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[FOCUS] Milk Music : label polyvalent et novateur !

Laurent et David sont arrivés en 2011 à Bordeaux, après avoir vécu 15 ans à Paris. Ils ne connaissaient pas cette ville, mais la richesse musicale et associative, ou encore la culture underground bien présente, les ont convaincus.

Comment est né Milk Music?

Laurent et David jouaient dans un groupe ensemble, il y a presque 20 ans. Après avoir voulu se professionnaliser, ils ont monté un studio de répétition, qu’ils partageaient avec deux autres groupes. Ils ont donc monté une association, au départ seulement pour payer le loyer. Peu à peu le studio de répétition s’est transformé en studio d’enregistrement, puis en label. Ils sont les deux derniers membres de leur groupe de départ, mais ils continuent de collaborer avec leurs anciens partenaires sur des projets comme du design graphique par exemple.

Une grande diversification

Milk Music est un label qui combine tout un tas d’activités !

Que ce soit de la musique à l’image, comme pour de la publicité ou même des ONG, ou encore pour des séries télé, des entreprises ou des documentaires. Ils font également de la bande son événementiel, pour le Tour de France par exemple. Ou encore de la production studio, c’est à dire du mixage, de l’enregistrement, de la production de disque.

Au milieu de tout ceci, il existe une petite galaxie, qui s’associe plus à la production d’événements, mais aussi à l’expérimentation dans la transition énergétique : Slow Fest.

Ils ont choisi cette grande diversification, car pour eux, c’est un modèle économique plus avantageux et grâce aux outils numériques d’aujourd’hui ils préfèrent agir seul, sans passer par des prestataires.

capture d'écran du site de Milk Music

Laurent Cabrillat

Il est l’un des fondateurs des studios et du label Milk Music. Il se fait également appeler Le Larron, artiste auteur-compositeur, qui après avoir accompagné des artistes pendant une dizaines d’années, a fini par prendre le micro et sort un album en 2014 nommé Amateur. C’est en 2017 qu’il décide de publier un livre sur le développement artistique. Alors qu’il était formateur, il créait de petites fiches qu’il faisait circuler à ses élèves. Suite à une immobilisation forcée, il décide de regrouper tous ces supports, pour créer un livre de 188 pages, qui devint en quelques mois, un ouvrage de référence pour de grandes écoles ainsi que pour des centres de formation.

Depuis le début de cette année, Le Larron s’est aussi donné l’objectif de sortir une chanson par mois. Chanson écrite par ou pour les femmes, auxquelles il ajoutera sa petite touche… C’est le projet Maître Chanteuse.

David Carroll

Il est le second fondateur de Milk Music, mais tout comme Laurent, pas que. Après avoir expérimenté l’électronique pendant 10 ans, sous divers noms, il se met à écrire et composer pour sortir son premier album The Guest, en 2009, un album Folk-Rock. Un album qu’il créer aussi avec son groupe The Migrating Fellows, avec lequel il a la projet d’agir pour la décroissance énergétique : « moins de technologie, plus de proximité avec le public ». Il continue d’être productif dans cette logique que ce soit seul, ou à plusieurs.

D’autres projets suivront, notamment : Songs of love and protest.


La Symphonie pour l’Eau et la Paix

C’est le dernier gros projet qu’ils viennent d’achever.

Le projet à commencé avec une ONG Suisse du nom du Pôle Eau Genève qui s’occupe de faire rédiger une charte pour permettre l’accès à l’eau dans des zones de conflits, pour faire voter cette charte par les membre de l’ONU, dans le cadre d’une annexe à la Convention de Genève sur les droits de la guerre. Cette composition à pour but d’accompagner les colloques organisés pour la signature de cette charte. Le Pôle Eau Genève souhaitait que ce projet soit réalisé par un compositeur du pays dans lequel se tenait le colloque.

Milk Music a donc pris en charge toute la composition, l’ingénierie de ce projet. Ils ont travaillé avec des compositeurs aux quatre coins du monde : Sénégal, Brésil, Jordanie et Suisse. Ils ont réussis le challenge de travailler à distance, sans jamais prendre un seul billet d’avion ! Une grande collaboration internationale, sans consommer de fioul, grâce aux nouvelles technologies !

Les morceaux sont aussi devenus un spectacle, joué par un orchestre créé avec des musiciens bordelais : Le Blue Peace Orchestra.


Slow Fest

Laboratoire d’expérimentation et de recherche d’alternatives au travail de musicien pour réduire son impact énergétique et carbone.

Logo Slowfest

Aujourd’hui c’est majoritairement de la production d’événements comme le festival itinérant, les soirées de pleine lune ou encore des concerts avec un orchestre. L’histoire du Slow Fest commence en 2015 au moment de la Cop21. Un concert devait se dérouler à Paris à cette occasion, Milk Music a voulu lui donner un écho local sur Bordeaux mais en minimisant son impact écologique.

En collaboration avec les Vivre de l’Art, Ils ont monté une yourte sur le port de Bordeaux où ils ont organisé des concerts sans amplification. Cet événement sans électricité, avec des artistes locaux, pour lequel le public s’était déplacé à pied ou à vélo a eu un écho très favorable auprès du public, des artistes et des médias.

Le laboratoire créatif s’est donc mis en place, et l’idée de sonoriser l’événement avec une sono solaire est née. Une association bordelaise, Bass Day, possédait déjà cet équipement. Ils ont donc emprunté ce dispositif pour sonoriser une journée de clôture de Climax l’année suivante, au chantier de la Garonne.

Avec le temps, ils ont fait la connaissance de personnes travaillant dans l’éolien et le photovoltaïque, c’est comme ça que, sous forme d’ateliers participatifs, des systèmes de sonorisation avec des panneaux solaires se sont montés. Aujourd’hui ils en possèdent quatre. Trois petits sous forme de remorques, qu’il est possible de tirer à vélo, testé pour la première fois à la précédent fête du vélo organisé par Vélocité. Puis l’été dernier lors d’une itinérance de trois jours avec le collectif de Milk Music (équipe artistique, technique, bénévoles..) à vélo pour tester la mobilité.

Mais aussi une autre remorque plus conséquente qui peut sonoriser une scène. Aujourd’hui le Slow Fest est donc équipé pour sonoriser des événement fixes ou mobiles, en autonomie énergétique complète, de 50 à 1500 personnes. Et leurs systèmes de sonorisation fonctionnent à 80% avec du matériel de récupération.

esquise d'une sonorisation photovoltaïque

@livio_fania

Mais le Slow Fest, c’est aussi un orchestre résident : Le Slow Fest Orchestra. C’est un orchestre acoustique, composé également d’instruments de récup, mais leur musique est aussi inspirée de la culture techno. Leur but étant de se poser la question : « si on enlève l’électronique, à la culture techno, qu’est ce qu’il peut en rester ? »