Nos activités sont-elles essentielles pour la culture ?
Pour certaines personnes, les écoles de musiques actuelles associatives semblent être déconnectées de la filière culturelle alors qu’elles en sont l’un des maillons essentiels au même titre que les autres activités. Elle ne relèvent pas uniquement du loisir !
En effet, former des personnes à la musique (amateurs et professionnels), de tous âges, de tous niveaux, est un métier, une activité professionnelle, gérée par des professionnels, conscients de leurs devoirs, qui crée des emplois (musiciens, techniciens, administratifs…).
Les intervenants de nos structures sont des musiciens professionnels qui n’ont plus que cette activité, pour la plupart d’entre eux, pour survivre. Sans reprise possible, l’ensemble du système sera impacté avec un effet domino. Avant la crise Covid, notre secteur était déjà en pleine crise de modèle, généralement sans marge de manœuvre, ni réserves ( cf. étude menée par l’agence OPALE sur l’école de musique associative publiée en décembre 2016 ).
Une majorité d’élèves/adhérents vient par le «bouche-à-oreille», et reste inscrit sur une durée moyenne de 2 à 3 ans en général. La baisse de la rentrée 2020-2021 va de facto réduire le nombre de nouvelles demandes à la rentrée prochaine, encore plus si de nouvelles incertitudes sanitaires devaient s’installer à la fin de l’été. De même, les concerts d’ateliers et liens mis en place avec les territoires dans le cadre des projets collectifs sont générateurs de nouveaux inscrits sur lesquels nous ne pourrons pas compter puisqu’aucun événement n’a pu être organisé et que les gens n’ont pas pu jouer ensemble depuis un an.
Les enjeux sont multiples
Grâce aux aides de l’État et autres collectivités, nombre d’écoles de musiques actuelles associatives ont pu tenir jusqu’à présent mais rien ne nous garantit qu’elle puissent continuer ainsi sur cette fin d’année, en cas de non réouverture en présentiel (et sans couvre-feu), et encore moins sur la saison 2021-2022, qui s’annonce compliquée malgré leurs efforts pour optimiser et renforcer la diversité de leurs offres.
Nos structures sont essentielles à la vie sociale. La société a besoin d’espaces d’expression, de liberté que nos structures peuvent assurer afin de contribuer à palier les nombreux troubles psychologiques qui se répandent à travers la population.
C’est pour cette raison qu’elles doivent :
• être assurées de pouvoir sauvegarder leur continuité en accueillant à nouveau leurs publics de tous âges, en activités individuelles et collectives, dans le respect de protocoles sanitaires stricts, dès à présent mais aussi pour leur rentrée de Septembre 2021 afin de poursuivre leurs actions dans le domaine des droits culturels,
• être prises en considération par les politiques publiques et l’État dans les futures décisions en n’étant pas noyées dans la masse des activités de loisirs, mais reconnues en tant qu’acteurs de la culture,
• être accompagnées tout au long de la reprise post-Covid (logistiquement et financièrement) pour leur permettre de redonner confiance à tous les publics, au même titre que tous les acteurs culturels et sauvegarder ainsi tous les emplois nécessaires à leur fonctionnement,
• disposer d’un contexte administratif clarifié pour la rentrée de septembre en ce qui concerne les catégories d’ERP dont elles dépendent et qui ne peuvent, à elles seules, définir, la réalité et l’importance des actions menées en matière d’enseignement artistique.
Sans la prise en compte de ces problématiques et sans une possibilité immédiate pour ces structures d’agir/d’ouvrir, il est a craindre la disparition de nombreuses écoles de musiques actuelles associatives, à plus ou moins long terme.
Aussi, nous espérons que notre parole sera entendue et que nos publics nous ferons confiance à nouveau pour la prochaine rentrée. Nous comptons sur vous tous !