[MÉCÉNAT] Une plateforme pour trouver des mécènes en Nouvelle-Aquitaine !

Plateforme numérique de mécénat en nature dédié à la culture en Nouvelle-Aquitaine !

La plateforme SYNAPSÆ facilite et sécurise les relations de mécénat en nature (c’est-à dire non-financier) entre professionnels de la culture et entreprises de Nouvelle-Aquitaine, dans un rapport « gagnant-gagnant » pour leur stratégie de développement respective, et conformément aux dispositifs fiscaux prévus dans le cadre de la loi du 1er août 2003 relative au mécénat.

L’objectif de cet outil unique en son genre est d’encadrer et de valoriser le don ou la mise à disposition, par des entreprises régionales de toutes tailles, de locaux, matériaux ou matériels inexploités ou sous-utilisés, ou encore de technologies ou de compétences, en réponse aux besoins exprimés sous forme d’annonces par des structures culturelles du territoire.


Comment ça marche?

« Je suis opérateur culturel » :

Pour être éligible, la structure culturelle doit être reconnue « d’intérêt général », c’est à dire qu’elle doit répondre à ces 3 conditions :

    • son activité est non lucrative et non-concurrentielle
    • et ne profite pas à un cercle restreint de personnes
    • et sa gestion est désintéressée

L’intérêt général d’une œuvre est avéré dès lors qu’elle revêt un caractère culturel ou concourant à la mise en valeur du patrimoine artistique ou à la diffusion de la culture ou de la langue.

En savoir + sur les conditions d’éligibilité de la structure culturelle


« Je suis une entreprise » :

Conformément à l’article 238 bis du Code général des impôts, l’avantage fiscal offert par le Mécénat s’applique à toute entreprise :

  • fiscalement domiciliée en France
  • et assujettie à l’impôt sur les sociétés ou sur le revenu (cas des entreprises sous forme individuelle ou professions libérales) selon un régime réel d’imposition
  • ou partiellement ou temporairement exonérée d’impôt par application d’un abattement sur le montant du résultat imposable (report possible de la déduction fiscale sur les 5 exercices suivants)

Ne sont pas concernées les entreprises ou exploitants :

  • soumis au régime de la micro-entreprise
  • ou exonérés de l’impôt sur les sociétés en vertu d’une loi particulière

Il revient à l’entreprise de s’assurer de son éligibilité à bénéficier du dispositif de réductions fiscales sur les dons en mécénat, conformément à la législation en vigueur en France.


Vous êtes éligible?

Inscrivez-vous vite sur la plateforme ici !


SYNAPSÆ est lauréat de l’appel à projets « Services numériques innovants » 2016 du Ministère de la Culture et de la Communication et de l’appel à manifestation d’intérêt « Le Numérique au service de l’Économie collaborative » 2015 de l’ex-région Aquitaine.
Il est soutenu par la Direction de l’Environnement – Service de l’Économie circulaire de la région Nouvelle-Aquitaine, cofinancé par l’Union européenne avec le fonds FSE

La plateforme, propriété de l’association Aquitaine Culture, est éditée, sous licence d’exploitation non-exclusive, par le Fonds de dotation Aquitaine Culture*.

[À L’ANTENNE] Le label SMAC et le métier de chargé-e de com d’une SMAC

Le Sans Réserve et le RIM à l’antenne de Radios Libres en Périgord !

Guy Garcia (directeur du Sans Réserve), Caroline Pioger (chargée de communication et d’action culturelle du Sans Réserve) et Rémi Chastenet (délégué territorial du RIM) vous parlent de l’histoire du Sans Réserve, scène de musiques amplifiées emblématique de Périgueux, de l’histoire du label d’État « SMAC » et du métier de chargé de communication dans une salle de musiques actuelles !

[RDV] La Nouvelle-Aquitaine au Printemps de Bourges

Du 24 au 29 avril, les professionnels et les artistes de Nouvelle-Aquitaine vous donnent rendez-vous au Printemps de Bourges !

LES ARTISTES DE NOUVELLE-AQUITAINE

Lauréats des sélections régionales organisées dans les 3 antennes territoriales : la Rock School Barbey (Bordeaux), 6Team Prod (Meyssac), et aux Abattoirs (Cognac), ils se produiront sur la scène des Inouïs du Printemps de Bourges.

DAMPA

Derrière une montagne de machines et de câbles, Dampa rêve. C’est la fusion de deux êtres qui produit ces rythmes, ces rimes et ces douces enveloppes électroniques qui d’ores et déjà retentissent pour Yves Saint Laurent et habillent les embruns de son parfum Black Opium. Angéline et Victor, dans une étreinte, partagent leurs imaginaires musicaux foisonnants et sortent doucement de leur isolement fertile pour révéler une musique emprunte de soul électronique et de synthés analogiques. Pénétrer leurs refuge, c’est osciller entre la voix profonde d’Angéline et la puissance créatrice de Victor, pour s’envoler à la lumière de leur univers hybride, planant au dessus de toute frontière.

FB / Page Artiste

Accompagné par La Sirène

MALIK DJOUDI

« Tu sais, j’ai peur de rien, à part du vide, qu’il anime mes lendemains ». Non, Malik Djoudi n’a peur de rien et son premier album vient combler un vide dans le paysage français. Un romantisme de dandy pas trop sûr de lui, qui convoque Christophe, Sébastien Tellier et William Sheller, une voix qui flotte dans les airs tout près de Connan Mockasin, une sourde intensité mélodique qui trouble à la manière de Blonde Redhead, une intimité dont James Blake a retrouvé le secret… Et des mots en français qu’il manie avec grâce et candeur, sur une trame électro pop toute aussi épurée.

FB / Site web

Accompagné par La Sirène

NOVEMBRE

Une vague de froid s’est abattue sur la ville. Frissonnent déjà au coin du feu les premières rimes de ces deux ombres en peine : L’un, aux pratiques et rituels douteux, n’écoutant que ses pulsions, laissant place à une part d’improvisation qui laisse parfois des traces derrière chacun de ses passages……L’autre, son précieux majordome, son bras droit pas très bavard terminant le boulot et dont le seul but est de faire briller les cuivres et les scènes de crimes de Monsieur.Les deux couturiers hors pairs vous invitent à les espionner en collant l’oreille à la cloison ou les épier par un trou de serrure … Quand le sucre rencontre le sang… Laissez-vous malmener par leur musique de chevet…

TAMPLE

Laissez-vous embarquer dans un voyage atypique à bord d’un vaisseau vaporeux. Une promesse de plongeon au creux des vagues accompagné de sons aquatiques, électroniques, rêveurs et entêtants. Les horizons sont colorés, la voix est vibrante et tient la promesse de vous amener dans les limbes, au rythme d’une puissance douce, parfois mélancolique. Il suffit de fermer les yeux, de vous laisser transporter vers des univers magiques aux mille chimères.

FB / Site web

Accompagné par La Rockschool Pro


LE RENDEZ-VOUS DES ANTENNES

Avis à tous les professionnels : passez faire un coucou à nos adhérents, la Rock School Barbey (Bordeaux), 6Team Prod (Meyssac), et Les Abattoirs (Cognac) au Rendez-vous des Antennes. Grande « messe » où tourneurs, programmateurs, éditeurs, labels, manageurs, chargés de com et attachés de presse viennent rencontrer les artistes iNOUïS. C’est aussi un festin de spécialités venues des quatre coins de France et de la Francophonie. On s’y donne rendez-vous pour reprendre des forces et partager les claques musicales de l’après-midi iNOUïS. Parfois on tombe sur un visage familier et on tente de déchiffrer discrètement son nom sur le badge. On en repart rassasié, désaltéré et les poches pleines de CDs.


LES SHOWCAVES

Portés par Musicalarue et Ulysse Maison d’Artistes

Des showcases dans une jolie cave, pour partager des moments généreux et conviviaux réservés aux professionnels (sur invitation) où découvrir de beaux artistes en dégustant des bonnes choses…

du mercredi au vendredi, de 15h à 18h à deux pas de l’espace pro et du 22 ; 28bis, rue Fernault – 18000 Bourges


CONFÉRENCES

Mercredi 25 Avril 2018
15h – 18h : Tour de France du Développement d’Artistes – Étapes Centre-Val de Loire
Lieu : Auditorium, espace de réception

Organisée par la Fraca-Ma

Afin de contribuer à la reconnaissance de nouvelles formes d’entreprenariat, dédiées à la production et à la promotion d’artistes émergents, les Pôles et Réseaux Régionaux des musiques actuelles ont organisé un Tour de France du Développement d’Artistes. La Fraca-Ma en coordonne l’étape Centre-Val de Loire, en partenariat avec le Printemps de Bourges. Conférence et ateliers sont au programme, traversés par la thématique « modèle économique et structuration de l’activité ».

Inscriptions ici.


Jeudi 26 Avril 2018
11h – 12h30 : Speed-listening : à l’écoute des nouvelles vibrations mondiales !
Lieu : Auditorium Mozart

Organisée par Zone Franche.

Les musiques du monde se réinventent aujourd’hui dans de nouvelles vibrations, puisant dans les racines traditionnelles et se propulsant dans des énergies hybrides, urbaines et souvent engagées. Décryptage en musique de quelques figures et tendances fortes de cette nouvelle scène mondiale. Avec également quelques repères chiffrés sur l’état d’un secteur en pleine effervescence.

Modératrice : Hortense Volle, journaliste à RFI, France Inter et Pan African Music

Intervenants : Pierre-Henri Frappat, directeur de Zone Franche

Marie-José Justamond, directrice du festival Les Suds à Arles et membre du conseil d’administration de Zone Franche

Mounir Kabbaj, directeur de Ginger Sounds et secrétaire général de Zone Franche


15h30 – 17h : « Je t’aime, moi non plus? » ou comment établir un contrat de confiance entre collectivités territoriales et acteurs culturels

Lieu : Auditorium, Espace de réception

Organisée par le SMA

« Sans les liens étroits qui les lient avec leurs collectivités territoriales (ville, communauté d’agglomération ou de communes, département, région, etc.), de nombreux festivals et salles de concert ne pourraient mener à bien leurs actions en direction des artistes et des publics. Pour autant si personne ne conteste le caractère positif de ces partenariats public/privé, des frictions peuvent apparaître tant les visions et les modes de fonctionnement divergent.

Mise à disposition d’un bâtiment ou d’un espace, subventions, conventions, délégations de service public, etc., ces relations partenariales se tendent parfois voire dérapent… Si les acteurs culturels se posent les questions du soutien, jusqu’où les collectivités ont-elles le droit de s’immiscer dans la gestion de ces structures sans qu’il s’agisse pour autant de gestion de fait ? En effet, jusqu’où peuvent-elles intervenir ? La loi LCAP rappelle le principe de liberté de programmation, mais des exemples récents interrogent sur la pression que subissent les équipes… Peuvent-elles aussi imposer des contreparties qui semblent parfois disproportionnées au regard de leur intervention? Quel est le rôle de l’État dans de ces relations souvent pluripartites ?

Modérateur : Yves Bommenel, président du SMA

Intervenants :
– Jean-Philippe Lefèvre, maire-adjoint de Dole à l’action culturelle, l’évènementiel et aux relations internationales et membre du Conseil d’Administration de la FNCC
– Frédéric Lombard, conseiller musique DRAC Centre
– Colas Amblard, docteur en droit et avocat associé chez NPS Consulting
– Arnaud Monnier, codirecteur de l’EMB Sannois


16h – 17h30 : La qualité sonore est-elle un outil de prévention des risques auditifs ?
Lieu : Auditorium Mozart

Organisée par Agi-Son

Le nouveau décret limitant les niveaux sonores (102 dBA et 118 dBC) prévoit l’obligation de diffusion de protections auditives au public des concerts. Si les protections auditives sont des outils de prévention utiles, vont-elle devenir la norme pour écouter la musique live.

En regard des résultats de l’évaluation de sa campagne de prévention « Hein? », AGI-SON propose d’explorer le sujet de la qualité sonore dans un cycle de rencontres. Ce premier échange, à Bourges, sera l’occasion d’interroger l’origine de la source sonore : les musiciens.

Qu’est-ce que la qualité sonore en live? Qu’implique-t-elle dans la gestion du son sur scène? Qu’est-ce qu’une « bonne gestion » du son de scène? Est-ce que nos modèles de diffusion en live sont les bons? Quel lien est établi entre le musicien et le mixeur? Quelle qualité sonore propose l’artiste au public ?

Intervenants :

-Angélique Duchemin, coordinatrice nationale AGI-SON

-Nicolas Schauer, Batteur des Wampas

-Julien Soulié directeur du FAIR

-Elsa Deftari, sonorisatrice – tournée Shaka Ponk

-Alone & Me, artiste


Vendredi 27 Avril 2018
11h – 13h : SPEED-MEETING avec le CNV et le FC
Lieu : Auditorium, espace de réception

Organisée par le CNV et le FCM

Le CNV et le FCM proposent aux professionnels présents pendant le festival de rencontrer leurs équipes sous forme de speed-meeting. Vous souhaitez présenter votre projet en vue du dépôt d’une demande d’aide?

Prenez rendez-vous avec :

  • Le CNV sur les programmes de soutien aux entreprises de spectacles, déclaration des spectacles, l’affiliation, l’observation et la ressources —

Le FCM sur les programmes de soutien aux festivals, préproduction scénique et showcase — Le FCM sur les programmes de productions phonographiques et audiovisuelle.


11h – 12h30 : Les droits des artistes interprètes confrontés aux nouveaux médias
Lieu : Auditorium Mozart

Organisée par la SPEDIDAM.

Quels sont les droits des artistes interprètes face aux différentes plateformes de streaming et de vente en ligne ?

Les différentes aides de la SPEDIDAM

Intervenant : Guillaume DAMERVAL, gérant de la SPEDIDAM


 

[GO] Plus qu’1 semaine pour postuler aux appels à projets du Fonds Créatif 2018 !

Les appels à projets 2018 lancés dans le cadre du Contrat de Filière Musiques Actuelles et Variétés en Nouvelle-Aquitaine sont en ligne !

Le Contrat de filière espace de dialogue et d’innovation, vise à répondre aux problématiques des acteurs du secteur des musiques actuelles et des variétés en région Nouvelle-Aquitaine.

Au sein du contrat de filière, le fonds créatif, abondé par l’État, la région Nouvelle-Aquitaine et le CNV (Centre national de la chanson, des variétés et du jazz), coordonné par le RIM (Réseau des Indépendants de la Musique) permet de lancer des appels à projets expérimentaux co-construits avec les acteurs dans le cadre des concertations.

Le Contrat de Filière, c’est quoi? Nicolas, notre délégué territorial vous répond à l’antenne de Radio Pulsar.

Les appels à projets sont ouverts jusqu’au lundi 9 avril 2018.

Appels à projets 2018

Développement des coopérations professionnelles

Soutenir des coopérations innovantes et la mise en commun de compétences en vue de construire des partenariats durables autour d’enjeux d’utilité sociale pour l’ensemble de l’écosystème musical.

Consultez la page de l’appel à projets

Expérimentation en matière d’action culturelle

Accompagner des projets d’actions culturelles (milieu scolaire, carcéral, hospitalier, zone rurales, zone sensibles…), dont la dimension d’expérimentation est liée à l’intérêt général (modèle économique, co-construction des projets, approche pédagogique, …).

Consultez la page de l’appel à projets

Soutien aux labels indépendants et structurants

Soutenir les projets d’entreprises de labels indépendants reconnus comme structurants, afin de leur permettre de se développer en s’adaptant aux mutations territoriales et à celles de leur secteur d’activité.

Consultez la page de l’appel à projets

Soutien aux lieux et projets culturels de proximité

Soutenir les lieux ou projets de diffusion ou de pratiques, dédiés aux musiques actuelles ou nés d’initiatives portées par des acteurs d’autres secteurs d’activité (médias, cafés cultures, etc.) dans la mise en œuvre de leur projet culturel de proximité.

Consultez la page de l’appel à projets

Mesure transferts de savoir-faire

Parallèlement le dispositif de Transfert de savoir-faire est ouvert jusqu’au 30 juin 2019.

Ce dispositif a pour objectif de faire le lien entre les professionnels de la région Nouvelle-Aquitaine et de leur proposer un cadre d’échange pour partager des outils, des techniques et des modes opératoires répondant à des problématiques communes.

Consultez la page du dispositif

Retrouvez toute l’actualité et les informations sur le contrat de filière musiques actuelles et variétés en région Nouvelle-Aquitaine sur http://musiquesactuelles-na.org

Contact et renseignements :

contact@musiquesactuelles-na.org

[ITW CROISÉE] Le Confort Moderne : 8500 m² // 4 équipes // 1000 projets

Ré-ouvert fin 2017 après deux ans de travaux, le Confort Moderne (Poitiers) accueillera en mai prochain, dans ses 8500m² entièrement réhabilités, l’assemblée Générale du RIM – Réseau des Indépendants de la Musique.

L’occasion pour le réseau des acteurs musiques actuelles en Nouvelle-Aquitaine de revenir sur Retour sur l’histoire de ce lieu mythique, friche artistique pionnière, qui rassemble aujourd’hui sous un même toit quatre structures en coopération : l’Oreille est Hardie et Jazz à Poitiers (toutes deux adhérentes du RIM), le disquaire indépendant Transat et la Fanzinothèque. Art, musique, fanzine, éducation et recherche investissent une salle de concert, un club, un bar, des locaux de répétitions, un restaurant, des espaces de résidence, une fanzinothèque et une boutique de disques.

Ces équipes passionnées font naître ensemble des projets en commun. Interview croisée.

De droite à gauche : Yann Chevallier / Directeur de L’Oreille est Hardie
Mathilde Coupeau / Directrice de Jazz à Poitiers
Lionel Bouet / Gérant de Transat
Virginie Lyobard / Directrice de la Fanzinothèque

RIM : Pouvez vous nous présenter vos structures, réunies toutes les 4 au Confort Moderne?

Mathilde : Jazz à Poitiers a 21 ans. C’est une SMAC (Scène de Musiques Actuelles) spécialisée dans le jazz & les musiques improvisées avec un gros volet de diffusion (environ 40 dates par saison et le festival Bruisme juste avant l’été), un volet accompagnement (accueil en résidences essentiellement) et des actions de médiation qui commencent à se développer. On est une petite équipe de quatre salariés.

Virginie  : La Fanzinothèque existe depuis 1989 et a pour vocation de conserver et valoriser des livres micro-édités : 55000 ouvrages à ce jour. C’est vraiment le cœur du projet, et on organise également des événements à travers des expositions ou des interventions type atelier de micro-édition collective. Enfin on produit également des fanzines ou d’autres types de supports via un atelier de sérigraphie, une imprimante Riso ou de l’impression numérique.

Lionel : Transat, disquaire indépendant, est implanté au Confort Moderne depuis 17 ans.

Yann : L’association l’Oreille est Hardie a été crée en 1977 et elle est active sur cette friche artistique depuis 1985. Elle compte 16 salariés avec le développement d’une double activité musiques actuelles et art contemporain.

Espace d’exposition ©Pierre Antoine – Exposition Tainted Love (16 décembre – 04 mars 2018)

RIM : Quels sont les liens historiques qui vous amènent aujourd’hui à vivre à quatre structures dans le même lieu ?

Mathilde : Le premier lien de connexion entre Jazz à Poitiers et l’équipe de l’Oreille est Hardie c’est avant tout des accointances d’ordre artistique. Les deux projets artistiques défendus par chacune des associations sont extrêmement complémentaires avec des passerelles très évidentes. Progressivement, les équipes ont donc été amenées à travailler régulièrement ensemble, notamment sous forme de coproductions. L’idée de cohabiter et partager un même équipement a germé depuis maintenant pas mal d’années, mais assez rapidement les limites du Confort Moderne dans son ancienne configuration ont fait que ça n’a pas pu aboutir. Ces réflexions ont repris quand le projet de réhabilitation du Confort a émergé puis est devenu vraiment concret. C’est donc un rapprochement qui a été très naturel et de longue date. Ce sont de vraies histoires de personnes également.

Lionel : Très naturel, c’est aussi le terme que je vais employer. La boutique de disques existe depuis 1987 au sein du Confort Moderne. Cela a d’ailleurs créé une émulation un peu partout et a servi de fanal à pas mal de SMACs des environs pour avoir elles aussi un disquaire. Moi je n’ai fait que reprendre cette idée et le lieu !

Yann : Il y a effectivement des rapprochements naturels de projets. Ensuite il y a une histoire liée au site : un lieu qui, naturellement, est amené à être activé par plusieurs personnes et structures, un peu comme un dispositif avec différentes portes d’entrée. Finalement il y a eu naturellement l’installation de ces portes d’entrée comme Transat ou la Fanzinothèque qui, elle aussi, a toujours mené ses activités ici. Jazz à Poitiers a, par le passé, déjà produit ici, notamment le festival Bruisme. Donc il y a historiquement un lieu qui se prête au partage d’espace et de projet.

Mathilde : On va dire qu’à la différence de Jazz à Poitiers, la Fanzinothèque et Transat sont des habitants historiques du Confort Moderne et étaient déjà présents dans les murs avant la réhabilitation tout comme l’Oreille est Hardie.

©Pierre Antoine

RIM : Comment avez vous pensé, dès la conception, et avant même les travaux, votre nouvelle vie à quatre structures dans ce lieu ?

Yann : Tout d’abord, c’est parti du projet avec l’idée de ne pas trop sectoriser l’espace en actant par exemple que tel espace sera dédié à telle pratique donc à tels acteurs donc à telle association. Le principe est plutôt de partir du territoire le plus ouvert possible, donc le site du Confort Moderne dans sa globalité, et voir ensuite comment on allait pouvoir le partager projet par projet. Partant de la possibilité la plus ouverte possible, on voit ensuite comment les usages vont eux aussi créer les manières de travailler ensemble.

Ensuite, il y a deux histoires un peu différentes, du fait que Jazz à Poitiers n’habitait pas le lieu auparavant. Pour les trois autres structures c’est vraiment naturel car on a toujours habité ici. Même si on ne travaillait pas forcément autant ensemble, la manière de partager un espace commun était plus évidente. Ce qui a vraiment changé avec la réhabilitation, c’est la volonté d’activer le lieu ensemble : c’est une force supplémentaire d’afficher que le lieu est activé conjointement par ces quatre structures plutôt que par des projets qui seraient uniquement en superposition les uns avec les autres.

RIM : Mathilde est ce que tu veux compléter avec justement cette spécificité en tant que structure précédemment « sans lieu » ?

Mathilde : On n’était pas vraiment sans lieu puisqu’on était historiquement attaché à la salle Carré Bleu, même si on n’y avait pas nos bureaux. Effectivement, ça change un petit peu nos pratiques car on est maintenant habitant « légitime » d’un lieu, là où auparavant on était sur une logique de mise à disposition, même si on s’y sentait comme chez nous ! On apprend donc en vivant ici désormais depuis quelques mois.

Pour nous (les 4 structures), ce qui est le plus important, c’est ce qu’on est en train de co-construire à l’intérieur de ça : comment on vit et travaille ensemble tout en conservant de façon très affirmée et très saine nos identités propres. Cela se traduit notamment par le choix d’avoir nos structures juridiques propres et donc une autonomie financière et administrative. De l’autre côté, ça inclut aussi le fait de se servir de l’entrée projet pour réussir, comme l’a dit Yann, à faire encore mieux ensemble et ne pas se contenter d’une simple somme d’actions. Le but est de toujours se poser la question de comment ces actions mises côte à côte, voir ensemble, peuvent permettre de voir plus loin et produire des choses cohérentes et chouettes !

RIM : Lionel, peut être qu’on peut faire un petit focus sur l’évolution de ton statut puisque tu portes désormais d’autres missions en plus de la gestion de ta boutique.

Lionel : C’est une évolution constante qui a été pensée avec l’Oreille est Hardie et la Fanzinothèque justement. Ça a commencé par une petite parenthèse enchantée, justement pendant les travaux, où on a trouvé un lieu à habiter hors-les-murs qui regroupait Transat, la Fanzinothèque et la billetterie de l’Oreille est Hardie. Aujourd’hui je suis donc à la fois disquaire mais aussi salarié de l’Oreille est Hardie en charge de l’accueil et de la billetterie. C’est de la polyactivité, mais il fallait dans le projet une sorte d’épicentre à l’emplacement de la boutique pour pouvoir ensuite naturellement baguenauder dans le lieu. Le but est que le public puisse trouver un accueil naturel, ce qui n’était pas toujours évident dans l’ancienne configuration ne serait-ce que pour pouvoir accéder à la billetterie !

Yann : Je crois qu’il y a ici une question d’identité; celle d’assumer une identité multiple. Pendant longtemps ça ne l’a pas été alors que ça existait. On sait par exemple historiquement que la Fanzinothèque et Transat sont pour les gens un marqueur important de l’identité globale du Confort Moderne en tant que lieu. Désormais c’est vraiment posé et affiché.
J’ajouterais aussi que dès les études de programmation architecturale il y a eu des dialogues avec l’ensemble des structures pour recueillir les besoins de chacune d’entre elles.

Virginie : Moi je n’étais pas là avant les travaux ! Mais l’idée pour nous c’était d’avoir un espace beaucoup plus grand, plus visible, mais aussi un espace où l’on puisse mieux valoriser nos expositions puisque même si aucun des espaces du lieu n’est spécifiquement pensé pour un type de programmation ou une association, c’était important pour la Fanzinothèque de pouvoir mettre en œuvre facilement ce type de propositions. Par rapport à ce cahier des charges initial, la réponse architecturale est super !

La Fanzinothèque

RIM : Après seulement trois petits mois d’ouverture, quelles forces tirez-vous de cette proximité renforcée ? Ressentez vous des difficultés dans ces processus de coopération ?

Yann : Je pense que c’est sans doute beaucoup trop tôt pour faire un bilan. Il y a juste quelques grandes lignes qui ressortent. On a quand même beaucoup travaillé en amont pour poser une organisation du site, un portage des responsabilités, ainsi que des processus de décision où chacun trouve une place avec une méthodologie adaptée. Ce qui a été le plus compliqué ce sont les atavismes ! Nos structures sont issues d’histoires très différentes, et donc, le plus compliqué c’est la résistance au changement.

Virginie : Tout ceci est une histoire de déplacements… Effectivement, impulser un déplacement dans des projets qui ont des existences de plusieurs dizaines d’années, ce n’est pas la même chose que d’avoir un projet tout nouveau où l’on peut s’affranchir de l’historique. Personnellement je trouve hyper important qu’il y ait ce projet augmenté entre les structures. On y arrive petit à petit mais forcément les choses ne se déplacent pas toujours de manière ultra aisée !

Yann : Les premiers effets sont très simples, il suffit de regarder le calendrier et le nombre d’événements qui se sont déroulés depuis l’ouverture, ainsi que leur diversité, qu’on prenne une entrée esthétique ou formelle. Le bonus est clairement lisible dans le programme !

©Benoît Faure

RIM : Vous avez réalisé un bel exemple d’événement commun avec « Encore ! », journée de réouverture du lieu, où l’ensemble du site était investi par des propositions artistiques très diverses. Est ce que vous avez pour les mois à venir d’autres projets collectifs et transversaux ?

Yann : J’entrevois clairement, dès 2019, un événement à l’échelle du site. Et la réflexion autour d’un événement de ce type ne peut s’envisager sans dialogue entre l’ensemble des habitants du lieu.

Virginie : Sur des événements plus petits ce sont déjà des choses vers lesquelles on tend avec les différents curateurs, peut-être même plus que la journée d’ouverture, puisque même si nous y avons effectivement proposé des choses ensemble, nous n’avons pas vraiment réfléchi au sens commun des différentes propositions artistiques présentées. Alors qu’aujourd’hui, sur des propositions qui ne sont pas forcément de l’ordre d’un festival – même si ce type d’événement fédérateur est important – on va vraiment essayer d’aller voir ce que chacun peut apporter et aboutir à une proposition qui soit vraiment pensée ensemble.

Mathilde : Il y a déjà eu des choses effectivement dans les 3 mois passés. On est sur des échelles très différentes qu’« Encore ! », mais la volonté et la démarche restent les mêmes. Ce sont des choses qui se poursuivront dès le prochain trimestre.

Lionel : La transversalité, Transat la vit au quotidien. Comme la boutique sert également d’accueil en étant ouverte tous les jours de la semaine, je suis là aussi pour créer ce premier contact avec les gens aussi bien pour les diriger vers les expositions d’art contemporain, la Fanzinothèque ou les programmations musicales que je suis en mesure de leur expliciter.

 

RIM : Vous accueillerez l’AG du RIM les 15 et 16 mai. Qu’est ce que cela représente pour vous ?

Yann : Déjà, c’est un réseau très important et novateur à l’échelle d’une région qui est désormais immense. Unique par bien des aspects avec par exemple la signature du premier Contrat de Filière Musiques Actuelles & Variétés en France. On a beaucoup participé, que ce soit l’Oreille est Hardie ou Jazz à Poitiers, au réseau pré-existant qu’était le PRMA Poitou-Charentes et on a ensuite été proactifs lors de la création du RIM. Et enfin, on a désormais un espace qui nous permet de recevoir ce type d’événement avec ce qu’on peut offrir en terme de capacité et qualité d’accueil. C’est donc un grand plaisir de recevoir le réseau, mais aussi de montrer notre lieu, puisque finalement c’est encore très récent. On est très content de présenter celui-ci afin d’avoir des regards d’autres professionnels de notre secteur !

Daniel Rodriguez, directeur de la Locomotive (Tarnos) lors de la 1ère AG du RIM ©Mathieu Prat

Assemblée Générale du Réseau des Indépendants de la Musique (RIM) Nouvelle-Aquitaine ©Mathieu Prat

RIM : Vous accueillerez également le prochain congrès du SMA les 18 & 19 septembre !

Mathilde : La démarche et l’envie exprimées par Yann pour l’accueil de l’AG du RIM sont à peu près transposables. L’envie d’accueillir, c’est ce qui nous lie ici, donc pourquoi pas accueillir aussi des professionnels. On le fait donc en s’appuyant sur les réseaux dont on fait partie et qui sont structurants pour la filière musicale.