Top 40_baniere

[TOP 40] Retour sur ce dispositif de repérage des artistes néo-aquitains

Le Top 40, projet porté par les trois radios associatives Radio Pulsar (Poitiers), Beaub’FM (Limoges) et RIG (Bordeaux), arrive doucement à terme. Pendant 40 semaines, 40 capsules sur autant d’artistes de la Nouvelle-Aquitaine ont été diffusées par nos trois adhérents. L’occasion de revenir ensemble sur le dispositif avec les témoignages de Sylvain Cousin et Jonathan Alix de Radio Pulsar, et de Hervé Le Roux de RIG.

Les interviews des membres de Radio Pulsar et RIG ont été réalisées en octobre, au tout début du projet.

« 40 Artistes Régionaux », « Découverte, musique, dimension régionale », voilà comment Jonathan Alix et Sylvain Cousin décrivent le projet en trois mots. Pour développer le sujet, Jonathan et Hervé nous livrent un peu plus de détails :

« Le Top 40 est un dispositif de repérage des artistes Néo-Aquitain, chez qui on sent un potentiel pour dépasser les frontières de leur département… C’est l’association de 3 radios : RIG, Beaub’FM et Radio Pulsar qui ensemble, main dans la main, vont défricher le territoire pour trouver des artistes qui pourraient correspondre à ces attentes », affirme Jonathan.

« Les trois radios ont pour mission de suivre le vivier de la scène musicale émergente, chacune dans sa ville et ses environs, d’essayer de repérer les groupes les plus intéressants, notamment ceux qui ont un potentiel pour continuer : un potentiel artistique, mais aussi d’organisation, de structuration. Nous choisissons des groupes qui tournent beaucoup, même en-dehors de leur ville », souligne Hervé.

« L’objectif est de valoriser le travail de ces derniers à travers de petites chroniques se décomposant de cette façon :
Les artistes sont invités à décrire leur projet musical, leur parcours de musicien, leurs influences, leur univers, le tout entrecoupé de leur créations originales sur un format approchant les 10 minutes. »


Le groupe So Lune, bénéficiant du dispositif Top 40

« C’est une carte de visite audio, ils sont dans un dispositif, c’est une vitrine quoiqu’il en soit. Pour un développeur d’artistes, c’est bien de savoir que trois radios ont sélectionné leur protégé, c’est un gage de qualité à priori. Je pense que c’est quelque chose de positif, libre à eux d’utiliser cet outil comme bon leur semble. L’idée est d’en savoir un peu plus sur leur projet, les capsules sont construites dans ce sens. En 10 minutes, tu peux capter l’environnement culturel et esthétique du groupe. On est un peu la passerelle entre la création du projet en studio et la création sur scène« , nous explique Jonathan.

Le Top 40 permet également aux artistes de faire connaître leur projet en dehors des limites de leur département, l’étendue de la diffusion radio s’effectuant sur trois lieux différents. La multiplication des antennes intervient ici pour maximiser l’auditoire potentiel, en plus de cette volonté de nos trois radios d’entreprendre un projet commun, comme en attestent Sylvain, directeur de Radio Pulsar, et Hervé, programmateur et animateur chez RIG :

« On a proposé le projet une première fois au contrat de filière où Radio Pulsar était organisateur et producteur… On a été recalé, on avait pas pensé le dispositif en terme de coopération. En faisant l’analyse du pourquoi de l’échec, on a vu que RIG avait une idée similaireBeaub’FM est une radio sœur à l’échelle de la Nouvelle Aquitaine, c’est la radio avec laquelle on fait le plus de projets, on a une vision sur la musique qui est très proche… C’était assez naturel pour nous d’aller voir ces deux radios.« 

« Ce qui nous intéresse est de trouver des groupes, de créer des bons objets sonores et que tout cela tourne. C’est notre cœur de métier, il faut faire entendre ce que l’on fait.« , nous dit Hervé.

 

Les esthétiques et les styles musicaux des artistes sélectionnés pour intégrer le dispositif sont volontairement très variés, l’objectif étant de restituer un large spectre des musiques actuelles de notre région :

« On a commencé par faire appel à différents acteurs du réseau, programmateur.rice.s, et autres structures adhérents qui étaient susceptibles de nous soumettre des propositions. Après une mise en commun de nos trois programmateurs, on vote pour les artistes qui intégreront le dispositif. On a essayé de répartir les sexes, de faire en sorte qu’il n’y ait pas que du rock, du rap, que ça soit un ensemble des styles des musiques actuelles, pour faire une cartographie du paysage musical. Les artistes ne postulent pas, ce n’est pas un appel à candidature.« 

« Chaque radio contacte les groupes géographiquement les plus proches. Selon leur préférence, nous les enregistrons, ou ils peuvent s’enregistrer eux-même. Je leur laisse le choix, les groupes peuvent produire eux-même l’objet sonore, et je viens alors apporter quelques modifications si nécessaire. En tant que journaliste radio, en plus des questions basiques, j’aime chercher des questions plus précises et décalées par rapport au groupe… J’aime bien demander pourquoi ils font ça par exemple, car la vie de musicien.ne n’est pas facile… Je trouve cela intéressant de savoir ce qui les pousse à surmonter les difficultés pour continuer à créer. Nous préparons le terrain en radio et avec un peu de chance, nous leur permettons de décrocher des dates par la suite. Il y a les émissions, mais aussi les podcasts, que les salles et les bars peuvent écouter sur les sites des radios et les réseaux sociaux, pour repérer des groupes », explique Hervé.

Le groupe Mama’s Gun, bénéficiant du dispositif Top 40

Le projet, très dense et ambitieux, peut être assez difficile à porter par nos trois structures mais chez Radio Pulsar, RIG et Beaub’FM, on y croit dur comme fer et on pense même réitérer l’expérience :

« Le projet est récent, tout comme la Nouvelle-Aquitaine est récente. On est en train de s’apercevoir que 40 capsules, c’est un peu ambitieux sur le potentiel artistique d’un territoire et par rapport au temps de production et d’organisation… Le plus vraisemblable serait de partir sur un dispositif tous les deux ans, avec un suivi des artistes pendant l’année sans dispositif. Je suis persuadé que le final sera beau, quand on aura les 40 capsules et qu’on pourra diffuser le tout. C’est surtout à ce moment-là que le projet prendra son sens et qu’il aura du poids. »

« Des organismes comme le RIM nous aident dans le relais du projet, pour faire connaître les capsules et communiquer autour pour plus de visibilité. Puis le public a confiance en ces institutions, et il ira donc écouter ce qu’elles relaient. Aujourd’hui, avec l’essor du numérique et des plateformes de streaming, les individus écoutent de moins en moins la radio. Ils n’ont plus le réflexe de se mettre sur telle fréquence à telle heure de manière régulière, ce n’est plus forcément dans les habitudes… Donc pour nous, c’est vraiment nécessaire que ces organismes diffusent les capsules via leurs plateformes et leurs réseaux », comme en témoigne Hervé.

Le volet coopération nous tient à cœur chez Radio Pulsar et RIG. Si d’autres structures souhaitent monter des projets, nos Poitevins et Girondins ont un message à faire passer :

« Il faut qu’on se renouvelle. On espère vraiment que d’autres radios rejoindront le projet. Si tout le cercle de diffusion, constitué de radios et de programmateurs, se consolide et travaille ensemble, alors plus de personnes auront envie de faire de la musique. C’est toute une émulation qui se crée. Nous souhaitons participer au développement de la musique dans toute la région, même dans les campagnes et villages plus isolés, où il y a moins de lieux et d’infrastructures dédiées à la musique. »

« On est souvent sur la co-participation et la coopération, sur le champ de l’information locale… Concrètement, on fait des plateau radios. Si des lieux de diffusion veulent avoir un impact plus important et proposer une action de médiation, appelez-nous, ça nous fera plaisir. »