
• Gestion du budget technique de production et de fonctionnement, en lien avec la direction.
• Encadrement des équipes techniques intermittent·e·s, stagiaires et bénévoles.
•  Référent·e sécurité, prévention des risques, sûreté et accessibilité.
• Gestion et entretien du matériel technique, suivi du bâtiment et des prestataires.
• Relation avec les équipes techniques des artistes, négociation et validation des fiches techniques.
• Relation avec les prestataires techniques et de sécurité, négociation et suivi des devis.
•  Suivi et coordination des travaux et aménagements techniques.
• Présence sur les résidences, filages et concerts (régie générale et, ponctuellement, régie son
sur petites formes).
• Assurer une veille technique/technologique

Participation à la vie de l’association

•  Réunions d’équipe et coopération transversale avec les autres pôles.
•  Accueil des artistes, lien avec le public et les bénévoles.
•  Contribution à la vie collective du lieu

Profil recherché

• Expérience confirmée en régie générale ou coordination technique dans le spectacle vivant.
• Coordination technique et logistique
• Lecture, négociation et validation de fiches techniques
• Gestion et suivi du budget technique
•  Maîtrise des protocoles de sécurité dans les ERP : sécurité du public, prévention des risques, sûreté et accessibilité
• Compétences en sonorisation live
• Connaissance du matériel lumière et plateau, ainsi que des réseaux scéniques (DMX, Dante, etc.)
•  Gestion du parc matériel et suivi du bâtiment (entretien, maintenance, inventaire, réparations)
• Encadrement d’équipes techniques : intermittents, stagiaires, bénévoles
•  Connaissance des normes techniques et réglementaires (DTU, SSIAP, habilitations électriques, accroche/levage, travail en hauteur)
•  Utilisation des outils informatiques et logiciels techniques
• Des certifications (habilitation électrique, SSIAP, travail en hauteur, accroche/levage, SST)
seraient un plus.
•  Une expérience en régie son (particulièrement sur petites formes) constituerait un véritable atout
•  Permis B obligatoire
•  Organisation, rigueur et autonomie
•  Sens des responsabilités et de la sécurité
•  Calme, réactivité et sang-froid
• Diplomatie et pédagogie
•  Capacités de planification et d’anticipation
•  Aisance relationnelle, et goût du travail en équipe
• Capacité d’encadrement et de transmission des savoirs
• Curiosité technique
• Intérêt réel pour les musiques actuelles et la vie associative
•  Disponibilité (soirées, week-ends) et souplesse horaire

Modalités du poste

CDI temps plein annualisé.
• Convention collective CCNEAC – groupe 4 échelon 1 – base brute : 2 324,51 € (cadre).
• 6 semaines de congés.
• Poste à pourvoir le 1er février 2026 .
• Mutuelle Audiens Option 3
• Tickets restaurant

Candidature 

Les candidat·e·s doivent faire parvenir par courriel au Président de l’association à recrutement@deslendemainsquichantent.org un CV et une lettre de motivation

[ENTRETIEN] Philippe Guillemoteau • Auteur

LES MUSIQUES ACTUELLES ONT DE LA MÉMOIRE !

ENTRETIEN 2/4

PHILIPPE GUILLEMOTEAU

AUTEUR ET MUSICIEN 

miminettes micro interview

Cette interview s’inscrit dans le projet porté par le RIM :

« LES MUSIQUES ACTUELLES ONT DE LA MÉMOIRE ! »

4 témoignages autour des enjeux de transmission de la mémoire du secteur et de ses projets

« L’imagination, c’est de la mémoire fermentée. » Milan Kundera

Près de 45 ans après l’apparition du terme « Musiques Actuelles » et des années de structuration continue du secteur et des politiques publiques qui l’accompagnent, les enjeux de renouvellement, d’inclusion et de transmission apparaissent extrêmement forts au sein de ses structures. La mémoire du secteur (et de ses projets) constitue l’une des clés pour conserver la capacité d’impulser continuellement de nouvelles dynamiques collectives et les valeurs d’indépendance, d’éducation populaire et de défense de la diversité qui lui ont permis de se développer.

Afin d’aborder ce sujet et la manière dont il interroge ou peut servir les pratiques des acteurs des Musiques Actuelles, nous avons choisi d’interroger quatre personnes, qui ont travaillé sur ces enjeux de mémoire (conservation, valorisation, patrimonialisation, …) ou bien les ont traversés tout au long de leur carrière, « en faisant ».

Entretiens réalisés par Emma Roche, en Service Civique au RIM, en début 2025

Philippe Guillemoteau interview archives musiques actuelles

PHILIPPE GUILLEMOTEAU

Philippe Guillemoteau, auteur, passionné de musique et musicien lui-même, nous présente son travail colossal de recensement des initiatives Musiques Actuelles dans le département des Deux-Sèvres de la fin des années 60 au milieu des années 2000, à travers l’écriture de son livre « Micro Faunes ».

D’où vous est venue l’idée de recenser les initiatives et les groupes des Musiques Actuelles des Deux-Sèvres en particulier ?

Étant moi-même musicien, je trouvais qu’il se faisait plein de choses intéressantes. J’avais commencé a écrire des choses, j’écris des chansons, des textes courts. J’avais écrit un bouquin sur l’histoire de la famille de ma compagne et je m’étais dit « est-ce que je suis capable de faire plus gros, d’aller plus loin dans l’écriture ? ». C’était un défi personnel. Naturellement, je me suis intéressé à écrire sur la musique, car c’est l’essentiel de ma vie. Je suis parti là-dessus en me disant que je connais pas mal de musiciens qui ont des histoires intéressantes, donc, pourquoi je ne raconterais pas ça ? Au bout d’une trentaine, quarantaine de pages, j’ai compris que c’est comme une pelote de laine : tu tires un peu et ça se déroule, c’est énorme, tu as l’impression qu’il y en a toujours plus.

Je ne savais pas quoi faire de ce que j’avais commencé à écrire, puis je mangeais avec un copain musicien et éditeur qui s’appelle Philippe Floris. Je lui ai parlé de cette initiative et il m’a répondu qu’il souhaitait en être l’éditeur.

Comment vous y êtes-vous pris pour recenser plus de mille noms pour ce projet ?

J’ai fait de l’archive. J’ai entassé. J’avais déjà pas mal de choses car j’ai beaucoup de disques, cela fait partie de ma culture. Je fais beaucoup les vides-greniers, les Emmaüs… alors dès que je voyais un disque qui avait l’air d’être du coin, je le prenais. Ça a commencé à s’entasser. Après j’ai commencé a faire des interviews, car j’avais quand même une vision un peu globale du truc, des différents courants musicaux locaux, je savais qu’il se passait telle chose à Parthenay à telle époque, telle chose à plein d’endroits à telle autre époque… alors ce que j’ai commencé à faire, ce sont des interviews. J’ai mis cinq ans à faire le bouquin parce qu’a cette époque là, je travaillais. Je faisais ça, soit le soir après dîner, soit le week-end… je prenais des rendez-vous avec les gens, j’allais les voir, car pour moi, le contact physique était indispensable. J’ai pas compté, mais j’ai dû faire une centaine d’interviews.

J’ai pris mon pied à faire ça, car étant musicien, chanteur, ayant tourné depuis le début des années soixante-dix dans la région, quand je me présentais, cela facilitait un peu les choses pour aller discuter avec les gens. Souvent, on avait partagé des scènes. C’est incroyable quand tu vas vers les gens, quand tu amorces bien la pompe, ça peut durer des heures et ça, pour moi, c’était vraiment le pied.

Je m’étais donné un cadre : je me limite à la création musicale. Je ne vais pas vers ceux qui font de la reprise, de l’adaptation, je vais pas vers le chorales, les groupes de bal. Pour moi, le cadre c’était ceux qui créaient et qui permettaient d’aller plus loin. Ce n’est pas que le reste c’est pas bien, mais ça me permettait d’avoir un cadre de travail. J’ai commencé à faire des bases de données : musiciens, groupes… Pour chaque entrée j’avais une fiche. J’ai rattaché ça à ma base de données : j’écoutais un disque, je le chroniquais et je le mettais dans la base.

Que mettez-vous dans une fiche d’artiste ?

La fiche type, c’est le nom du groupe, la discographie, d’où ils sont… J’ai toujours le lieu d’identification et la période concernée sous le nom pour m’y repérer. Pour la discographie : en quelle année, sortie par qui… etc.

« J’ai commencé et quand j’ai eu fait ce qui ressemblait a une trentaine, quarantaine de pages, au fur et à mesure, c’est comme une pelote de laine : tu tires un peu et ça se déroule, c’est énorme, tu as l’impression qu’il y en a toujours plus. »

Donc vous dites que votre enquête s’est déroulée sur cinq ans. Cela correspond au temps que vous avez mis à faire le livre ?

J’ai commencé à rédiger avant d’avoir rencontré l’éditeur, donc avec le reste ça a constitué cinq ans de boulot. L’éditeur a travaillé au fur et à mesure.

Moi, ce qui m’intéressait, au départ, c’était l’écriture. J’avais un bon échange avec cet éditeur et il m’a dit quelque chose auquel je n’avais pas pensé au départ. Il n’existe plus, mais il s’appelait « Patrimoine et médias ». Il travaillait sur le patrimoine et sortait essentiellement ce qu’on appelle « des beaux livres » de photos de châteaux, de paysages… Moi, j’avais pas fait le lien dans ma tête avec la dimension patrimoniale de ce travail. C’est lui qui l’a fait et qui m’a dit : « Ce que tu fais, c’est du patrimoine ! Il n’y a qu’une condition, c’est qu’il me faut des images. Dans la logique du patrimoine, il faut des images. Les groupes des années soixante-dix avec les pantalons pattes d’eph par exemple, il me faut leur gueule, leur look, les affiches… » A chaque fois que je faisais une interview, je ramenais du matériel et j’allais chez l’éditeur. Il avait ce qu’il faut pour numériser. Quand c’était du A4 je pouvais le faire tout seul mais quand c’était une affiche, lui avait le matériel et produisait des fichiers de bien meilleure qualité que moi.

Pour trouver toutes ces ressources, qu’avez vous utilisé ?

Les brocantes, Emmaüs, solderies… quand j’allais voir les gens, dans l’entretien surgissait un nom, ça nous emmenait sur autre chose, ils me donnaient les coordonnées, j’appelais la personne, en disant qu’on m’a dit de l’appeler… par exemple pour tout ce qui concerne la musique traditionnelle, un volet très important en Deux-Sèvres, une musique que je ne connaissais pas du tou (je viens du rock et du punk donc les musiques trad ne me causaient pas tellement). À Parthenay, il y a l’UPCP-Métive (voir entretien 1/4), qui fait un travail patrimonial, d’archivage et de mémoire extraordinaire. J’y suis allé quelques fois chercher des documents, discuter avec les gens et trouver des trucs. Au départ mon projet c’était de faire les 4 départements. Et puis, en cours de route, ça a bifurqué.

Couvrir les quatre départements n’aurait-il pas représenté un travail énorme ?

Oui, mais travailler sur le long cours n’est pas quelque chose qui me gêne. Je suis quelqu’un de lent et qui travaille dans la durée, donc c‘est une méthode qui me convenait. J’avais commencé le volume de la Vienne, j’avais rédigé quatre-vingt pages, quelque chose comme ça, j’avais commencé les entretiens et c’est le moment où j’ai commencé à écrire les polars musicaux, qui ont pris le pas sur le travail documentaire, car les deux n’étaient pas compatibles en même temps.

Les Deux-Sèvres sont un territoire rural. Est-ce que cela a été aussi simple de travailler en territoire urbain que rural ? Est-ce que cela a pu avoir une incidence sur la capacité à trouver des sources, des personnes ?

Les Deux-Sèvres, il faut être conscient d’une chose : pour eux, la fac, c’est Poitiers. Les orchestres, quand ça démarre, soit tu en montes un au lycée, soit tu montes un groupe en rencontrant d’autres musiciens à la fac. Et donc, de toute façon ça passait beaucoup par Poitiers à cause de la fac. En général, les gens commencent au lycée, mais s’en vont à Poitiers à la fac pour faire des études et reviennent. Donc la dimension urbaine/rurale… en fait, je ne me suis pas posé cette question.

Professionnellement, je travaillais sur l’aménagement du territoire à cette époque. Mon boulot, c’était d’être l’interlocuteur des « pays ». C’était un échelon intermédiaire entre communautés de commune et départements : des rassemblements de communes et communautés de commune. Mon boulot était d’aider les pays a monter leur projet et de les accompagner dans différents domaines. Naturellement, je travaillais beaucoup sur l’histoire et ce qu’étaient les pays. Pour donner une idée, sur les Deux-Sèvres, il y avait, en gros, cinq pays : le pays Mellois, du bocage Bressuirais, la Gâtine, le Pays Thouarsais et Niort. Chacun de ces pays étaient très cohérents géographiquement et culturellement. Historiquement aussi. C’était quelque chose sur quoi j’avais déjà travaillé professionnellement.

Spontanément, c’est pas dit comme tel dans mon travail sur Micro Faunes, mais vous retrouverez l’échelle de ces pays. Donc à chaque fois, je traite la zone de la Gâtine ou de Parthenay, le bocage Bressuirais… j’essaie de voir comment ça bouge en parallèle. J’essaie aussi de voir les politiques culturelles des différents territoires – car mon boulot était de travailler avec les élus. J’ai essayé, dans le bouquin – c’était pas l’objectif principal mais ça m’intéressait quand même – de traiter aussi la différence d’approche sur les politiques culturelles de territoire. J’avais été très intéressé de voir que dans le Niortais ou en Gâtine, on avait des politiques quasi à l’opposé l’une de l’autre. C’est à dire qu’en Gâtine, à l’époque, il y avait un maire de Parthenay qui avait pour approche de favoriser l’éclosion des associations et de faire porter la culture par ces associations en les aidant financièrement. Donc il y avait un accompagnement, mais le territoire se développait autour d’associations qui organisaient par exemple, « Jazz en Gâtine »… toutes ces associations avaient des petits festivals, des choses comme ça.

A l’opposé, à Niort, on était sur quelque chose de très centralisé : la culture, c’était la ville de Niort. Les associations faisaient ce qu’elles pouvaient. Donc ça donnait des choses assez différentes dans la dynamique : par exemple des festivals à Parthenay mais pas à Niort. Ce qui m’intéressait, ce n’était donc pas le rural et l’urbain, mais la dimension territoriale des choses.

« Je ne te dis pas les dizaines de musiciens que j’ai rencontrés avec qui j’ai gardé des liens. C’est du bonheur, ces relations humaines nées à cette occasion. »

A titre personnel, que vous a apporté la réalisation de ce travail ?

De la confiance en moi sur le fait de pouvoir écrire des choses plus longues que des chansons. C’est pour ça qu’après je suis passé à l’exercice du bouquin de 350 pages et au polar musical. Mais le principal apport est humain, tous les gens que j’ai rencontrés… moi en ce moment, je fais de la musique avec Jacky le Poitevin et Michel Beaufils. Michel Beaufils, je ne le connaissais pas, je l’ai rencontré quand je l’ai interviewé. Je ne te dis pas les dizaines de musiciens que j’ai rencontrés avec qui j’ai gardé des liens. C’est du bonheur, ces relations humaines nées à cette occasion.

Y a-t-il eu des grandes évolutions ou évènements que vous avez pu noter en Deux-Sèvres, depuis la parution du livre ?

Je ne me suis pas trop posé la question… il y a une démultiplication du nombre d’artistes, de groupes, etc. J’avais continué après le bouquin à stocker infos, articles de journaux, disques, etc. et j’ai arrêté car c’était une folie ! Il y en aurait eu tous les jours… Dans le bouquin j’ai oublié plein de gens que j’ai découverts après. En même temps, c’est super, mais je sens complètement largué tellement il y a de choses… même musicalement je n’arrive pas a suivre… à partir des années deux-mille, ça explose…

Auriez-vous une explication sur la quantité d’artistes présents dans le département, au vu du nombre d’artistes que vous recensez dans le livre ?

C’est partout pareil. Ce livre n’est pas isolé dans son approche : souvent, les bouquins comme ça qui font un peu d’histoire sont soit axés sur le rock, soit axés sur une ville. Le premier que j’avais vu et qui m’avait donné un peu l’idée de creuser la question, c’était un bouquin qui était sorti sur le rock à Brest. C’est une ville ou il y a une vraie histoire musicale. Et après, il y en a eu plein qui sont sortis : rock à Rennes, rock a Lyon… c’est souvent sur le rock. La démarche de croiser toutes les musiques est un peu particulière dans ce que j’ai fait, car c’est quand même souvent sur les musiques électriques, chanson, rock… mais je crois qu’il y a de la vie partout, comme ça. Ma base de données, je l’avais faite en parallèle sur quatre départements. Elle est forcément moins complète sur les autres, mais c’est monstrueux quand même.
Par exemple, on parlait de mes sources : une réponse que je n’ai pas donnée, c’est les studios d’enregistrement ! J’ai fait le tour des studios parce que forcément, dans la création, à un moment il faut que ça sorte et donc que ce soit enregistré. À l’époque, là où on enregistrait, c’était dans les studios, pas chez soi. Dans les Deux-Sèvres, la particularité, c’est le courant de musiques trad. Forcément, si tu vas dans un milieu plus urbain, dans la Vienne par exemple, le coté rock est beaucoup plus prégnant que dans d’autres départements. En Charente, en revanche, il y avait beaucoup plus de jazz, car il y a eu un très gros festival de jazz qui a démarré à Angoulême dans les années soixante-dix, qui est devenu Musiques Métisses, par la suite. Le fait qu’il y ait eu ces choses-là, ça favorise certains courant musicaux plus que d’autres. Après, les groupes de rock de bahut, ça, il y en a partout…

Comment le livre vit-il aujourd’hui ? Comment imaginez-vous une suite à ce travail ?

Je n’imagine pas de suite, à titre personnel. Après, il peut y avoir d’autres gens que ça intéresse de faire d’autres choses…

L’éditeur n’existe plus, donc le livre n’est plus en vente dans les magasins. Le livre était diffusé par La Geste, et de toute façon c’est un livre qui ne se vend qu’en Deux-Sèvres… c’est une niche. Il ne se vend même qu’aux musiciens des Deux-Sèvres ou à leurs familles, ce qui n’est pas gênant en la matière. On en avait tiré mille exemplaires. Quand l’éditeur à arrêté de travailler, il y a trois ou quatre ans, il en restait entre cent et deux cents. Il m’a demandé si je voulais en racheter à vil prix donc j’en ai racheté une centaine, et je les vend à la fin des concerts, à vil prix également avec une petite marge quand même. Quand je n’en aurai plus à vendre, ce sera fini. Il y en aura peut être sur internet, d’occasion. Les gens qui m’en achètent, ce sont des musiciens, parce que ça leur cause, pas forcément parce qu’ils sont dedans, mais parce qu’ils connaissent des gens qui sont dedans… Donc des suites, non… il faut être vraiment organisé. Moi je ne me sentirais pas.

Mais le travail que j’ai fait, je l’utilise encore. Là, j’ai travaillé sur la revue « Le Picton » qui sort sur le Poitou-Charentes uniquement, et est une revue régionaliste. A l’été 2025, ils vont faire un numéro axé sur la musique, les productions musicales du Poitou-Charentes. Ils m’ont contacté, j’ai écrit deux ou trois articles, j’ai réutilisé du matériel que j’avais. Donc ce sont des choses comme ça, ponctuelles. Quand j’ai fait les articles pour « Le Picton », je suis retourné dans mes bases de données revoir ce que j’avais écrit sur tel groupe… je m’étais organisé de la manière suivante : un artiste = une fiche (numérique) sur laquelle je repère sa discographie, l’iconographie utilisable éventuellement puisque dans le cadre du bouquin, je devais la repérer. Et puis, je mets un peu d’analyse de la progression entre les disques, de ce qui est intéressant… En général, quand j’avais le temps, je faisais une rubrique analytique. Et après, j’ai la base données où il y a tous les artistes et j’ai un lien entre la base données des artistes et la fiche de l’artiste. Ce sont des choses anciennes, mais tu peux retrouver un nom d’artiste. Les interviews, il y en a que j’ai faites et pris des notes, d’autres que j’ai enregistrées, mais c’est sur cassette !

Pour chaque artiste, j’ai aussi un petite chemise où je mets les articles papiers, les articles de journaux, etc. Je me disais qu’un jour, il faudrait que je fasse un gros paquet de tout ça et je les donnerai aux archives départementales. Je pensais aux archives départementales, parce que c’est des endroits où je suis allé voir. Même quand je fais des recherches pour mes bouquins, je vais souvent aux archives départementales.

Cette interview s’inscrit dans le projet porté par le RIM :

« LES MUSIQUES ACTUELLES ONT DE LA MÉMOIRE ! »

4 témoignages autour des enjeux de transmission de la mémoire du secteur et de ses projets

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