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[PORTRAIT] Mathieu Vincent, tourneur chez 3C

Le RIM est allé à la rencontre de Mathieu Vincent, tourneur chez 3C Tour, boîte de production de tournées et de spectacles basée à Bordeaux (33).
Découvrez son métier, son parcours et ses expériences.

Ce portrait a été réalisé par Alya, volontaire en service civique au RIM.


Comment est née l’aventure 3C Tour ?

Mathieu : Christophe Bosq a monté la boîte dans les années 90. Au départ il était basé à Rennes, puis à Angers, et assez vite, il est venu s’installer à Bordeaux. 3C est basée à Bordeaux depuis plus de 20 ans. Christophe a développé la boîte puis progressivement elle s’est agrandie avec l’arrivée de plusieurs bookers/responsables d’artistes. Aujourd’hui nous sommes huit à plein temps. Tout le monde ne fait pas que du booking bien sûr, nous sommes quatre à en faire. Il y a Christophe à la direction, deux personnes à l’administratif, on a des personnes à la régie et la promo aussi…

Comment as-tu été amené à travailler en tant que booker, et chez 3C Tour ?

Mathieu : J’ai fait des études de management à Bordeaux et je suis musicien depuis que je suis adolescent. Dans mon village en Charente-Maritimes, j’avais monté une association pour organiser des concerts, avant de venir sur Bordeaux pour mes études. J’ai monté un festival quand j’avais 18 ans parce que je m’ennuyais à la campagne, il n’y avait pas grand chose à faire (rires). Ce festival a quand même tenu quinze ans ! Cet univers-là me passionnait, me fascinait. En faisant appel à des artistes que je voulais faire jouer au festival, j’ai vu qu’il y avait cette boîte de production à Bordeaux, 3C Tour, qui avait plein de groupes que j’aimais bien à l’époque. Chaque année je les ai contactés et un beau matin, quand j’avais fini mes études, je me suis pointé pour voir Christophe et je lui ai dit « voilà, j’ai envie de bosser pour 3C, j’adore ce que vous faites ». J’ai eu de la chance car c’était à un moment où ils cherchaient quelqu’un, je suis arrivé pile poil au bon moment. Et cela fait quinze ans que j’y suis.

Vous produisez à la fois des tournées d’artistes, des spectacles musicaux et jeune public, des festivals… Pourquoi cette diversification ?

Mathieu : À la base, notre métier principal est la tournée d’artiste. Effectivement, après, on a développé d’autres choses, de la programmation de festivals comme pour ODP ou le festival Le Grand Souk en Dordogne, qui n’existe plus maintenant. Côté spectacle, on a développé d’autres choses que les concerts simples, on produit des spectacles musicaux, des lectures musicales, et une branche de spectacles jeune public qui fonctionne d’ailleurs très bien. Cela habitue les enfants à aller voir des concerts, du spectacle vivant. Ils se rendent compte qu’il existe des salles plus petites que des zéniths ou des arenas, et d’autres artistes que ceux que l’on voit tout le temps à la télévision… Cela s’est fait très progressivement. Au début on a tâtonné, testé différentes choses. On avait eu une première occasion de monter une tournée jeune public. Certains de nos artistes avaient déjà créé ce type de spectacle. On a aussi souvent suggéré à nos artistes de faire des spectacles jeune public, entre deux albums, pour qu’ils soient toujours dans l’actualité. En même temps, cela leur permet de proposer autre chose que ce qu’ils font d’habitude. Quand un artiste a déjà sorti 3, 4, 5 albums, il ou elle a envie de se renouveler : c’est une manière de faire une parenthèse dans une carrière. On l’a fait par exemple avec François Hadji-Lazaro de Pigalle pour une tournée à partir d’un livre-disque pour enfant, Debout Sur Le Zinc, et on va le faire avec Da Silva… De très beaux spectacles en ressortent.

Les enfants se rendent compte qu’il existe des salles plus petites que des zéniths ou des arenas, et d’autres artistes que ceux que l’on voit tout le temps à la télévision…

Vous êtes plusieurs tourneurs chez 3C Tour. Avez-vous chacun une spécialité ?

Mathieu : Chacun a ses propres goûts, chacun signe des groupes qu’il a envie de défendre. Jimmy Kinast est plus dans le rock, le stoner, Pierre Giraud dans les spectacles jeune public, le rock et le hip-hop, et moi dans la pop, le psyché, la chanson française…. C’est important d’aimer, de croire à la musique des artistes avec lesquels on travaille.

Peux-tu nous présenter ton métier de tourneur/booker ? Quelles sont tes missions quotidiennes ?

Mathieu : Notre métier chez 3C consiste à monter la tournée d’un artiste ou d’un groupe, en règle générale quand il y a une sortie d’album. Un nouveau répertoire voit le jour, avec un spectacle qui en découle. Il s’agit de financer et organiser les répétitions, de trouver des musiciens et des techniciens qui vont accompagner les artistes, de monter toute l’équipe de tournée, de créer le spectacle via des résidences en salle de concert… On loue des salles pour que techniciens, musiciens et artistes puissent travailler dans de vraies conditions live. Une fois que le spectacle est monté, il faut le diffuser. Soit on le produit dans une salle et on organise tout de A à Z, soit on le vend à des salles et festivals. Le but est de trouver le plus de dates possibles pour que l’artiste soit le plus visible. Les musiciens et techniciens ont besoin de cela pour vivre, notamment avec le système de l’intermittence en France.

Nous gérons toute la logistique autour des tournées, les aspects administratifs avec les salaires, les cachets d’intermittents, les couvertures sociales… Nous employons les artistes. Nous demandons des subventions car souvent, sans elles, les tournées ne seraient pas viables. La plupart du temps, nous passons des contrats de cession avec les salles et festivals, mais aussi des contrats de co-réalisation, adaptés aux petites salles, et des contrats de production. Là, il faut louer la salle, gérer la billetterie, produire le spectacle dans son intégralité. À Paris, ce ne sont que des contrats de production, des salles privées. On y perd beaucoup d’argent, mais en même temps ce sont des concerts « vitrines » car tous les professionnels et les médias sont là-bas, on y invite tout le monde. Nous sommes souvent présent physiquement au début pour les répétitions et résidences, ainsi que sur les grandes dates importantes, les festivals, les concerts à Paris. Étant à Bordeaux, dès que les artistes jouent à Bordeaux ou en région, on y va aussi. Nous pouvons les suivre parfois sur un weekend… Mais bien évidemment, on ne peut pas être sur toutes les dates.

Nous gérons toute la logistique autour des tournées, les aspects administratifs avec les salaires, les cachets d’intermittents, les couvertures sociales… Nous employons les artistes.

De la première approche d’un artiste jusqu’à la réalisation de sa tournée, quelles sont les étapes ?

Mathieu : Il faut d’abord une sortie d’album, savoir ce qui va se passer sur la promotion de cet album. On appelle les partenaires, on fait des mailings… Puis on essaie de placer les artistes sur des scènes clé, par exemple sur des festivals importants où on sait que les artistes seront vus comme le Printemps de Bourges, Rock en Seine… Souvent, quand un artiste est repéré, cela suscite l’intérêt d’autres programmateurs. Ce sont des concerts « vitrines ». Les professionnels vont sur ces festivals et y repèrent des artistes. C’est ce qu’on essaie de faire au début pour lancer une carrière.

Comment choisis-tu les lieux de concerts ?

Mathieu : Cela dépend. Pour un artiste de chanson française, on va plutôt se tourner vers les théâtres, les centres culturels… Pour des artistes rock, ce seront plutôt des salles de type SMAC… Selon les artistes, on sait à qui on peut s’adresser, la grandeur de salle nécessaire en fonction du public potentiel que représente l’artiste… Pour les musiques psychés, ce n’est pas évident. On les fait souvent jouer sur des premières parties, dans des petits clubs… J’aime bien les petites salles, mais financièrement ce n’est pas toujours facile.

Voir les concerts de 3C Tour

Quels sont vos partenaires ? Comment travailles-tu avec l’entourage professionnel de l’artiste ?

Mathieu : Nous sommes toujours en étroite collaboration avec tous les partenaires de l’artiste, sa maison de disques, son manager, son éditeur… Nous travaillons beaucoup avec les maisons de disques car elles centralisent toute la promotion autour de la sortie d’un album et de l’image de l’artiste. Elles interviennent plus en amont puisqu’elles font enregistrer, fabriquer et commercialiser les disques… Nous avons besoin d’elles pour faire passer l’artiste en radio, à la télévision… Réciproquement, les maisons de disque ont besoin de nous car elles savent que les tournées sont essentielles pour la visibilité, pour vendre des disques aussi… Le manager gère le quotidien d’un artiste et ses relations avec les partenaires. Il a une vision, une stratégie globale. Nous ne gérons pas les droits d’auteur issus du live, il s’agit du rôle de l’éditeur. Celui-ci est détenteur, avec les artistes, des droits. Des réunions sont souvent organisées entre managers, maisons de disque, éditeurs, tourneurs, artistes… Le tourneur arrive dans un second temps et sa mission va durer un peu plus longtemps, car une tournée dure souvent un an, voire deux ans… Et bien sûr, nous travaillons beaucoup avec les programmateurs de salles et festivals. Nous avons un réseau de salles avec lesquelles nous travaillons régulièrement, des partenaires récurrents. C’est indispensable. Nous avons de bons échanges avec elles, tout se passe bien, une relation de confiance est créée. Il y a des personnes avec qui je travaille les yeux fermés. Je sais que les artistes seront bien accueillis, qu’elles feront une bonne promo autour des concerts.

Quand on sent qu’il y a une évolution dans la carrière d’un artiste, et que l’on y a vraiment contribué, c’est une vraie satisfaction !

Peux-tu nous parler de votre travail avec l’international ?

Mathieu : Nous travaillons avec des artistes étrangers pour lesquels nous sommes agents. Ce n’est pas un travail de production et de création de spectacles comme on peut le faire. Tout est déjà en place au niveau du spectacle, nous devons trouver des dates en France, sur un délai donné précis. Quand nous voulons placer nos artistes à l’export, nous contactons des agents dans les pays en question. Ceux-ci connaissent bien leur territoire et vont placer nos artistes sur des dates. Cela nécessite d’avoir déjà une visibilité des artistes sur ces territoires. L’album doit être sorti, avec une bonne promotion. Pour des tournées à l’étranger, on doit demander beaucoup de subventions, prendre les risques d’investir… On est obligé d’avoir des partenaires sur place, des relais locaux pour la promo… L’intérêt est d’entamer un développement sur ce territoire pour l’artiste, c’est-à-dire de créer une première base. Ensuite, on essaie de faire revenir l’artiste plus tard sur de meilleures salles et festivals, avec de meilleurs cachets… À titre indicatif, les concerts en Angleterre sont très mal rémunérés, de l’ordre de 150 livres, sans l’hébergement, le transport, les repas… En Angleterre, il faut se débrouiller et s’en contenter… En France, nous sommes privilégiés. Il y a tout un réseau de salles subventionnées, bien équipées… Souvent, les artistes se plaignent des conditions de tournée en France, mais ils ne se rendent pas compte des conditions à l’étranger… Ceux qui tournent à l’étranger savent qu’en France, ils sont très bien accueillis.

Je reste attentif, j’écoute tout ce que l’on m’envoie.

Quels sont tes critères pour décider de travailler avec un groupe/artiste ? Attends-tu que le groupe ou artiste ait atteint un certain stade de développement ?

Mathieu : Souvent, des artistes me contactent et je trouve leurs musiques géniales. Cependant, ils n’ont pas assez joué, même au niveau régional. Leurs projets ne sont pas encore assez développés, il n’y a aucun partenaire… Donc je ne peux rien faire pour eux. Même si je les signe chez 3C et que j’appelle toutes les salles et festivals de France, personne ne serait intéressé. L’artiste doit d’abord se développer un peu tout seul, déjà au niveau local, et faire sa première promo. Après, on se rend compte que maintenant, tout va très vite. Il suffit qu’il y ait du buzz autour d’une vidéo sur le web, un titre bien relayé, et tous les agents tombent dessus d’un coup. Donc il ne faut pas aller trop vite, mais pas dormir non plus. C’est un milieu qui est sans pitié, dur parfois, mais bon, c’est comme ça… De mon côté, il m’est déjà arrivé de prendre un artiste vraiment en amont alors qu’il n’y avait aucun partenaire, plusieurs fois même. Et chaque fois, cela s’est bien passé, j’étais content. Par exemple, Halo Maud, je l’ai signée chez 3C alors qu’elle n’avait pas de maison de disque, pas sorti d’album, pas d’éditeur…

J’ai écouté sa démo, et je me suis dit que c’était vraiment bien. J’ai écouté plusieurs fois et cela m’embêtait qu’il n’y ait rien autour de son projet. Puis je l’ai contactée, je lui ai trouvé plusieurs dates dans des petits clubs, quelques premières parties à Paris… Entre temps, elle a produit son album et signé sur un grand label anglais… En 2018, elle a fait tellement de concerts, en France et à l’étranger, son projet s’est bien développé.

Rencontres-tu des difficultés dans ton métier ? Quelles sont les problématiques auxquelles vous êtes confrontés ?

Mathieu : Il y en a énormément, au quotidien. Il s’agit de plannings d’artistes et d’équipes à gérer, des problèmes de moyens financiers la plupart du temps, qui prennent trop de place à mon goût… Souvent, nous n’avons pas suffisamment de budget, mais nous sommes obligés de prendre des risques financiers pour continuer à faire tourner nos artistes. Et les tournées sont coûteuses. Parfois, les artistes n’ont pas assez de dates car il n’y a pas beaucoup de demande… Les artistes en attendent plus et c’est normal. Nous devons négocier avec les salles pour les cachets, et avec les managers, artistes et techniciens pour essayer de réduire les coûts… On a intérêt à ce que les artistes fassent le plus de dates possibles mais parfois il est difficile de faire accepter qu’il y ait moins de dates que l’on pensait… La concurrence est énorme. On voit tous les projets musicaux qui sortent, c’est hallucinant. Parfois, des artistes ont eu du succès, mais moins maintenant. Nous avons donc moins de propositions, de possibilités de concerts. Tout simplement, les goûts, les tendances, les publics évoluent. Le public vieillit et sort moins qu’avant, les jeunes écoutent des styles tout à fait différents maintenant… Le public se renouvelle et les artistes ont parfois du mal à le comprendre.

Ce qui est important, c’est que le public reste curieux, qu’il aille découvrir, fouiller, chercher la nouveauté…

Quand il s’agit d’artistes émergents, ce n’est pas évident car leur musique peut être excellente qualitativement, mais il y a déjà tellement de nouvelles choses… Souvent, les artistes et managers en veulent toujours plus et nous mettent la pression, mais c’est normal, nous sommes là pour ça aussi… Il faut l’encaisser et résoudre les problèmes financiers. Quand les artistes me disent « merci, on a fait une super tournée », je suis vraiment très content, car ce n’est pas souvent qu’on me le dit. J’exagère un peu car on travaille avec des personnes avec qui on a un bon relationnel, mais on sent qu’il y a de la frustration, alors qu’on fait tout notre possible. Il faut accepter les critiques et nous avons besoin de se remettre en question. C’est un milieu dur, fatiguant, qui prend parfois sur la vie personnelle. Mais s’il y a du monde à un concert et si l’artiste est content, c’est génial ! Le contexte économique est difficile, les salles sont moins subventionnées, mais pour le moment on s’en sort encore. Nous sommes bien implantés et reconnus en France car nous existons depuis longtemps. Il y a un vrai déséquilibre entre les artistes très connus qui remplissent les grandes salles, et les plus petits groupes qui jouent dans des petites salles, des clubs indépendants. Ce qui est important, c’est que le public reste curieux, qu’il aille découvrir, fouiller, chercher la nouveauté… L’essentiel de notre catalogue chez 3C est constitué d’artistes indépendants.

Penses-tu que le métier de tourneur va évoluer ? Dans quel sens ?

Mathieu : Oui, le métier évolue constamment. La musique est un secteur fragile pour tous ses acteurs. Il y a une grande concentration autour des artistes connus, des majors, des grandes productions. On a l’impression qu’il y a de moins en moins de place à la découverte. Ça va très vite, l’artiste peut émerger en quelques mois… Sa musique cartonne, et puis on peut très bien ne plus en entendre parler au bout de deux ans. Avant, les carrières se faisaient davantage sur du long terme. J’ai moi-même un peu de mal. Aujourd’hui, la consommation de la musique est différente aussi. Les musiques urbaines prennent de plus en plus de place, surtout chez les jeunes.

On se rend compte que maintenant, tout va très vite.

Qu’est-ce qui te tient le plus à coeur dans ton métier ? Pourquoi ?

Mathieu : Ce qui est vraiment plaisant, c’est quand la carrière d’un artiste que l’on suit depuis plusieurs années progresse. Il y a plus de demandes, plus de monde dans les salles, on arrive à produire un beau spectacle qui plaît et les artistes sont contents… Quand un projet de tournée est réussi, je suis ravi, cela m’apporte beaucoup de satisfaction. Quand les personnes avec qui je travaille sont contentes, je suis comblé. Ce n’est pas tout le temps le cas malheureusement, mais en tous cas nous faisons tout pour. Quand on sent qu’il y a une évolution dans la carrière d’un artiste, et que l’on y a vraiment contribué, c’est une vraie satisfaction !

Le RIM : Quels ont été tes plus beaux projets en tant que tourneur ?

Mathieu : C’est difficile à dire, j’en ai plein… Il y a quelques années, j’ai découvert un groupe de rock, Stuck In The Sound, inconnu à l’époque. Je leur ai monté leurs deux premières tournées, 150 dates sur les deux premiers albums…

Puis le groupe a commencé à bien se développer, à avoir un bon public… Après nous avons arrêté de travailler ensemble, mais c’est vraiment un groupe que j’avais lancé. Plus récemment, je travaille avec un groupe nommé Forever Pavot. J’adore leur musique. Je les ai découverts au tout début, ils étaient vraiment inconnus. Je ne les avais même pas vus en concert. Je les ai découverts en écoutant sur internet et je les ai contactés directement. Aujourd’hui, le groupe se développe bien et a un univers artistique très personnel.

Puis il y a des projets plus grands, par exemple je travaille sur la prochaine tournée de La Grande Sophie, artiste assez installée en France. Son huitième album va sortir. Il s’agit d’un spectacle à envergure plus grande, avec de belles lumières, des décors travaillés, on fait de belles salles à Paris… Ce que j’aime bien, c’est qu’il y a une variété de groupes, qui jouent dans des petits clubs jusqu’aux grandes salles parisiennes… Et nous avons des créneaux différents, de la chanson française au rock psyché.

Le RIM : Quels sont tes projets de tournée en cours ?

Mathieu : Je travaille sur les tournées de La Grande Sophie et de Forever Pavot. Deux membres de ce groupe sont en train de développer un projet parallèle, je vais les accompagner. Je travaille aussi avec Barbara Carlotti, qui a fait un excellent album.

Elle est en tournée actuellement. Je m’occupe d’une quinzaine d’artistes. Les timings se complètent et s’enchaînent bien, un artiste termine sa tournée tandis que je prépare la tournée d’un autre… Et nous sommes toujours sollicités pour de nouveaux groupes. Je signe assez peu de groupes car je veux être sûr d’avoir le temps de m’en occuper et de bénéficier d’un contexte favorable autour du développement du groupe. Toutefois, je reste attentif, j’écoute tout ce que l’on m’envoie.

Le RIM : As-tu d’autres projets en-dehors de 3C Tour ? Quelques mots là-dessus ?

Mathieu : J’ai toujours fait de la musique dans différents groupes. Depuis quelques années, je joue avec Pendentif, on a fait un album qui est sorti l’année dernière en février, « Vertige Exhaussé ». On a fait toute une tournée en 2018 qui s’est très bien passée, une trentaine de dates, des petits clubs surtout mais aussi quelques grands festivals (Printemps de Bourges , We Love Green à Paris, Biarritz en été…). C’était une superbe année. À côté de cela, depuis un moment, j’organise des soirées Get Wet avec un ami, Fx Levieux, tous les deux mois. Elles se tenaient au Void avant et maintenant à l’IBoat. Le principe est de se faire plaisir en invitant des artistes qu’on aime bien, qui ne sont pas forcément programmés dans les autres salles à Bordeaux… J’ai fait jouer le groupe La Femme au tout début, dans une cave de 150 places à Bordeaux… J’étais le premier à les faire venir haha. L’idée est de trouver des nouveautés.

// FUNKY BONUS

  • Ce serait quoi ton « animal-totem » ?

Le chat, j’ai toujours eu des chats. Je les adore, ils sont tranquilles. Ils font leur vie et essaient de pas trop embêter les autres… Mais ils ont quand même besoin des autres.

  • Ton souvenir le plus marquant dans le milieu musical ?

Un de mes premiers concerts quand j’avais 13-14 ans, au début des années 90. C’était Iggy Pop à La Médoquine à Bordeaux. J’étais au premier rang, fan d’Iggy Pop et de The Stooges, depuis tout petit… Bon j’ai eu mal aux oreilles pendant deux jours ensuite car j’étais pas loin des enceintes et c’était à fond, mais oui ça m’avait bien marqué, c’était mon premier gros concert !

  • Un pays, un voyage que tu aimerais faire ?

J’aimerais faire un tour d’Amérique du Sud, Argentine, Pérou, Chili…

  • Si tu avais deux albums à fusionner…

Je mixerais bien l’album « Disintegration » de The Cure, avec quelque chose de plus moderne, plus électronique et synthétique, comme LCD Sound System, ou Toro y Moi que j’adore en ce moment !